Mère Noël et Père Noël

Courses effrénées dans les boutiques, et les parents s’efforcent de répondre aux désirs de leurs enfants : le rêve est présent, l’envie de donner de la joie et du plaisir ; la convivialité promise, et les traditions à honorer, portent les pensées et les affects.

            Les Pères Noël et les Mères Noël sont tous de bons parents : ils veulent ce qu’il y a de plus beau pour leurs petits, ils veulent que leur petits reçoivent au moins autant, sinon plus que ce qu’ils ont eux mêmes reçu de leur parents.

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            Il y a des Pères noël qui ne vivent plus sous le même toit que les Mères Noël… alors les cadeaux sont démultipliés ; parfois c’est pour l‘amour de soi, montrer qu’on est « pas déméritant ». Les « petits » en profitent aussi : ils apprennent à exploiter les faiblesses de Mère Noel et Père Noel…

Si vous les croyez innocents et purs, souvenez vous de votre enfance : vers qui alliez vous pour être sûr de satisfaire une demande, un désir ?….  N’est ce pas le moment de parler de cet « enfant intérieur » qui est enfoui au dedans de vous même ?

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            J’ai vécu récemment un épisode très émouvant avec une petite fille hospitalisée, Nora  ; un dialogue s’est noué au fil de la visite, dans l’intimité de la chambre

  • -« J’ai mal à la tête, se plaignait-elle ; j’ai mal à tout mon corps, je sais pas t’expliquer ….
  • – Tu as mal à la tête ? ..
  • –  là…
  • – Et aussi dans ton corps ?
  • oui..
  • As-tu l’impression que tu voudrais des choses et que tu es empêchée ?
  • Je ne voudrais plus être malade… j’en ai marre d’être malade; j’ai peur de rater la fête des écoles.. comme l’an dernier, tu sais quand j’étais tombée et que mon genou était blessé.. je veux aller au théâtre avec ma classe.
  • Je comprends bien ; tu veux guérir alors ?
  • Oui…
  • Et là tout de suite, de quoi aurais-tu besoin ? …
  • Maman, je veux maman à côté de moi… ( pleurs)
  • D’accord je vais la prévenir au téléphone ; elle rappellera dès qu’elle sera libre dans son travail.. ( câlin)
  • Et si tu demandais à la petite fille qui est au dedans de toi ?
  • Demander quoi ?
  • Je ne sais pas : demande lui ce dont elle a besoin, elle ?
  • … Comment je fais ?
  • Tu fermes les yeux, et tu poses ta question ; tu écoutes la réponse
  • Rien – j’ai pas de réponse … et puis elle n’existe pas ! c’est même pas vrai que j’ai une petite fille dans moi !
  • Ben, …écoute , moi j’en ai une !
  • …. et tu lui parles ?
  • Oui…
  • Quand tu es amoureuse qu’est ce qu’elle te dit ?
  • Que c’est chouette de rire et de parler ensemble… et alors, l’autre Michele qui est là avec toi, lui répond.
  • Qu’est ce qu’elle dit ?..
  • Elle dit, qu’elle est d’accord ; et elle rappelle à la petite fille, que ça s’est déjà passé une autre fois ; et elle lui dit aussi : qu’est ce que tu aimes tant chez cette personne ? comment tu sais qu’il sera toujours gentil ?
  • La petite fille alors ? elle y croit ?….
  • Oui elle est très têtue ; alors je lui rappelle comment elle ne veut voir que ce qu’elle a envie de voir ! et je la gronde pour qu’elle accepte de poser des questions sur sa vie … etc..
  • …….Oui ….. c’est drôle… j’ai entendu qu’elles avaient pas la même voix !
  • ……
  • ………
  • Michele, j’ai mal à mon cœur, c’est lourd là, ça fait mal …
  • … dis moi, c’est quoi ce poids qui fait mal ?
  • sanglots, papa, maman, papa maman,.. sanglots ….papa maman sanglots 
  • Tu as mal, parce que tu voudrais qu’ils revivent tous les deux ensemble?
  •  Oui… sanglots
  • Est ce que tu leur  as demandé ?…
  • Oui …..et ils ont dit « non »… sanglots….

…….Demander à des adultes de communiquer avec leur enfant intérieur, ressort de nos jours de la psychologie de comptoir ; il semble pourtant que notre enfant intérieur soit là, présent quand on le convoque ; peu importe votre âge, il y a un petit enfant qui a besoin d’amour et d’acceptation. Si vous êtes une femme, peu importe votre autonomie, vous avez une petite fille fleur bleue qui a besoin d’aide. Si vous êtes un homme, peu importe à quel point vous êtes macho, vous avez toujours un petit garçon à l’intérieur qui aspire à la chaleur et à l’attention à ses besoins, le besoin d’approbation.

Nier le besoin d’amour de cet enfant intérieur, c’est se priver de l‘apaisement , voire de la guérison des blessures douloureuses du passé. ( réveillées par une rupture traumatique) . Comment dès lors comprendre son propre enfant, lorsqu’il vit le désordre de ses pensées ( mal à la tête.. ) Faire intervenir la « raison » n’aide pas : la petite Nora va dénouer seule les nœuds de sa souffrance actuelle, si elle apprend à ordonner son chaos intérieur ; ses parents l’aideront, parce qu’ils aiment leur enfant ; ont-ils alors eux aussi   besoin de guérir leur propre enfant intérieur ? Quel que soit le contexte culturel, la réponse est « OUI ». Oui, Mère Noël et Père Noël, c’est le cadeau à inscrire sur votre liste ! c’est un peu de temps avec vous mêmes, à l’intérieur de vous mêmes. Stopper la rationalisation ( on a toujours des raisons d’avoir raison ! ) , s’interroger, se comprendre,  se pardonner, se libérer …

Communiquer avec notre enfant intérieur et faire savoir que nous acceptons la partie qui a fait toutes les choses stupides, la partie qui était drôle, la partie qui avait peur, la partie qui était très stupide et stupide – chaque partie de nous-mêmes. Guérir c’est aussi se libérer de la tyrannie des fausses croyances à notre sujet : les injonctions intérieures, qui sont les réflexes et les automatismes dont nous nous sommes peu conscients ( ou « mal conscients » ) Quand nous étions enfants, quand quelque chose n’allait pas, nous avions tendance à croire qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez nous. Les enfants développent l’idée que s’ils ne pouvaient que le faire correctement, alors les parents et les soignants les aimeraient, et ils ne les puniraient pas. Avec le temps, l’enfant croit: Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi : je ne suis pas assez (bon) (beau) (aimable) (gentil) (intelligent) ( à la hauteur de ce qu’on attend de moi) etc… En vieillissant, nous portons ces fausses croyances avec nous : nous apprenons à nous rejeter…. et nous nous vivons rejetés.

Dans l’intimité de nos propres esprits, nous pouvons faire de nouveaux choix et penser de nouvelles pensées.

Aussi, rappelez-vous chaque jour que la culpabilité est simplement le sentiment associé à une pensée que vous avez fait quelque chose de mal. La honte est seulement un sentiment associé à une pensée que quelque chose n’allait pas avec vous.

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  • Epilogue de la conversation avec Nora ( huit ans)

    « – Papa, je veux te lire un poème qu’on a lu tout à l’heure avec Michele : l’oiseau vert »…

    IL était une fois                                                 du matin au soir

    un oiseau                                                            il criait

    que l’on avait                                                 que je suis malheureux !

    enfermé                                                            ah que je suis donc

    dans une cage                                                malheureux !

    comme il chante bien , disait la petite fille !

    Nora : «  tu vois, c’est comme les adultes ! ils entendent pas que les enfants sont malheureux et ils ne comprennent pas le chant ( elle siffle comme l’oiseau ..) : et ils disent comme ils chantent bien ces enfants ! « 

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Exercice : si vous êtes droitier, prenez un stylo dans la main gauche et écrivez tout ce que votre enfant intérieur a envie d’exprimer … relisez plus tard et méditez…

Si au contraire vous êtes gaucher, prenez un stylo de la main droite, et écrivez tout ce que votre enfant intérieur a envie d’exprimer…voici un échantillon de l’écriture!

lefebvremichele2@gmail.com

A suivre:

Y a -t-il une relation entre notre « enfant intérieur », et les « crash » amoureux ? 

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Qu’est ce qui rend impossible ce qui est possible?

C’est la proposition que se font les scientifiques chercheurs, sorte de réflexion à rebours, qui oblige à reconsidérer les hypothèses, lorsqu’elles buttent sur des impasses. Cette proposition nous invite à faire un pas de côté, et, accepter l’impuissance, quand une issue se refuse à nous.

Le problème de la pauvreté , et ses avatars,  fait partie des questions qui semblent mettre à mal tous les concepts évolutifs ; pire on a pu croire que le Progrès nous ouvrait le chemin des possibles ; pire aussi le constat , que des gens éduqués, dans nos sociétés développées, se retrouvent au banc de la société , après une carrière honorable , le temps de leur vie active.

J’ai trouvé l’exposé qui suit très percutant , et parce que c’est une américaine qui parle, la situation qu’elle expose nous met « à distance » dans un premier temps; c’est juste une histoire…mais lorsqu’on considère les chiffres, et qu’on apprend que des millions d’américains vivent son expérience…alors c’est plus qu’un cas particulier, et on peut parler d’un phénomène de société. Pour ceux qui comprennent la langue anglaise, la conférence est accessible sur TED.

Elizabeth parle…

« Vous me connaissez. Je fais partie de votre cercle social, à la fois dissimulée  et en même temps à la vue de tous. Mes vêtements sont toujours impeccables – achetés pendant les années fastes, où je gagnais encore de l’argent. En me regardant, vous ne devineriez pas  pas que mon électricité a été coupée la semaine dernière pour non-paiement,  ou que je réponds aux critères d’admissibilité à l’aide sociale, et à la banque alimentaire  Mais si vous faisiez attention, vous verriez cette tristesse dans mes yeux – entendriez ce soupçon de peur dans ma voix , par ailleurs assurée.

Ces jours-ci, j’achète le bidon de lessive  de 1,99 $, proposé  en taille d’essai pour joindre les deux bouts. Je parie que vous ne saviez pas que les détergents  à lessive sont vendus dans un aussi petit conditionnement.  Vous m’invitez encore à fréquenter les mêmes restaurants huppés que nous avons toujours appréciés ;  mais je commande de l’eau minérale maintenant avec un zeste de citron, pas le verre de 12 dollars de chardonnay . Je me montre  frugale dans mes choix de menu. Méticuleuse, je compte chaque centime dans ma tête. Je m’oppose à diviser la facture de la table uniformément, pour couvrir les desserts et les cafés exotiques,  et les deuxième et troisième verres de vin,  que je n’ai pas consommés. Je suis fatiguée de faire semblant pour sauver les apparences  . Un ami m’a fait remarquer  que j’étais  « fauchée » ..pas « pauvre », et il y a une différence. J’ai résilié l’abonnement  au cable,  j’ai cessé de fréquenter  la salle de gym et oublié mes rendez-vous pour les soins esthétiques . J’ai découvert que je pouvais me passer de coiffeur…et m’arranger seule.

Il n’ y a pas d’épargne-retraite, pas de réserve. J’ai épuisé ces réserves il y a longtemps. Il n’y a pas de rente immobilière, pour compenser l’absence de revenus,  et aucun mari pour me soutenir. Des mois de salaire en pointillés, et des mois sans salaire du tout, ont ruiné  mon crédit bancaire. Les huissiers m’ appellent constamment, en lisant mot pour mot un script , avant d’exprimer une sympathie de surface, pour ma situation difficile ; s’ensuivent des exigences et la nécessité de trouver des arrangements de paiement ; je ne peux de toute façon les honorer , faute d’une stabilité quelconque. Les amis se demandent en privé comment quelqu’un de diplômé ( universitaire) comme moi peut se retrouver en faillite, et en  chute libre , sans ressources vives.

Je me vis  toujours aussi talentueuse , l’intelligence alerte et l’esprit vif  :  mais les offres d’emploi sont disparates  maintenant, surtout dans la sphère  du consulting. A 55 ans, j’ai appris à faire semblant d’être joyeuse, mais il n’y a plus beaucoup d’opportunités de travail. Je ne me souviens pas exactement quand ça s’est  arrêté, mais je ne peux pas nier que nous sommes entrés dans un monde d’incertitude, d’imprévisibilité.  Je ne sais plus où est ma place. Ce que je sais, c’est que des douzaines de demandes d’emploi en ligne semblent disparaître dans un trou noir. Je me demande ce qu’il adviendra de moi. Jusqu’à présent, ma santé s’est maintenue, mais mon corps me fait mal — ou est-ce mon esprit ? Les femmes marginalisées et sans abri étaient invisibles pour moi, mais je les observe maintenant avec un regard scrutateur, me demandant si leurs histoires ont commencé comme les miennes.

J’ai écrit cet article il y a un an. C’est un composite de mon histoire et d’autres femmes que je connais. Je l’ai écrit parce que j’en avais assez de prétendre que j’allais bien quand ce n’était pas le cas. J’en avais assez de faire semblant d’être normale. Je ne me voyais pas étaler mon histoire dans la presse populaire. Personne de mes connaissances  ne voyage à travers le monde ou n’achète un appartement  au Costa Rica. Très peu de mes amis ont mis de côté les 15 à 20 pour cent de leurs revenus, qui d’après les experts devaient participer à maintenir notre niveau de vie à la retraite. Mes amis, dont beaucoup ont la cinquantaine et la soixantaine, constatent  la baisse de leur niveau de vie,  et comptent sur une proposition de travail pour se maintenir à flot; , une simple perte d’emploi, un diagnostic médical ou un divorce ont pu effondrer leur solvabilité bancaire.  . Nous n’avons peut-être pas touché le fond, mais beaucoup d’entre nous ont entrevu, à la faveur d’une séquence  de vie,  la possibilité de faillite personnelle pour la première fois .

Et en vérité, c’est qu’il n’en faut pas beaucoup. Aux États-Unis, le ménage médian ne dispose d’une épargne suffisante , que pour remplacer un mois de revenu. Quarante-sept pour cent d’entre nous ne peuvent pas réunir 400 dollars pour faire face à une urgence. C’est presque la moitié d’entre nous. Une grosse réparation de voiture, et on est au fond de l’abîme. Vous ne le sauriez pas en regardant autour de vous – je ne suis pas la seule dans cette situation. Il y a des gens dans cette pièce qui sont dans la même situation difficile, et si ce n’est pas vous, c’est peut-être un parent, ou votre sœur ou peut-être votre meilleur ami. On devient de bons comédiens,  pour faire semblant d’être normal. La honte nous garde silencieux et en retrait Quand j’ai décidé pour la première fois que j’allais dévoiler  mon histoire, et en parler , j’ai fait un site Web et un ami a remarqué qu’il n’y avait pas de photos de moi – c’était toutes sortes de dessins animés comme celui-ci. Alors que j’osais parler,  je me cachais encore.

Nous vivons dans un monde où le succès est défini par le niveau de revenus. Quand vous dites que vous avez des problèmes d’argent, vous tombez dans la catégorie des perdants.  Lorsque vous êtes diplômé de la Harvard Business School, vous êtes alors une sorte de sous – catégorie : « double perdant ».  On reproche beaucoup aux baby-boomers  la façon dont ils ont sous-capitalisé leur retraite; on les accuse d’imprévoyance. Et nous , nous nous demandons : pourquoi diable avons nous réduit  notre « plan 401 (k) »,  pour financer les soins de notre belle-mère, ou pour payer les frais de scolarité de nos enfants, ou simplement pour survivre? Nous sommes taxés non seulement  d’être de mauvais planificateurs, mais aussi des dépensiers inconséquents  – tout cet argent que nous avons dépensé !.  Le blâme , et l’accusation ( c’est notre faute , honte à nous) sont  si délicieusement tentants. Beaucoup d’entre nous n’attendent même pas que les autres le fassent ; nous sommes tellement occupés à le faire pour nous-mêmes. Je concède que nous avons notre part dans la faillite : nous aurions tous pu économiser davantage. Je sais que j’aurais pu épargner plus, et si vous deviez fouiller dans ma vie au cours des 30 dernières années, vous verriez plus d’une chose stupide que j’ai faite financièrement. Je ne peux pas changer cela maintenant et vous non plus, mais ne mélangeons pas les comportements individuels isolés avec les facteurs systémiques qui ont causé , suivant les estimations , un écart de revenu de retraite de 7,7 billions de dollars.

Des millions de baby  boomers américains n’ont pas été débarqués parce qu’ils ont abusé  de facilités pour voyager avec  avec  Starbucks. Au cours des trois dernières décennies, nous avons dû composer avec une courbe des salaires plate, avec tendance à la baisse ,  et des droits (cotisations ) à la retraite qui disparaissaient ; nous avons absorbé  des coûts inflationnistes sur le logement, les soins de santé et l’éducation. Ca s’est installé progressivement . Nous nous souvenons tous du « tabouret » à trois pattes, censé nous garantir de revenus de retraite :   l’épargne et la pension et la sécurité sociale, des revenus immobiliers.  Eh bien, ce tabouret est devenu bancal.  Faites des économies ! nous disait-on – quelles économies? Pour de nombreuses familles, il n’y a plus rien à épargner une fois les factures payées. Le pied de pension du tabouret est également devenu bancal. Nous pouvons nous rappeler l’époque où  beaucoup de gens profitaient  de leurs pensions. Aujourd’hui, seulement 13% des travailleurs américains sont employés par des entreprises qui leur offre l’avantage « retraite » . Alors qu’avons-nous eu à la place? Nous avons eu des plans de type 401 (k) et soudainement, il a fallu considérer,  la responsabilité de la planification de la retraite ; l’épargne retraite,  qui incombait aux entreprises fut transférée vers les salariés Nous avons eu les rênes, mais nous avons aussi pris le risque, et il s’avère que des millions d’entre nous ne sont pas très bons pour investir volontairement sur 40 ans. Des millions d’entre nous ne sont pas très doués pour gérer les risques du marché. Et vraiment les chiffres racontent l’histoire. La moitié des ménages américains n’ont aucune épargne-retraite, pas un centime. Chez les 55 à 64 ans qui ont un compte de retraite, la valeur médiane de ce compte est de 104 000 dollars. Maintenant, 104 000 dollars, ça  sonne mieux que zéro, mais comme  rente, il génère environ 300 dollars. Je n’ai pas besoin de vous dire que vous ne pouvez pas vivre de ça.  Avec l’épargne en baisse, les pensions devenant une relique du passé et les plans 401 (k) échouant à des millions d’Américains, beaucoup de quasi-retraités dépendent de la sécurité sociale pour leur plan de retraite. Mais voici le problème. La sécurité sociale n’a jamais été censée être le plan de retraite. Ce n’est pas assez. Au mieux, il remplace quelque chose comme 40 pour cent de votre revenu de pré-retraite.

Les choses ont beaucoup changé depuis l’introduction de la sécurité sociale en 1935. A l’époque un homme de 21 ans avait 50% de chance de vivre jusqu’à l’âge de 65 ans. Il  prenait sa retraite à 60 ans, s’adonnait à la pêche, pour ses loisirs,  embrassait  ses petits-enfants, et il s’offrait enfin enfin sa montre en or –  Il mourait dans les cinq ans, qui suivaient son départ à la retraite.  Ce n’est plus le modèle aujourd’hui. Si vous êtes cinquantenaire en bonne santé, vous vivrez facilement encore 20 ou 25 ans . Alors, si vous êtes « fauché », sans gros moyens de subsistance , c’est long et éprouvant de jongler pour joindre les deux bouts.  Alors, quel est le jeu qui vous est offert, si vous êtes dans ces tranches d’âge?  50 ou 55 ou 60 ans? Quel est le sort  qui vous attend si vous ne voulez pas en arriver là,  et que vous avez 22 ou 32 ans? Voici ce que j’ai appris de ma propre expérience. Pas de sauvetage en perspective : la cavalerie ne viendra pas. Pas de prince charmant, pas de plan de renflouement en perspective. Pour tenter de faire autre chose que d’être vieux et pauvre en Amérique, nous allons devoir nous sauver nous-mêmes et nous sauver les uns les autres. J’ai dû sortir de l’ombre, me présenter à vous ouvertement, et je vous invite à le faire aussi. Je ne vais pas vous dire que c’est facile. Je me suis risquée cependant à raconter mon histoire parce que je pensais que cela rendrait la tâche plus facile à ceux qui ont besoin de  raconter la  leur. Je pense que c’est seulement à la faveur du nombre, et  d’une masse critique que nous pourrons commencer à changer la conversation nationale «la-la» que nous avons sur cette crise de la retraite. Avec tant d’entre nous choqués et à la dérive à propos de ce qui nous est arrivé, nous allons devoir construire à partir de la base, formant ce que je pense être des cercles de résilience. Ce sont de petits groupes de personnes qui se réunissent pour parler de ce qui leur est arrivé, pour partager des ressources et des informations et pour commencer à trouver une solution. Je crois à partir de cette base que nous pouvons retrouver nos voix et sonner l’alarme – commencer à pousser nos institutions et les décideurs politiques à s’attaquer à  cette crise de la retraite avec l’urgence qu’il mérite

Dans l’intervalle – et il y a un « en attendant » – nous allons devoir adopter un état d’esprit « vivre chichement »,  en réduisant drastiquement nos dépenses. Et je ne parle pas seulement de vivre selon nos moyens. Beaucoup de gens le font déjà. Ce qu’il faut maintenant, c’est se demander, de façon beaucoup plus profonde, ce que signifie vraiment vivre une vie qui n’est pas définie par la matérialité des choses. Je l’appelle « Smalling up ». revenir à l’essentiel   est de comprendre ce dont vous avez vraiment besoin pour vous sentir satisfait et enraciné. J’ai un ami qui conduit des voitures en mauvais état, mais il économisera 15 000 dollars à un moment donné pour acheter une flûte parce que la musique est ce qui compte vraiment pour lui. Il est proche de ce qui le fait vibrer pour se sentir exister.

J’ai aussi dû lâcher la pensée magique – cette idée que si j’étais assez patiente et que je me serrais la ceinture,   les choses se normaliseraient. ..Si je n’envoyais qu’un CV de plus, si je postulais à un autre emploi en ligne,  ou si j’assistais à un autre événement de réseautage, j’obtiendrais sûrement le genre d’emploi auquel j’étais habituée. Les choses reviendraient sûrement à la normale. La vérité, c’est que je n’y retournerai pas et vous non plus. La normalité » que nous connaissions est terminée. Dans ce nouveau contexte ,  on va nous demander de faire des choses que nous ne voulons pas faire. On va nous demander d’accepter des propositions,  qui, selon nos critères , ne semblent pas correspondre à nos qualifications,   à la hauteur de notre statut,  de notre talent et de nos compétences. J’ai dû descendre de mon piédestal. L’année dernière, une de mes bonnes amies m’a demandé si je pouvais l’aider avec un travail d’organisation. J’ai supposé qu’elle parlait de l’organisation communautaire à l’instar de ce que le président Obama a fait à Chicago. Elle voulait dire organiser le placard de quelqu’un. J’ai dit : « Je ne fais pas ça. » Elle a dit : « Descends de ton trône. L’argent est vert. »

Il n’est pas facile de faire partie des équipes  qui inaugurent cette nouvelle ère de travail et de vie. Les,premières approches  sont toujours les plus difficiles. Nous avons appris le monde  avant qu’il y ait des réseaux, des ouvertures massives,  et des modèles de rôle… Nous sommes en plein milieu d’un bouleversement sismique, et nous allons devoir trouver des ponts pour nous permettre de passer au travers. Les ponts, c’est ce que nous faisons en attendant ; les ponts, c’est ce que nous faisons pendant que nous essayons d’imaginer et nommer ce qui va suivre. « Bridgework », c’est aussi se défaire de cette notion que notre valeur et votre valeur dépendent de nos revenus, de nos titres et de nos emplois. « Bridgework » peut sembler fou ou cool selon la façon dont vous viviez,  avant la manifestation de votre crise financière personnelle . J’ai des amis , avec un doctorat qui travaillent au Container Store ou qui conduisent Uber ou Lyft ; et puis j’ai d’autres amis qui s’associent avec d’autres boomers et qui font des projets entrepreneuriaux vraiment cool. Le « bridgework » ne veut pas dire que nous ne voulons pas bâtir sur nos carrières passées, que nous ne voulons pas d’un travail significatif. C’est ce que nous faisons. Mais en attendant,  nous réfléchissons à ce qui va suivre.

J’ai aussi appris à penser en terme de stratégie,  et non pas en termes d’échec,  quand je m’applique à faire ce que je n’aime pas faire . Et je pense que  c’est une approche positive, dynamique ..
Donc si tu as besoin d’emménager avec ton frère pour joindre les deux bouts, appelle-le. Si vous avez besoin d’un pensionnaire pour vous aider à payer votre hypothèque ou votre loyer, faites-le. Si tu as besoin de bons d’alimentation, prends les bons d’alimentation. Selon l’AARP, seulement un tiers des personnes âgées admissibles les obtiennent. Sachez que nous sommes des millions. Sortez de l’ombre. ; pensez stratégie, pas échec ; descendez de votre piédestal, et acceptez de vivre les temps maigres , sans faillir vous même.

En tant que pays, nous avons  investi des milliards dans la santé, allongé l’espérance vie, par de meilleurs  diagnostics , permettant le traitement et la gestion des maladies. Il ne suffit pas de vivre longtemps. Nous voulons bien vivre. Nous n’avons pas investi autant d’argent dans l’infrastructure physique pour que cela se produise. Nous avons besoin maintenant d’une nouvelle façon de penser à ce que signifie être vieux en Amérique. Et nous avons besoin de conseils et d’idées sur la façon de vivre une vie richement texturée avec un revenu beaucoup plus modeste.

Je fais donc appel aux promoteurs du changement et aux entrepreneurs sociaux, aux artistes et aux personnes d’influence, à nos aînés.  J’appelle les développeurs et les transgresseurs téméraires, qui dérangent le  statu quo. Nous avons besoin de tous pour nous aider à imaginer comment investir dans les services, les produits et l’infrastructure qui soutiendront notre dignité, notre indépendance et notre bien-être au cours des nombreuses décennies que nous allons vivre.

Mon expérience m’a fait passer d’un lieu de peur et de honte à un lieu d’humilité et de compréhension. Je suis maintenant prête à lever les boucliers avec les autres, à entrer dans la bataille  et je vous invite à me rejoindre. 

Elizabeth White

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Rendre compte à GOD-OT : l’évaluation annuelle des salariés et les leviers de progression

 

godotIllustration du couple Maître/esclave *** dans la pièce de Samuel Becket que Michael Kern propose ( ref linkedln) pour illustrer l’usage du concept d’évaluation (notation, classement ) des salariés dans l’entreprise

La pièce « en attendant GODOT » de Samuel Becket, fut un succès improbable. C’est un théâtre dépouillé de l’essentiel. Et c’est paradoxalement ce qui a fait son succès. C’était tellement vague que son sens était ouvert à n’importe quelle interprétation.(sociologique, philosophique, burlesque, mystique.. )

*** Deux hommes entrent en scène : l’un est surchargé de bagages, et a le coup ligoté par une corde, que l’autre le tient en laisse avec un fouet
Le Maître s’appelle Pozzo. Il se présente comme le propriétaire des terres et aussi de l’autre homme : Lucky ( Lucky « le chanceux » en anglais) … ironie de l’auteur
Pozzon explique qu’il utilise Lucky comme une bête de somme, mais qu’il va bientôt le vendre, car il ne lui sert plus à rien , « sauf à penser « . Beckett montre que dans ce monde absurde, penser n’est plus une option valable : réfléchir ne sert à rien..

