Déficit d’i@mage du management

Son et image, c’est le sens du développement efficace de toute communication à l’ère du web.

 Tant l’abondance d’informations, que le déferlement d’images dans notre univers mental, nous   invitent  à interroger leur pouvoir  de « transformation » dans la communication.

nu Berthe Morisot

Notre œil se dirige naturellement vers des images « plaisantes ».  L’image capte notre attention. En affichant un tableau impressionniste, inattendu pour  un article qui a trait au management,  mon souhait est d’attirer  votre attention sur un sujet qui se rapporte à la vision, l’importance de la vision dans votre communication stratégique.  Peut-être lirez vous jusqu’au bout, le propos, mais dans tous les cas de figure, l’image ,si vous la trouvez plaisante, va ponctuer le continuum de votre  temps, et  « faire impression » dans votre cerveau..

Quel est ce pouvoir de l’image ? … à commencer par l’image de soi ?

Notre relation aux images est très compliquée, et elle a plusieurs strates.

1) L’une de ces couches  a trait à la signification qu’on attribue à une représentation.

lorsque  votre cerveau accepte l’explication qu’on lui donne, il est prédisposé à suivre la logique et les associations ( pensées et émotions) qui lui sont ainsi offertes . Parce que  l’image nous procure une intelligibilité du monde, ou d’une situation, nous nous sentons rassurés. L’image, qu’il s’agisse du symbole ou d’une représentation graphique,  a un effet  structurant.  Lorsque nous n’avons pas de contact immédiat avec le donné réel, le symbole introduit la médiation ( ou l’intermédiaire)  qui nous mène au réel .

Mais l’image a aussi  deux autres dimensions :

  2) l’image  idolâtre : elle a pour fonction la  fixation de l’attention :  elle crée  un effet « sidérant » dans notre cerveau.  Telle une fixation, cette image vit et persiste dans notre cerveau, parce qu’elle est chargée d’émotions , qui captent une forme d’énergie.

Si par exemple, vous avez sur votre bureau, une photo de vos enfants encadrée, et qu’une personne mal intentionnée, s’introduise et détruise cet « objet », vous ressentirez de la violence.  Est-ce à dire que vous attribuez à l’image le pouvoir de contenir en réalité quelque chose de ce qu’elle représente ?

La réponse semble être «  oui » ; nous attribuons à l’image le pouvoir de contenir une partie de nous ( nous y attachons des « affects ») pour donner de la force à des sentiments. Ce qui n’est pas sans poser  un problème lorsque nous  fusionnons cette représentation avec la réalité ( je justifie ainsi mon absence de l’éducation quotidienne de mes enfants par exemple :j’affiche la photo en évidence )…. Mais comment est-ce que mes  enfants en bénéficient? N’est-ce pas  leur  réalité qui importe ? Le danger « d’idolâtrie » réside dans cette confusion : nous adorons une représentation sans être présents, disponibles ( au plan sensoriel, physique, mental et émotionnel) à la réalité.

L’idolâtrie est une fixation mentale , qui trompe nos sens.

 Plus on se sent insécurisé, plus on va rechercher à l’extérieur de soi  un espace de sécurité indispensable et indiscutable ; on se cherche une égérie, pour donner forme et représentation à un idéal auquel on voudrait s’identifier. Façon de combler un vide intérieur, et se doter d’un support de sécurité dont on a absolument besoin. Quitte éventuellement si on est acculé au fait que cette idole n’est pas ce qu’on croyait , à la faire tomber du jour au lendemain ( ce qui arrive souvent dans le « star system ») .

Toutes sortes d’images peuvent devenir un support d’idôlatrie.

Parmi toutes ces images, il y en a une qui est particulièrement importante , c’est « l’image de soi » : elle est chargée du contenu de la représentation  qu’on donne aux autres. Que recherche-t-on au travers cette image ? quelque part l’image idéale , à laquelle on veut s’identifier. Pensant ainsi recevoir en retour un regard admiratif et satisfaire à des « normes » sociales qui sont intériorisées dans notre éducation, ou notre culture. Cette image de soi est devenue très préoccupante et on peut penser qu’une de ses fonctions est de procurer un support de sécurité, dans la confrontation au monde. Si rien ne me plait  autour  de moi, mais que j’ai l’impression de me correspondre parfaitement quand je me regarde dans un miroir ( rôle des miroirs dans les ascenseurs ) je « suis celui que j’attends », et il existe alors une adéquation entre le monde extérieur et l’image idéale, qui me rassure. La relation s’établit alors entre l’image de moi et l’idéal de moi…. Pas avec la réalité des autres ; (le feed-back auquel je me soustrais). Là se trouve distorsion de la réalité.

