Mère Noël et Père Noël

Courses effrénées dans les boutiques, et les parents s’efforcent de répondre aux désirs de leurs enfants : le rêve est présent, l’envie de donner de la joie et du plaisir ; la convivialité promise, et les traditions à honorer, portent les pensées et les affects.

            Les Pères Noël et les Mères Noël sont tous de bons parents : ils veulent ce qu’il y a de plus beau pour leurs petits, ils veulent que leur petits reçoivent au moins autant, sinon plus que ce qu’ils ont eux mêmes reçu de leur parents.

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            Il y a des Pères noël qui ne vivent plus sous le même toit que les Mères Noël… alors les cadeaux sont démultipliés ; parfois c’est pour l‘amour de soi, montrer qu’on est « pas déméritant ». Les « petits » en profitent aussi : ils apprennent à exploiter les faiblesses de Mère Noel et Père Noel…

Si vous les croyez innocents et purs, souvenez vous de votre enfance : vers qui alliez vous pour être sûr de satisfaire une demande, un désir ?….  N’est ce pas le moment de parler de cet « enfant intérieur » qui est enfoui au dedans de vous même ?

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            J’ai vécu récemment un épisode très émouvant avec une petite fille hospitalisée, Nora  ; un dialogue s’est noué au fil de la visite, dans l’intimité de la chambre

  • -« J’ai mal à la tête, se plaignait-elle ; j’ai mal à tout mon corps, je sais pas t’expliquer ….
  • – Tu as mal à la tête ? ..
  • –  là…
  • – Et aussi dans ton corps ?
  • oui..
  • As-tu l’impression que tu voudrais des choses et que tu es empêchée ?
  • Je ne voudrais plus être malade… j’en ai marre d’être malade; j’ai peur de rater la fête des écoles.. comme l’an dernier, tu sais quand j’étais tombée et que mon genou était blessé.. je veux aller au théâtre avec ma classe.
  • Je comprends bien ; tu veux guérir alors ?
  • Oui…
  • Et là tout de suite, de quoi aurais-tu besoin ? …
  • Maman, je veux maman à côté de moi… ( pleurs)
  • D’accord je vais la prévenir au téléphone ; elle rappellera dès qu’elle sera libre dans son travail.. ( câlin)
  • Et si tu demandais à la petite fille qui est au dedans de toi ?
  • Demander quoi ?
  • Je ne sais pas : demande lui ce dont elle a besoin, elle ?
  • … Comment je fais ?
  • Tu fermes les yeux, et tu poses ta question ; tu écoutes la réponse
  • Rien – j’ai pas de réponse … et puis elle n’existe pas ! c’est même pas vrai que j’ai une petite fille dans moi !
  • Ben, …écoute , moi j’en ai une !
  • …. et tu lui parles ?
  • Oui…
  • Quand tu es amoureuse qu’est ce qu’elle te dit ?
  • Que c’est chouette de rire et de parler ensemble… et alors, l’autre Michele qui est là avec toi, lui répond.
  • Qu’est ce qu’elle dit ?..
  • Elle dit, qu’elle est d’accord ; et elle rappelle à la petite fille, que ça s’est déjà passé une autre fois ; et elle lui dit aussi : qu’est ce que tu aimes tant chez cette personne ? comment tu sais qu’il sera toujours gentil ?
  • La petite fille alors ? elle y croit ?….
  • Oui elle est très têtue ; alors je lui rappelle comment elle ne veut voir que ce qu’elle a envie de voir ! et je la gronde pour qu’elle accepte de poser des questions sur sa vie … etc..
  • …….Oui ….. c’est drôle… j’ai entendu qu’elles avaient pas la même voix !
  • ……
  • ………
  • Michele, j’ai mal à mon cœur, c’est lourd là, ça fait mal …
  • … dis moi, c’est quoi ce poids qui fait mal ?
  • sanglots, papa, maman, papa maman,.. sanglots ….papa maman sanglots 
  • Tu as mal, parce que tu voudrais qu’ils revivent tous les deux ensemble?
  •  Oui… sanglots
  • Est ce que tu leur  as demandé ?…
  • Oui …..et ils ont dit « non »… sanglots….

…….Demander à des adultes de communiquer avec leur enfant intérieur, ressort de nos jours de la psychologie de comptoir ; il semble pourtant que notre enfant intérieur soit là, présent quand on le convoque ; peu importe votre âge, il y a un petit enfant qui a besoin d’amour et d’acceptation. Si vous êtes une femme, peu importe votre autonomie, vous avez une petite fille fleur bleue qui a besoin d’aide. Si vous êtes un homme, peu importe à quel point vous êtes macho, vous avez toujours un petit garçon à l’intérieur qui aspire à la chaleur et à l’attention à ses besoins, le besoin d’approbation.

Nier le besoin d’amour de cet enfant intérieur, c’est se priver de l‘apaisement , voire de la guérison des blessures douloureuses du passé. ( réveillées par une rupture traumatique) . Comment dès lors comprendre son propre enfant, lorsqu’il vit le désordre de ses pensées ( mal à la tête.. ) Faire intervenir la « raison » n’aide pas : la petite Nora va dénouer seule les nœuds de sa souffrance actuelle, si elle apprend à ordonner son chaos intérieur ; ses parents l’aideront, parce qu’ils aiment leur enfant ; ont-ils alors eux aussi   besoin de guérir leur propre enfant intérieur ? Quel que soit le contexte culturel, la réponse est « OUI ». Oui, Mère Noël et Père Noël, c’est le cadeau à inscrire sur votre liste ! c’est un peu de temps avec vous mêmes, à l’intérieur de vous mêmes. Stopper la rationalisation ( on a toujours des raisons d’avoir raison ! ) , s’interroger, se comprendre,  se pardonner, se libérer …

Communiquer avec notre enfant intérieur et faire savoir que nous acceptons la partie qui a fait toutes les choses stupides, la partie qui était drôle, la partie qui avait peur, la partie qui était très stupide et stupide – chaque partie de nous-mêmes. Guérir c’est aussi se libérer de la tyrannie des fausses croyances à notre sujet : les injonctions intérieures, qui sont les réflexes et les automatismes dont nous nous sommes peu conscients ( ou « mal conscients » ) Quand nous étions enfants, quand quelque chose n’allait pas, nous avions tendance à croire qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez nous. Les enfants développent l’idée que s’ils ne pouvaient que le faire correctement, alors les parents et les soignants les aimeraient, et ils ne les puniraient pas. Avec le temps, l’enfant croit: Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi : je ne suis pas assez (bon) (beau) (aimable) (gentil) (intelligent) ( à la hauteur de ce qu’on attend de moi) etc… En vieillissant, nous portons ces fausses croyances avec nous : nous apprenons à nous rejeter…. et nous nous vivons rejetés.

Dans l’intimité de nos propres esprits, nous pouvons faire de nouveaux choix et penser de nouvelles pensées.

Aussi, rappelez-vous chaque jour que la culpabilité est simplement le sentiment associé à une pensée que vous avez fait quelque chose de mal. La honte est seulement un sentiment associé à une pensée que quelque chose n’allait pas avec vous.

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  • Epilogue de la conversation avec Nora ( huit ans)

    « – Papa, je veux te lire un poème qu’on a lu tout à l’heure avec Michele : l’oiseau vert »…

    IL était une fois                                                 du matin au soir

    un oiseau                                                            il criait

    que l’on avait                                                 que je suis malheureux !

    enfermé                                                            ah que je suis donc

    dans une cage                                                malheureux !

    comme il chante bien , disait la petite fille !

    Nora : «  tu vois, c’est comme les adultes ! ils entendent pas que les enfants sont malheureux et ils ne comprennent pas le chant ( elle siffle comme l’oiseau ..) : et ils disent comme ils chantent bien ces enfants ! « 

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Exercice : si vous êtes droitier, prenez un stylo dans la main gauche et écrivez tout ce que votre enfant intérieur a envie d’exprimer … relisez plus tard et méditez…

Si au contraire vous êtes gaucher, prenez un stylo de la main droite, et écrivez tout ce que votre enfant intérieur a envie d’exprimer…voici un échantillon de l’écriture!

lefebvremichele2@gmail.com

A suivre:

Y a -t-il une relation entre notre « enfant intérieur », et les « crash » amoureux ? 

gentil clown

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J’ai 37 ans, et j’ai tout dit…