MK, Consultant américain, replace l’exercice annuel de notation/évaluation des salariés, dans une sorte de tradition historique, liée a l’industrie, à la gloire de la Performance. Chaque année, la plupart des entreprises américaines ( et leurs filles dans le monde) s’engagent dans un replay – version de ce jeu célèbre, que j’appellerai « établissons une classification des bons et des moins bons, pour GOD-OT. On sous entend peut-être que Dieu (GOD-ot) – ou ses représentants sont de la partie … »

Les gestionnaires, dit-il, prennent des concepts vagues comme «initiative» et «créativité» et appliquent leurs propres interprétations au service de la cause. Le résultat final est résumé dans la note de performance des employés. Un 4,5 pour Amy. Un 3,4 pour John. Les gestionnaires ont effectué ces examens annuels pendant des décennies, en évaluant d’abord chaque employé sur un certain nombre de «compétences». Mais les employés ont raison de se demander si leur manager peut  évaluer avec précision une «flexibilité» de 2.0 ou un «jugement» de 3.5.

Qu’il s’agisse de « créativité » ou « sens de l’initiative » , concepts très vagues, les managers se livrent néanmoins à des appréciations, des notations biaisées par leurs propres représentations. A quoi mesurez vous que X est « flexible » ? est ce indépendant des enjeux personnels ? est ce indépendant du contexte ? Le résultat final est résumé dans la note de performance des employés, appliquée à leurs compétences . Ainsi en stimulant la motivation des « bons employés » ( thèse psycho-sociale du système de récompense) on favoriserait le développement de l’entreprise. Les grilles indiciaires, pouvant illustrer des marges de progression. Les gestionnaires ont effectué ces examens annuels pendant des décennies, en évaluant d’abord chaque employé sur un certain nombre de «compétences». Le résultat final est reporté dans la grille indiciaire de référence, indiquant la note de performance des employés. Un 4,5 pour Amy. Un 3,4 pour John. Mais les employés ont raison de se demander si leur manager peut les évaluer avec précision une «flexibilité» de 2.0 ou un «jugement» de 3.5. Des études psychologiques ont également pointé les faiblesses des systèmes , basés sur des jugements de valeur univoques :  le fait d’étiqueter des personnes avec une forme quelconque de notation numérique ou de classement génère automatiquement une réponse du cerveau reptilien, réaction de survie, : « bats-toi ou sauve-toi » « de lutte ou de fuite»,  qui, on le sait court-circuite tout discernement , échappe à toute rationalisation». Les experts du cerveau expliquent aujourd’hui, que cela implique « le même type de » comportement du  primate » devant une menace imminente, telle une confrontation avec un animal sauvage. »

Plus important encore, ils sont, à juste titre, sceptiques quant à la question de savoir si chacune des compétences sur lesquelles ils sont évalués traduit correctement leur investissement global, notation généralement combinée en proportion égale, pour établir un jugement final ( note globale) . Aujourd’hui, les organisations ont commencé à remettre en question la valeur des évaluations managériales. Ces organisations confrontées à des situations complexes, dans une concurrence mondiale, sont à la recherche de stratégies nouvelles. Compétition oblige, productivité oblige.

Les gestionnaires sont mal à l’aise quand ils sont mis dans la position de «jouer à Dieu»

(citation M Kern) En passant, ce questionnement n’est pas nouveau.  Dans « Evaluation et rendement pris à partie », Douglas McGregor a écrit que «les directeurs sont mal à l’aise quand ils sont mis en position de« jouer à Dieu ».» Il a réclamé «un nouveau concept – pas un compromis. Ainsi « les managers ne sont plus juges, mais se retrouvent à l’écoute, en s’appuyant sur leur propre connaissance de l’organisation pour conseiller, orienter, encourager les collaborateurs à développer leurs propres potentialités ». McGregor a écrit ces mots en 1957. Il nous a fallu près de 60 ans pour réformer ce système profondément défectueux. Aujourd’hui, des entreprises comme Cargill ont expérimenté un groupe de test autorisé à travailler dans un environnement où la notation des employés fut abandonnée . Ce fut un tel succès (90% ont déclaré que leur «expérience était positive») que Cargill a adopté le programme de non-notation pour l’ensemble de son équipe de 150 000 employés. Des entreprises comme Adobe, Gap, Intel et d’autres ont suivi la tendance. Deloitte a déclaré publiquement qu’il s’agissait de «Réinventer le concept de productivité et du rendement» ; ce faisant il rejoignait les rangs de ceux qui ont abandonné le système de notation. Donc, si le modèle de compétences élaboré et ses cotations ne sont pas la réponse, qu’est-ce qui devrait le remplacer?

La question de la motivation, l’appréciation des compétences pour « quoi faire »?

Qu’est-ce qui est recherché dans l’entreprise ? les éléments de langage ont évolué. Mais la recherche de l’efficience vise la compétitivité des entreprises,  dans le grand village mondial, et l’excellence des hommes peut y contribuer.