 3)  La « vision » : pourquoi les « visionnaires » sont des leaders qui suscitent  l’enthousiasme et créent l’adhésion responsable ?

En quoi l’élaboration collective de la « vision » est-elle aussi puissante ?

L’idée n’est pas de tomber dans la superstition ou l’utopie. J’aime relever la capacité qu’a développé Nelson Mandela à proposer la « réconciliation » en Afrique du Sud, juste après  cette terrible histoire liée à l’Apartheid. J’ai eu l’opportunité de me rendre en Afrique du sud ; est-ce que le racisme  a disparu ? non ; est-ce que les «  blacks » occupent des postes de pouvoir ?, oui. Pas seuls. Est-ce que les blancs (riches et implantés depuis des siècles) ont perdu de leur arrogance ? Pas vraiment. Est-ce qu’on a pu freiner la corruption ? Non, elle a changé » de camp. Est-ce que le pays se développe économiquement? oui, parce qu’il détient de grandes richesses. Est-ce que les noirs ont trouvé les marques » et la fondation de leur cultures : elles émergent peu à peu, dans les difficultés à intégrer de nouveaux modèles de pensée.

Mais le fait d’avoir pu éviter une guerre civile et su pacifier la révolte, contenir la violence, ont été rendus  possibles : c’est que le « Chef » Mandela a su transposer la vision d’un grand peuple en devenir, qui prendrait son destin en mains. Avant de pouvoir  se projeter dans l’avenir, l’homme demande justice, et réassurance de son existence. L’homme servile a enfoui sa dignité et n’a pas la conscience de sa responsabilité.

La vision donne du pouvoir : celui de gagner de l’intelligence collective en reconnaissant les valeurs qui créent société.  La pensée  alors fait  vibrer  le coeur

Ces vertus de l’image/pouvoir est connue depuis des millénaires et plus récemment de nombreux ouvrages analysent des courants civilisationnels  initiés par des « visionnaires »

La meilleure comparaison est celle des images de nos rêves  , car c’est ce qui s’en rapproche le plus. En effet, qu’est ce que les images de nos rêves ont de particulier ? Si nous savons, placées devant notre conscience, certaines images de nos rêves avec l’ambiance qui caractérise non seulement ces images, mais également notre présence à ces images (car notre âme vibre d’une certaine façon face à une image de rêve), nous pouvons dire qu’elles sont « au bord de la parole ».

C’est que l’image – rêve a ce pouvoir d’ordonner  des associations émotionnelles  et mentales, libérant notre esprit d’une angoisse diffuse, , et de potentielles menaces, de « chaos » sans nom. Le rapport signifiant / signifié  est « un structurel » . un rapprochement basé sur des concordances entre le fond et la forme. L’image-rêve se nourrit  du présent et le transpose de façon virtuelle au futur ; ce qui ouvre un espace temps  sécurisant : il y a de nous là dedans et un désir de découverte, au delà nos limites . La pensée et les sens s’auto alimentent dans une image désirable.

L’image prend sa force dans l’envie que nous avons d’y croire. Nous construisons ainsi une relation  fictive, avec  cette image – rêve ;  elle a pour fonction de soutenir une relation, avec une réalité qui est encore une fiction, mais dans laquelle la fiction construira sa propre vérité.

Le sentiment de confiance ( dans la société et dans l’entreprise  )  se nourrit  donc de différents ingrédients ; et le problème c’est l’insécurité, la précarité, l’inquiétude ; plus vous êtes  inquiets sur la vie quotidienne, le chômage l’augmentation du prix du pain  la flambée folle  de l’immobilier  plus vous allez chercher quelque chose qui ne change pas pour vous rassurer. Ce qui apparaît dans l’utilisation de la l’image, c’est qu’elle est le socle de notre besoin de sécurité ; quand le besoin de compréhension, de soutien, et  la  réassurance  sont présents, l’énergie individuelle et collective augmentent .

 On s’aperçoit que  l’image-rêve, la vision,  recèle un ingrédient , sorte d’anti dote au problème de l’inquiétude, du sentiment  d’insécurité. Nous savons bien que la sécurité est un concept, mais n’a pas de réalité : c’est notre sentiment de sécurité qui est ici en cause.

 


 

Publicités
Poster un commentaire ou un rétrolien.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :