Suis-je libre de mes choix ? Quelle « partie » de nous décide ? »

Je fais ce que je veux, je suis libre de mes choix

 

c'est mon choix

Dans les opinions que j’entends souvent, ressort une certitude partagée par de nombreuses personnes ; « je » fais ce que je veux , ou encore « personne ne m’empêchera de faire ce que je veux ! » «  c’est « ma liberté » !Nous  opérons des choix au quotidien et là aussi le nombre de décisions que chacun est amené à prendre au cours d’une journée est de l’ordre de dizaines, voire centaines..

Je n’ai pas le pouvoir de convaincre qui que ce soit, que ses décisions n’appartiennent qu’à lui … et pourtant une nuance importante mérite d’être rapportée : «  quelle partie de vous décide ? »

Sommes-nous vraiment des « êtres de raison » en toute circonstance ?

L’expérience ci-dessous rapportée, est connue, et invite à quelque prudence, quant aux « ressorts » de nos choix.

L’auteur de l’article était Read  Montague de la faculté de médecine  de médecine (Baylor College) aux US , à qui on doit d’avoir livré au grand public cette expérience : elle consistait avec l’exploration des images livrées par  l’IRM, à identifier les zones du cerveau activées , par des sujets testant des boissons à base de cola. ( Pepsi Cola  et Coca Cola)

Environ soixante-dix volontaires ont d’abord été invités à goûter, suivant un protocole utilisé pour les nouveaux médicaments,  des produits concurrents ( Pepsi et Cola ),  dans une dégustation à l’aveugle ?  Sans surprise, comme cela avait déjà été démontré,  si souvent auparavant, la marque Pepsi a été le grand gagnant, du point de vue du goût. L’imagerie a clairement révélé que Pepsi a déclenché une plus grande activité dans le noyau central  du cerveau dit «  putamen » , que la boisson  dénommée Coca Cola.

tests en aveugle

Le putamen est une région  profonde du cerveau ( noyau caudé) ****, identifiée depuis longtemps comme une composante du système de gratification. ( c’est bon , ou ce n’est pas bon, j’éprouve un bienfait, ou non)

putamen

L’interprétation coulait de source ; cela signifiait : ce que je goûte me fait sentir « bien » ; cette boisson est bonne au goût .

Dans la  série d’expériences suivantes, les mêmes sujets volontaires goûtèrent les  boissons au cola,  mais cette fois, les bouteilles étaient étiquetées, et la marque visible.  Les sujets de recherche volontaires, re connaissaient la boisson brune qu’on leur présentait : c’était soit du coca cola, soit du pepsi cola.  Étonnamment la plupart d’entre eux choisirent spontanément les flacons de Coca cola. Ils étaient convaincus que le goût du Coca-Cola était de loin supérieur à Pepsi.

Dans le cerveau, le changement de comportement produit aussi d’autres effets visibles : cette fois, le cortex préfrontal médian est entré en action.*** (cf bas de page) C’est à dire qu’au lieu que le noyau archaïque du cerveau s’active, en signe de « c’est bon », «  le goût me plait » , le processus cognitif ( fonction  triomphante de la récompense immédiate ) fut court-circuité par une autre partie du cerveau : le cortex Autrement dit, la boisson qui produit un goût plus fade, et aux qualités physiologiques moindres (activation moins intense)  a néanmoins été choisie comme « meilleure » quand le processus conscient d’identification (reconnaissance) est entré en action : « mimétisme » conditionné de groupe : ça c’est « moi » !

je connais ça et c'est ok

L’expérience de cola, qui a été publiée  dans la revue Neuron, pourrait être interprétée comme : nos choix sont d’abord conditionnés par l’image que nous nous en faisons, la  « marque » comme identification valorisante, reconnaissable,  puis le contenu ( la matière, la nature du produit) pour  la promesse fantasmée de l’effet plaisir…..

Et, bien sûr, cela n’a pas échappé aux  gens du marketing. . Maintenant, on pouvait espérer que la méthodologie de la recherche sur le cerveau, pourrait aider à expliquer comment les gens choisissent une marque plutôt qu’une autre : c’est l’histoire qu’ils se racontent qui prime sur la qualité du produit, quite à tromper leurs sens ( moindre activation du centre de plaisir ) L’histoire crée une réalité ( ils sont convaincus et rassurés) qui n’a rien à voir avec la réalité.

Voilà une clef pour les publicitaires et la façon de cibler des « catégories  de population /marché. Cela s’appelle du reste «  niche marketing ». Vous êtes sans le savoir « scanné » en fonction de vos réflexes culturels, reconnaissables à vos comportements : vos fréquentations, vos habitudes, votre tradition d’origine, ….. informations désormais en libre consultation sur les réseaux sociaux internet.

L’objectif visé par les gens du marketing est donc de prévoir comment le client recherchera une marque, plutôt qu’une autre, en fonction de l’image positive qu’il s’est fabriquée. Et surtout, l’image en laquelle il « se re-connaît », à laquelle il s’identifie ( connue de lui / sentiment d’aisance et de sécurité )

tellement moi

Le rêve des marketeurs, est que les chercheurs, grâce à leurs scanners et outils d’imagerie du cerveau, découvrent l’ensemble des éléments qui entrent dans la fabrication de l’histoire, directement acceptable par la partie du cerveau qu’on veut activer : le cortex préfrontal médian

serais-je abusé sans le savoir?