« Manager et animer une cinquantaine de personnes, recruter, former, créer les instruments de suivi, analyser les rapports et le suivi clientèle, mettre en place des actions correctives, planifier,  optimiser, faire vivre la stratégie d’entreprise, coordonner les différents projets… Il est temps de recréer une mythologie de l’entreprise et attribuer des pouvoirs magiques aux nouveaux Dieux Managers…. Le monde sensible grouille dans les réseaux sociaux, il ondule dans la politique, il se manifeste dans la réactivité de l’instant….

Les nouveaux défis se posent pour l’ensemble de l’organisation de l’entreprise, qui cette fois, est totalement ouverte aux conditions de « son existence »: soumise à la publicité de son savoir (faire) , et l’attractivité de ses produits : le client, flatté et traqué dans les replis de son désir, est la personne que nous chérissons . Mais voilà que le concurrence nous presse :  à quoi mesurons nous leur satisfaction?.. de quels leviers disposons-nous  pour impacter l’efficacité de notre système… ne fût-ce que pour rassurer les actionnaires!  Les gens du marketing savent jouer des leviers psychologiques du « passage à l’achat « .

La dimension du désir ( motivation ) dans la modélisation des compétences, s’est glissé dans l’appréciation du travail. Pourquoi? Parce que l’obéissance ne produit pas le désir ; parce que c’est le désir qui produit l’obéissance ! Voilà l’autorité questionnée, voilà la motivation questionnée. Parce que la démotivation des employés, qui entraîne des sabotages et des nuisances aux effets dévastateurs,  coûte des billions de dollars aux entreprises (source Gallup aux US), on interroge les ressorts des comportements vertueux.  L’enjeu est devenu économique, alors on veut une comptabilité qui rende compte des leviers d’action et des remèdes à inventer…  Revenons au théâtre !

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  1. Usons du langage métaphorique, le prétexte nous est offert :
    • le salarié doit-il s’alléger de ses valises? ( Que sont ses valises encombrantes..?)
    • peut-il s’affranchir de la corde? ( est-il libre?)
    • Si le salarié devient « responsable » de son faire, comment mesurer les effets de son investissement ( motivation ) et participation dans la chaine de création de valeur ?

Dans la métaphore, le salarié porte avec opiniâtreté deux  bagages;   il existe un paradoxe entre l’entrave ( la corde) et le comique de ses valises . Non seulement l’acteur  est entravé, mais il s’alourdit de deux valises,  comme pour résister  à n’être « rien » ! Que transporte l’homme-esclave, d’aussi important qui modulerait le « rien » ? Il transporte ce que nous valorisons tous :  l’une des valises pourrait symboliser ce que nous capitalisons,   tous nos titres de savoirs ,  nos titres de possessions, et ce que nous croyons utile pour se présenter dans le monde. Une réplique de cinéma, dans un film mythique, est prononcée par le Chef d’une tribu native du Kenya : peu enclin à laisser les enfants du village apprendre à lire et écrire à l’école:  il ne comprend pas bien l’utilité du savoir dispensé, qui pourrait à terme rendre « sa sagesse » contestable :  » les anglais (colonisateurs) savent lire et écrire, dit-il,… à quoi ça leur sert? ….

Cruelle appréciation du savoir « inutile »,  et cruel constat de la vanité du savoir.  ; sauf qu’aujourd’hui, les développements de l’intelligence artificielle bouleversent la donne :  les informations dont nous avons besoin, sont à un clic ( informatique, communication) ! les robots, sont déjà opérationnels dans nombre de métiers complexes ( médecine, droit  enseignement .. ) et les capacités d’apprentissage de l’IA autorisent nombre d’expertises, très pertinentes, sur des plateformes robots, consultables à distance; nous disposons d’outils d’aides à la décision dans tous les domaines; les interactions homme/machine, déprécient l’importance de la valise « savoir », et déplacent les besoins; c’est de plus en plus, des « facultés hautes » de l’humain  dont on a besoin.

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j’explore mon monde

L’autre valise« , pourrait aussi figurer une résistance à n’être « rien »; nous sommes des animaux dotés de conscience; on le sait, les esclaves, même enchaînés gardent la conscience de la liberté et de la justice. La seconde valise pourrait  constituer notre réserve de vie « singulière » , ce qui préserve notre différence, ce sentiment d’existence, qui veut que nous soyons « quelqu’un »:  ce repli de dignité qui tient tous les prisonniers, tous les hommes soumis contre leur nature. Dans la même valise, nous dissimulons aussi une moins noble partie de notre humanité; ce que nous croyons  cacher aux autres; nos conflits les plus marécageux  y sont confinés, et ainsi, nous  savons offrir  en surface une parfaite neutralité émotionnelle.  Nous sommes également de bons comédiens de la vie !

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En résumé : deux composantes qui influent et déterminent la qualité de notre présence aux autres :  : l’importance qu’on  donne à son bagage de savoirs, et l’idée de notre dignité singulière, notre différence en somme ; comme le disait Bertrand Russel,  » Si j’étais médecin, je prescrirais des vacances à tous les patients qui considèrent que leur travail est important !  » et il insiste « l’un des symptômes d’une proche dépression nerveuse est de croire que le travail que l’on fait est terriblement important« …

Dans l’entreprise, il ne nous est pas demandé d’agir selon nos sentiments, nos convictions, il nous est demandé une « action » : le contrat qui lie le salarié aux résultats de son travail . Tels des acteurs, nous endossons un rôle, et jouons une partition, en relation avec d’autres partenaires, pour fabriquer au final une histoire.