Ce sont les paroles de Jacques Brel, qui a stupéfié le monde lorsqu’il décide alors la fin de sa carrière de chanteur. Et il ajoute que s’il continuait, alors ce serait la répétition de ce qu’il a déjà raconté, et que ce serait une malhonnêteté…

Etrange retour sur soi, qui n’est pas tant  surprenante, pour qui a entamé l’introspection au moment où la maturité  s’annonce. C’est autre chose que le jeter à la face de son public, attaché aux images et à l’émotion qu’il a fait naître.. dirait-on aujourd’hui qu’il fut un « influenceur? » ….Jacques Brel dans cette interview fustige le talent : j’ai travaillé beaucoup pour ça, parce que je suis convaincu d’une chose : le talent ça n’existe pas . Le talent c’est l’envie de faire quelque chose. Je prétends qu’un homme qui rêve de manger un homard, il a le talent, à ce moment là, dans l’instant , dans l’instant pour manger convenablement un homard.  

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Savoir ce qu’est le talent , donne envie de réaliser un rêve; c’est ça le talent, le restant n’est que de la sueur, de la transpiration, de la discipline : je suis sûr de ça; l’art, moi je ne connais pas, je ne sais pas ce que c’est ; les artistes je connais pas ; je crois qu’il y a des gens qui travaillent à quelque chose, qui travaillent avec une grande énergie finalement… l’accident de la nature, je n’y crois pas. Un homme passe sa vie à compenser son enfance.

 Jacques Brel dans sa langue incisive ( les citations ont été reprise dans un documentaire récent )  dissous bien des  fantasmes et des illusions..  » a 17 ou 18 ans , l’adolescent a tous ses rêves , dit-il encore : il ne les connaît pas – mais ils sont passés; ils sont passés en lui. Il sait qu’il a envie de brillance, de sécurité, ou d’aventures; il sait, il ne le  sait  pas bien. Il a ressenti le goût des choses ( comme pour le chocolat, la soupe aux choux..) et il passe sa vie à réaliser ces rêves là…

A près de 40 ans Jacques Brel dit : j’essaie de réaliser des étonnements, plutôt que des rêves..

Se taire, parce ce qu’on a plus rien à dire …Se taire …parce qu’on s’est raconté, on a tout expurgé de ses interrogations,  et qu’on a exprimé ses opinions … se taire parce que la répétition  du même est une malhonnêteté… Se taire.. et écouter le vide de mots… se taire et ….

lefebvremichele2@gmail.com

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Qu’est ce qui rend impossible ce qui est possible?

C’est la proposition que se font les scientifiques chercheurs, sorte de réflexion à rebours, qui oblige à reconsidérer les hypothèses, lorsqu’elles buttent sur des impasses. Cette proposition nous invite à faire un pas de côté, et, accepter l’impuissance, quand une issue se refuse à nous.

Le problème de la pauvreté , et ses avatars,  fait partie des questions qui semblent mettre à mal tous les concepts évolutifs ; pire on a pu croire que le Progrès nous ouvrait le chemin des possibles ; pire aussi le constat , que des gens éduqués, dans nos sociétés développées, se retrouvent au banc de la société , après une carrière honorable , le temps de leur vie active.

J’ai trouvé l’exposé qui suit très percutant , et parce que c’est une américaine qui parle, la situation qu’elle expose nous met « à distance » dans un premier temps; c’est juste une histoire…mais lorsqu’on considère les chiffres, et qu’on apprend que des millions d’américains vivent son expérience…alors c’est plus qu’un cas particulier, et on peut parler d’un phénomène de société. Pour ceux qui comprennent la langue anglaise, la conférence est accessible sur TED.

Elizabeth parle…

« Vous me connaissez. Je fais partie de votre cercle social, à la fois dissimulée  et en même temps à la vue de tous. Mes vêtements sont toujours impeccables – achetés pendant les années fastes, où je gagnais encore de l’argent. En me regardant, vous ne devineriez pas  pas que mon électricité a été coupée la semaine dernière pour non-paiement,  ou que je réponds aux critères d’admissibilité à l’aide sociale, et à la banque alimentaire  Mais si vous faisiez attention, vous verriez cette tristesse dans mes yeux – entendriez ce soupçon de peur dans ma voix , par ailleurs assurée.

Ces jours-ci, j’achète le bidon de lessive  de 1,99 $, proposé  en taille d’essai pour joindre les deux bouts. Je parie que vous ne saviez pas que les détergents  à lessive sont vendus dans un aussi petit conditionnement.  Vous m’invitez encore à fréquenter les mêmes restaurants huppés que nous avons toujours appréciés ;  mais je commande de l’eau minérale maintenant avec un zeste de citron, pas le verre de 12 dollars de chardonnay . Je me montre  frugale dans mes choix de menu. Méticuleuse, je compte chaque centime dans ma tête. Je m’oppose à diviser la facture de la table uniformément, pour couvrir les desserts et les cafés exotiques,  et les deuxième et troisième verres de vin,  que je n’ai pas consommés. Je suis fatiguée de faire semblant pour sauver les apparences  . Un ami m’a fait remarquer  que j’étais  « fauchée » ..pas « pauvre », et il y a une différence. J’ai résilié l’abonnement  au cable,  j’ai cessé de fréquenter  la salle de gym et oublié mes rendez-vous pour les soins esthétiques . J’ai découvert que je pouvais me passer de coiffeur…et m’arranger seule.

Il n’ y a pas d’épargne-retraite, pas de réserve. J’ai épuisé ces réserves il y a longtemps. Il n’y a pas de rente immobilière, pour compenser l’absence de revenus,  et aucun mari pour me soutenir. Des mois de salaire en pointillés, et des mois sans salaire du tout, ont ruiné  mon crédit bancaire. Les huissiers m’ appellent constamment, en lisant mot pour mot un script , avant d’exprimer une sympathie de surface, pour ma situation difficile ; s’ensuivent des exigences et la nécessité de trouver des arrangements de paiement ; je ne peux de toute façon les honorer , faute d’une stabilité quelconque. Les amis se demandent en privé comment quelqu’un de diplômé ( universitaire) comme moi peut se retrouver en faillite, et en  chute libre , sans ressources vives.

Je me vis  toujours aussi talentueuse , l’intelligence alerte et l’esprit vif  :  mais les offres d’emploi sont disparates  maintenant, surtout dans la sphère  du consulting. A 55 ans, j’ai appris à faire semblant d’être joyeuse, mais il n’y a plus beaucoup d’opportunités de travail. Je ne me souviens pas exactement quand ça s’est  arrêté, mais je ne peux pas nier que nous sommes entrés dans un monde d’incertitude, d’imprévisibilité.  Je ne sais plus où est ma place. Ce que je sais, c’est que des douzaines de demandes d’emploi en ligne semblent disparaître dans un trou noir. Je me demande ce qu’il adviendra de moi. Jusqu’à présent, ma santé s’est maintenue, mais mon corps me fait mal — ou est-ce mon esprit ? Les femmes marginalisées et sans abri étaient invisibles pour moi, mais je les observe maintenant avec un regard scrutateur, me demandant si leurs histoires ont commencé comme les miennes.

J’ai écrit cet article il y a un an. C’est un composite de mon histoire et d’autres femmes que je connais. Je l’ai écrit parce que j’en avais assez de prétendre que j’allais bien quand ce n’était pas le cas. J’en avais assez de faire semblant d’être normale. Je ne me voyais pas étaler mon histoire dans la presse populaire. Personne de mes connaissances  ne voyage à travers le monde ou n’achète un appartement  au Costa Rica. Très peu de mes amis ont mis de côté les 15 à 20 pour cent de leurs revenus, qui d’après les experts devaient participer à maintenir notre niveau de vie à la retraite. Mes amis, dont beaucoup ont la cinquantaine et la soixantaine, constatent  la baisse de leur niveau de vie,  et comptent sur une proposition de travail pour se maintenir à flot; , une simple perte d’emploi, un diagnostic médical ou un divorce ont pu effondrer leur solvabilité bancaire.  . Nous n’avons peut-être pas touché le fond, mais beaucoup d’entre nous ont entrevu, à la faveur d’une séquence  de vie,  la possibilité de faillite personnelle pour la première fois .