 

Acceptez-vous l’idée que vous êtes d’autant plus facilement « manipulables » que vous n’êtes pas conscient de vos habitudes, isues de ré-actions, de ré-flexes, qui vous conditionnent à répéter inlassablement les mêmes gestes et re – créer les mêmes situations connues ?

zone de confort

Acceptez-vous l’idée que les « escroqueries » de toute nature ( sentimentales, financières) ne sont possibles, que parce que vous êtes prévisibles, et que, une fois le « déclencheur »  activé, vous êtes sur pilote automatique, et vous ne voyez plus ce qui se passe ?

musique charmeuse

Acceptez-vous l’idée qu’au final chacun d’entre nous ( seul) est très vulnérable,  et que  vous pouvez faire des erreurs d’appréciation, de bonne foi, ou vous laisser piéger – sans même le savoir ? ( les autres le savent en général, ou ils le découvrent assez facilement)

Applications?

Vous pouvez faire quelque chose pour vous, si vous avez le sentiment de ne pas piloter votre vie, de façon générique… si vous ne vous sentez plus en accord avec vous même…

Identifiez sur le fil du temps ( un an? …au choix.) la dernière fois que vous vous êtes dit : « là, c’est bien » et que vous avez ressenti une profonde détente , un profond plaisir, un sentiment de sérénité, et cet « accord » avec vous même?

Etes vous tiraillé entre

ce qu’on peut faire ou ne pas faire?
ce qui est important pour vous et ce qui est important pour les autres?
ce qui vous intéresse ou ne nous intéresse pas? ( contraintes?)
ce que vous vous obligez à faire, mais que vous pourriez ne pas faire?  ( générosité? appel irrésistible de votre « utilité »..)

ce que vous subissez au final et qui vous laisse épuisé.. plaisir émoussé  ( épuisement mental et baisse d’énergie..)
sur ce vous rêviez de faire et à quoi vous avez dû renoncer?

Pour toute autre question …..écrivez!

ou inscrivez-vous dans un processus d’apprentissage

j'explore mon monde

 



Extraits de wikipedia ( pour les curieux)

.*** En neuroanatomie, le pallidum est l’ensemble formé du globus pallidus (qu’on désigne aussi sous le nom de pallidum dorsal) et de la zone de substance grise située sous la commissure antérieure formant le pallidum ventral. Le pallidum dorsal est un relais important des ganglions de la base impliqué dans de nombreuses fonctions cognitives et dans la motricité tandis que la partie ventrale, en connexion avec le striatum ventral participe au système limbique.

**** Exemple de fonctionnement du cortex[modifier]

Pour analyser une scène et fournir une réponse adaptée, toutes les aires cérébrales vont collaborer. Prenons l’exemple d’un chat qui miaule pour demander à manger.

L’aire visuelle primaire va identifier une série de lignes, de courbes et de taches de couleurs grises, rousses et blanches. L’aire visuelle secondaire va organiser ces éléments disparates en un objet immobile gris, roux et blanc. La zone d’intégration visuelle va reconnaître cet objet comme étant un chat assis. Parallèlement, l’aire auditive primaire va capter un certain nombre de fréquences ; l’aire auditive secondaire va organiser ces fréquences pour obtenir un son avec un timbre et une tessiture précises. L’aire d’intégration auditive va reconnaître un miaulement. L’aire d’association pariétale va identifier un chat qui miaule. Avec l’aide du lobe temporal, il va identifier le chat et la nature du miaulement. Tous les éléments du chat sont maintenant identifiés.

À partir de là, nous allons obtenir une réaction comportementale. Le système limbique situé, en partie entre les deux hémisphères, nous signale l’existence d’un attachement pour cet animal. Il va nous pousser à nous désintéresser de notre action en cours pour nous occuper en priorité de ses besoins. À noter que si l’individu agit parce que les miaulements du chat l’agacent, le résultat est le même, c’est le même système qui gère ces deux émotions. Le cortex préfrontal va prendre la décision de nourrir le chat (ou de le chasser selon les cas). L’aire motrice supplémentaire va organiser le déroulement de l’acte et l’aire motrice primaire va commander les mouvements nécessaires à son accomplissement. L’aire somatosensorielle primaire, en relation avec l’aire visuelle, va guider le déroulement des opérations en signalant à chaque instant les changements dans l’environnement (le chat a tendance à se mettre dans nos jambes) et la position des différents segments du corps dans l’espace.

Finalement, par la collaboration de toutes les aires cérébrales, un comportement coordonné a permis la résolution d’un problème. Signalons au passage que ce n’est pas la nature du cortex qui différencie l’homme des autres animaux, mais la taille du cortex qui permet des réactions bien plus complexes que celles décrites ici. Notamment, les fonctions cognitives les plus évoluées telles que le langage ou la pensée symbolique ne sont pas mises en jeu ici. À l’inverse, le cortex ne fait pas tout. Par exemple, le mouvement de rotation de la tête pour regarder le chat n’est pas sous le contrôle du cortex, mais des tubercules quadrijumeaux, structure ancienne du mésencéphale, qui, chez les reptiles, avaient la fonction dévolue aujourd’hui aux aires visuelles et auditives corticales chez les mammifères.

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