Dit comme  ça, c’est jouable: tous les enfants aiment les histoires; et si j’en crois mon expérience de coach, tous les adultes s’appuient sur une histoire pour justifier leur version de la réalité ! c’est  la relation à la réalité, et aux autres, qui demande  toujours à être ré-ajustée,  ré-actualisée. L’acteur  rendu au statut de « sujet participatif » ( démocratie oblige ? ) va répondre de son « faire »: il est coresponsable dans une histoire à conduire. Le focus de l’attention orienté « résultats », est dynamisé par un  mécanisme d’évaluation à 360 degrés, pour la rétroaction développementale ; dit autrement, comment savoir si on est bon, quand il n’existe pas de référentiel commun? quand c’est « pas bien« , c’est comment? Dire « je t’aime », ne suffit pas à faire de moi un être aimant ou désirant; à quoi je sais que je t’aime? a quoi je sais que tu m’aimes? invite à un dialogue, à une conscience élargie aux besoins « autres »; rien n’est figé et la relation s’enrichit de nouvelles composantes perceptuelles.

  • A qui va-t-on rendre compte?
  • De « quoi » ( de quels comportements) spécifiquement va-t-on rendre compte?(360°)

Reste la corde, et la nature des liens avec l’autorité 

 Contrairement à tout ce que nous véhiculons comme croyances sur la « liberté », il est très difficile de vivre libre. J’ai appris à l’école républicaine , que nous naissions tous libres et égaux en droit. La liberté, ça ne va pas de soi; l’histoire nous l’enseigne. Mais quelqu’un tient une corde dans notre histoire :  c’est le « Maître »; Le Maître, le Chef, le Patron, le Manager, le gestionnaire…. Le système du pouvoir s’applique  sous toutes les variantes : de l’autoritarisme, ( l’aliénation à la ligne du  parti ) à la complicité fusionnelle ( nous sommes tous pareils !) je t’aime parce que tu es moi, et tu m’aimes parce que je suis toi ;  qui au final a aimé l’autre? De la manipulation séductrice ( je suscite ton désir ) au maniement de la trique policière, l’alternance de la douceur et de la terreur: …  on l’apprend à l’école maternelle : pour éviter les coups, on a besoin aussi de protection , et notre sécurité repose, si possible,  sur des règles admises par tous. La ligne de démarcation entre ce qui est juste, et ce qui n’est pas juste, est fluctuante et soumise à interprétation. Là, l’IA montre la faiblesse de la rationalité mise en équation (algorithmes),  de l’usage de la raison pour traiter des situations inconnues ;  devant l’imprévisible, l’IA  ne peut que tester et répéter , répéter encore, des schémas qu’elle connait .

Dès lors, peut-on avancer que la légitimé ,  la place du « Chef » , de l’Autorité est sous haute tension ? Si le Chef est lui même sur pilote automatique, comme l’IA, les erreurs de jugement, …c’est le risque du « Titanic »? quels sont les curseurs du bon , du mauvais jugement? les critères de la « bonne attitude » : j’aime, j’aime pas, je veux, je veux pas, c’est moi, c’est pas moi.. Comment s’accorder sur ces critères, soumis à la subjectivité et l’expérience de chacun?  Comment éviter les jugements de valeur abruptes? Les critiques meurtrières, l’a-responsabilisation, c’est pas moi, c’est l’autre, je fais ce qu »on » me dit ou pire, je fais comme je peux ! .etc….

Ce qui est recherché, c’est un pari : l’égalité  de valeur et de poids dans la parole et la participation; une nouvelle forme d’intelligence en somme.

Il y a une autre lecture, qui me semble tout aussi actuelle dans la connaissance de la psychologie, et des ressorts de la motivation : la soumission à un pouvoir, quel qu’il soit, est corollaire d’avantages perçus,  par notre petit comptable intérieur . Est ce que ça veut dire, que nous négocions en permanence, les avantages de la captivité? (la corde)  qu’au fond, rien n’est plus effrayant que la poursuite d’un but à long terme, dont l’issue est incertaine ? Sans angélisme aucun, la réponse est oui ! la liberté n’existe pas : elle s’éprouve dans la réalité, et notre  vie se passe, dans l’arbitrage de tensions contraires, où on ne peut écarter notre petit comptable personnel, pour apprécier les avantages et les inconvénients d’une offre. On pourrait laisser la suite aux philosophes et aux chercheurs, si ce n’était que le challenge est très moderne : des influenceurs, politiques ou religieux,  tentent des équilibres périlleux, se jouant de rivalités et d’intérêts, à une autre échelle.

  • Les comportements vertueux, ressortent d’une philosophie qui n’est pas nouvelle : introduire dans la relation, la conscience de l’autre et de la réciprocité. Pas d’injonctions infantilisantes, ( Paternalisme ) mais développement de la Conscience.
  • L’autorité subit une mutation horizontale, sans se départir de ses différents rôles. C’est avant tout une question de « représentations » préhensibles, et compréhensibles , et de stratégies lisibles.
  • il nous faut comprendre comment l’on pense : « Pour te représenter un arbre, tu es forcé de te représenter quelque sorte de fond sur lequel il se détache » (Vinci) .’L’arbre n’est intelligible que dans ses interactions perçues avec ses contextes

L’action de penser les résultats ( l’arbre, les chiffres à atteindre … ) nous invite à appréhender une sorte de matrice, dans laquelle les relations s’argumentent de façons critiques et constructives. Le but de l’évaluation, dès lors est de rendre compte des permanents allers retour ( rétro-actions) entre ce qu’on croit vrai, et ce qui se passe. A ces conditions on peut espérer construire des relations qui s’enrichissent de connaissance et de conscience.

michele.lefebvre.consultant@gmail.com

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