Et en vérité, c’est qu’il n’en faut pas beaucoup. Aux États-Unis, le ménage médian ne dispose d’une épargne suffisante , que pour remplacer un mois de revenu. Quarante-sept pour cent d’entre nous ne peuvent pas réunir 400 dollars pour faire face à une urgence. C’est presque la moitié d’entre nous. Une grosse réparation de voiture, et on est au fond de l’abîme. Vous ne le sauriez pas en regardant autour de vous – je ne suis pas la seule dans cette situation. Il y a des gens dans cette pièce qui sont dans la même situation difficile, et si ce n’est pas vous, c’est peut-être un parent, ou votre sœur ou peut-être votre meilleur ami. On devient de bons comédiens,  pour faire semblant d’être normal. La honte nous garde silencieux et en retrait Quand j’ai décidé pour la première fois que j’allais dévoiler  mon histoire, et en parler , j’ai fait un site Web et un ami a remarqué qu’il n’y avait pas de photos de moi – c’était toutes sortes de dessins animés comme celui-ci. Alors que j’osais parler,  je me cachais encore.

Nous vivons dans un monde où le succès est défini par le niveau de revenus. Quand vous dites que vous avez des problèmes d’argent, vous tombez dans la catégorie des perdants.  Lorsque vous êtes diplômé de la Harvard Business School, vous êtes alors une sorte de sous – catégorie : « double perdant ».  On reproche beaucoup aux baby-boomers  la façon dont ils ont sous-capitalisé leur retraite; on les accuse d’imprévoyance. Et nous , nous nous demandons : pourquoi diable avons nous réduit  notre « plan 401 (k) »,  pour financer les soins de notre belle-mère, ou pour payer les frais de scolarité de nos enfants, ou simplement pour survivre? Nous sommes taxés non seulement  d’être de mauvais planificateurs, mais aussi des dépensiers inconséquents  – tout cet argent que nous avons dépensé !.  Le blâme , et l’accusation ( c’est notre faute , honte à nous) sont  si délicieusement tentants. Beaucoup d’entre nous n’attendent même pas que les autres le fassent ; nous sommes tellement occupés à le faire pour nous-mêmes. Je concède que nous avons notre part dans la faillite : nous aurions tous pu économiser davantage. Je sais que j’aurais pu épargner plus, et si vous deviez fouiller dans ma vie au cours des 30 dernières années, vous verriez plus d’une chose stupide que j’ai faite financièrement. Je ne peux pas changer cela maintenant et vous non plus, mais ne mélangeons pas les comportements individuels isolés avec les facteurs systémiques qui ont causé , suivant les estimations , un écart de revenu de retraite de 7,7 billions de dollars.

Des millions de baby  boomers américains n’ont pas été débarqués parce qu’ils ont abusé  de facilités pour voyager avec  avec  Starbucks. Au cours des trois dernières décennies, nous avons dû composer avec une courbe des salaires plate, avec tendance à la baisse ,  et des droits (cotisations ) à la retraite qui disparaissaient ; nous avons absorbé  des coûts inflationnistes sur le logement, les soins de santé et l’éducation. Ca s’est installé progressivement . Nous nous souvenons tous du « tabouret » à trois pattes, censé nous garantir de revenus de retraite :   l’épargne et la pension et la sécurité sociale, des revenus immobiliers.  Eh bien, ce tabouret est devenu bancal.  Faites des économies ! nous disait-on – quelles économies? Pour de nombreuses familles, il n’y a plus rien à épargner une fois les factures payées. Le pied de pension du tabouret est également devenu bancal. Nous pouvons nous rappeler l’époque où  beaucoup de gens profitaient  de leurs pensions. Aujourd’hui, seulement 13% des travailleurs américains sont employés par des entreprises qui leur offre l’avantage « retraite » . Alors qu’avons-nous eu à la place? Nous avons eu des plans de type 401 (k) et soudainement, il a fallu considérer,  la responsabilité de la planification de la retraite ; l’épargne retraite,  qui incombait aux entreprises fut transférée vers les salariés Nous avons eu les rênes, mais nous avons aussi pris le risque, et il s’avère que des millions d’entre nous ne sont pas très bons pour investir volontairement sur 40 ans. Des millions d’entre nous ne sont pas très doués pour gérer les risques du marché. Et vraiment les chiffres racontent l’histoire. La moitié des ménages américains n’ont aucune épargne-retraite, pas un centime. Chez les 55 à 64 ans qui ont un compte de retraite, la valeur médiane de ce compte est de 104 000 dollars. Maintenant, 104 000 dollars, ça  sonne mieux que zéro, mais comme  rente, il génère environ 300 dollars. Je n’ai pas besoin de vous dire que vous ne pouvez pas vivre de ça.  Avec l’épargne en baisse, les pensions devenant une relique du passé et les plans 401 (k) échouant à des millions d’Américains, beaucoup de quasi-retraités dépendent de la sécurité sociale pour leur plan de retraite. Mais voici le problème. La sécurité sociale n’a jamais été censée être le plan de retraite. Ce n’est pas assez. Au mieux, il remplace quelque chose comme 40 pour cent de votre revenu de pré-retraite.

Les choses ont beaucoup changé depuis l’introduction de la sécurité sociale en 1935. A l’époque un homme de 21 ans avait 50% de chance de vivre jusqu’à l’âge de 65 ans. Il  prenait sa retraite à 60 ans, s’adonnait à la pêche, pour ses loisirs,  embrassait  ses petits-enfants, et il s’offrait enfin enfin sa montre en or –  Il mourait dans les cinq ans, qui suivaient son départ à la retraite.  Ce n’est plus le modèle aujourd’hui. Si vous êtes cinquantenaire en bonne santé, vous vivrez facilement encore 20 ou 25 ans . Alors, si vous êtes « fauché », sans gros moyens de subsistance , c’est long et éprouvant de jongler pour joindre les deux bouts.  Alors, quel est le jeu qui vous est offert, si vous êtes dans ces tranches d’âge?  50 ou 55 ou 60 ans? Quel est le sort  qui vous attend si vous ne voulez pas en arriver là,  et que vous avez 22 ou 32 ans? Voici ce que j’ai appris de ma propre expérience. Pas de sauvetage en perspective : la cavalerie ne viendra pas. Pas de prince charmant, pas de plan de renflouement en perspective. Pour tenter de faire autre chose que d’être vieux et pauvre en Amérique, nous allons devoir nous sauver nous-mêmes et nous sauver les uns les autres. J’ai dû sortir de l’ombre, me présenter à vous ouvertement, et je vous invite à le faire aussi. Je ne vais pas vous dire que c’est facile. Je me suis risquée cependant à raconter mon histoire parce que je pensais que cela rendrait la tâche plus facile à ceux qui ont besoin de  raconter la  leur. Je pense que c’est seulement à la faveur du nombre, et  d’une masse critique que nous pourrons commencer à changer la conversation nationale «la-la» que nous avons sur cette crise de la retraite. Avec tant d’entre nous choqués et à la dérive à propos de ce qui nous est arrivé, nous allons devoir construire à partir de la base, formant ce que je pense être des cercles de résilience. Ce sont de petits groupes de personnes qui se réunissent pour parler de ce qui leur est arrivé, pour partager des ressources et des informations et pour commencer à trouver une solution. Je crois à partir de cette base que nous pouvons retrouver nos voix et sonner l’alarme – commencer à pousser nos institutions et les décideurs politiques à s’attaquer à  cette crise de la retraite avec l’urgence qu’il mérite

Dans l’intervalle – et il y a un « en attendant » – nous allons devoir adopter un état d’esprit « vivre chichement »,  en réduisant drastiquement nos dépenses. Et je ne parle pas seulement de vivre selon nos moyens. Beaucoup de gens le font déjà. Ce qu’il faut maintenant, c’est se demander, de façon beaucoup plus profonde, ce que signifie vraiment vivre une vie qui n’est pas définie par la matérialité des choses. Je l’appelle « Smalling up ». revenir à l’essentiel   est de comprendre ce dont vous avez vraiment besoin pour vous sentir satisfait et enraciné. J’ai un ami qui conduit des voitures en mauvais état, mais il économisera 15 000 dollars à un moment donné pour acheter une flûte parce que la musique est ce qui compte vraiment pour lui. Il est proche de ce qui le fait vibrer pour se sentir exister.

J’ai aussi dû lâcher la pensée magique – cette idée que si j’étais assez patiente et que je me serrais la ceinture,   les choses se normaliseraient. ..Si je n’envoyais qu’un CV de plus, si je postulais à un autre emploi en ligne,  ou si j’assistais à un autre événement de réseautage, j’obtiendrais sûrement le genre d’emploi auquel j’étais habituée. Les choses reviendraient sûrement à la normale. La vérité, c’est que je n’y retournerai pas et vous non plus. La normalité » que nous connaissions est terminée. Dans ce nouveau contexte ,  on va nous demander de faire des choses que nous ne voulons pas faire. On va nous demander d’accepter des propositions,  qui, selon nos critères , ne semblent pas correspondre à nos qualifications,   à la hauteur de notre statut,  de notre talent et de nos compétences. J’ai dû descendre de mon piédestal. L’année dernière, une de mes bonnes amies m’a demandé si je pouvais l’aider avec un travail d’organisation. J’ai supposé qu’elle parlait de l’organisation communautaire à l’instar de ce que le président Obama a fait à Chicago. Elle voulait dire organiser le placard de quelqu’un. J’ai dit : « Je ne fais pas ça. » Elle a dit : « Descends de ton trône. L’argent est vert. »

Il n’est pas facile de faire partie des équipes  qui inaugurent cette nouvelle ère de travail et de vie. Les,premières approches  sont toujours les plus difficiles. Nous avons appris le monde  avant qu’il y ait des réseaux, des ouvertures massives,  et des modèles de rôle… Nous sommes en plein milieu d’un bouleversement sismique, et nous allons devoir trouver des ponts pour nous permettre de passer au travers. Les ponts, c’est ce que nous faisons en attendant ; les ponts, c’est ce que nous faisons pendant que nous essayons d’imaginer et nommer ce qui va suivre. « Bridgework », c’est aussi se défaire de cette notion que notre valeur et votre valeur dépendent de nos revenus, de nos titres et de nos emplois. « Bridgework » peut sembler fou ou cool selon la façon dont vous viviez,  avant la manifestation de votre crise financière personnelle . J’ai des amis , avec un doctorat qui travaillent au Container Store ou qui conduisent Uber ou Lyft ; et puis j’ai d’autres amis qui s’associent avec d’autres boomers et qui font des projets entrepreneuriaux vraiment cool. Le « bridgework » ne veut pas dire que nous ne voulons pas bâtir sur nos carrières passées, que nous ne voulons pas d’un travail significatif. C’est ce que nous faisons. Mais en attendant,  nous réfléchissons à ce qui va suivre.

J’ai aussi appris à penser en terme de stratégie,  et non pas en termes d’échec,  quand je m’applique à faire ce que je n’aime pas faire . Et je pense que  c’est une approche positive, dynamique ..
Donc si tu as besoin d’emménager avec ton frère pour joindre les deux bouts, appelle-le. Si vous avez besoin d’un pensionnaire pour vous aider à payer votre hypothèque ou votre loyer, faites-le. Si tu as besoin de bons d’alimentation, prends les bons d’alimentation. Selon l’AARP, seulement un tiers des personnes âgées admissibles les obtiennent. Sachez que nous sommes des millions. Sortez de l’ombre. ; pensez stratégie, pas échec ; descendez de votre piédestal, et acceptez de vivre les temps maigres , sans faillir vous même.

En tant que pays, nous avons  investi des milliards dans la santé, allongé l’espérance vie, par de meilleurs  diagnostics , permettant le traitement et la gestion des maladies. Il ne suffit pas de vivre longtemps. Nous voulons bien vivre. Nous n’avons pas investi autant d’argent dans l’infrastructure physique pour que cela se produise. Nous avons besoin maintenant d’une nouvelle façon de penser à ce que signifie être vieux en Amérique. Et nous avons besoin de conseils et d’idées sur la façon de vivre une vie richement texturée avec un revenu beaucoup plus modeste.

Je fais donc appel aux promoteurs du changement et aux entrepreneurs sociaux, aux artistes et aux personnes d’influence, à nos aînés.  J’appelle les développeurs et les transgresseurs téméraires, qui dérangent le  statu quo. Nous avons besoin de tous pour nous aider à imaginer comment investir dans les services, les produits et l’infrastructure qui soutiendront notre dignité, notre indépendance et notre bien-être au cours des nombreuses décennies que nous allons vivre.

Mon expérience m’a fait passer d’un lieu de peur et de honte à un lieu d’humilité et de compréhension. Je suis maintenant prête à lever les boucliers avec les autres, à entrer dans la bataille  et je vous invite à me rejoindre. 

Elizabeth White

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