A qui la faute ?

A qui la faute ?

Le renversement des logiques

Deux instantanés d’une évolution culturelle ?

Le glissement du courroux des parents nous intéresse pour le propos. Même si le sujet est traité de façon humoristique, le fait qu’il nous touche et nous fasse sourire, ponctue à dessein, la façon dont s’exerce la critique.

Quand rien ne se déroule comme prévu, le premier réflexe est de se retourner contre « l’autre » ! A qui incombe la faute ? Qui n’a pas fait son devoir ? Qui doit être blamé ? Qui est coupable ?

Les parents sont soucieux des résultats scolaires.. et on souscrit bien volontiers à leur souci d’éducation

Les parents exercent leur « jugement critique ». D’où parlent-ils ?

Chercher un coupable, c’est reconnaître une victime. Et sous l’angle des situations présentées , il est question d’affronter un problème d’échec, comme d’un événement extérieur à soi ; l’insuccès de l’élève engendre des sentiments d’incompétence, que ne peuvent supporter les adultes, investis dans l’idée de performance éducative. ….

Qu’est ce qui a changé en 50 ans ?

D’un côté, l’étudiant est blamé, et .. sommé de corriger ses résultats ! pour le meilleur et pour le pire..

De l’autre côté, en 50 ans l’accusation a glissé : c’est la Société, à travers l’enseignant qui doit rendre des comptes !

Si l’éducation échoit aux parents, leur attitude n’est pas juste : ne sont-ils pas partie prenante dans les deux cas de figure ? Comment se posent-ils la question du succès scolaire, du rôle de l’école, des questions existentielles se rapportant aux règles de vie, à l’articulation des relations sociales, et comment apprécier dès lors, la performance de l’étudiant ?

Si l’éducation échoit à l’enseignant, cela peut signifier au pire, que sa pédagogie n’a pas suffi à éveiller l’élève. Mais l’éveiller à quoi ? Le statut de la connaissance, consiste-t-il à préparer à la citoyenneté « utile » ; à préparer à un métier, à un travail, ou à une façon de vivre le monde ? ou encore des façons différentes de penser un monde ?

Mais si l’élève jouit du conflit d’égo entre les adultes, il se sent la bienheureuse victime d’énormes malentendus.

On pressent que la « faute-à-qui » est une problématique mal posée, dans ce contexte, surtout parce qu’on n’entrevoit aucune réponse simple et viable à partir de jugements de valeur.

Le changement de perspective, peut s’opérer si on replace la finalité du savoir, comme outil de la connaissance du monde, et d’inscription de sa place dans le monde. Ainsi l’utilité sociale, se pose autant en termes de dignité, de connaissance, en terme de solidarité, de justice.. Ce qui élargit le spectre des contributions respectives à fabriquer de nobles petits citoyens, curieux de leur histoire, curieux des  autres, curieux d’apprendre de la différence de l’autre, et comprendre et apprendre le monde..

A la question ; c’est la faute à qui ? Se substitue la question, qui est responsable de quoi ? et surtout, « comment l’enfant apprend-il le monde? ?

Peut-être aimerez-vous interroger vos souvenirs, concernant votre propre enfance ( bon ou mauvais élève n’est pas la question ) et rappeler à vous des conversations tenues à table, des histoires de famille où vous avez décidé quelque chose pour vous même : Qui sont les personnes qui à un moment vous ont vraiment regardé, vu, entendu et ont remarqué chez vous un trait particulier ; « toi » tu es doué pour inventer des histoires! et l’éclat de rire bienveillant qui a suivi, aura-t-il même fait naître une vocation ?

Rien de ce que nous évoquons devant nos enfants reste « neutre ». Si nous exerçons notre solidarité envers la voisine, qui vient de se casser la jambe, nous transmettons à l’enfant une valeur qui veut  dire : l’autre est important pour nous et nous en prenons soin, autant que nous le pouvons. Si vous exprimez du ressentiment envers votre percepteur le jour où l’enveloppe des impôts arrive, vous apprenez au futur citoyen un sens d’injustice – qui certes peut être fondé, mais êtes vous certain qu’il perçoit la grande image de ce que la société organisée permet comme confort social? Dénigrez vous votre belle mère ouvertement et avec véhémence ? alors vous apprenez à vos enfants le mépris : il n’est pas interdit de faire savoir à votre belle mère que vous trouvez malvenue son intrusion dans vos affaires de couple, mais vous avez ce courage et cette courtoisie qui vont imprimer chez votre fils, le sens des limites… autrement précieux pour son développement social. Quel  temps  prenez vous à partager la plaisir de votre enfant, pour l’encourager dans un sport? dans sa curiosité des insectes?..

Comment donnons nous « existence » à l’enfant dans  le groupe est sans doute la question la plus exigeante, parce qu’elle  renvoie à notre propre plaisir et nos égoïsmes..

Ci-après un questionnaire utilisé par un journaliste, pour interviewer un auteur et chercheur universitaire

j‘ai pris le temps d’y répondre , en l’adaptant !! et j’ai passé un moment « éclairant » avec moi. Je suggère que vous l’essayiez pour vous même, ou avec une autre personne.

Où êtes vous nés? où avez vous grandi?

Qu’est ce qui vous a les plus marqué au cours de votre enfance ?

Quelles personnes dans votre famille ont façonné votre vision du monde ?

Quelles affaires du monde étaient discutées chez vous ?

Quel cursus, et avez vous suivi ? et quelles orientations avez vous choisies ?

Y-a-t-il eu des professeurs qui ont imprimé chez vous une orientation ? encouragé un talent ?

Qui furent vos maîtres à penser plus tard ?

En quoi ont-ils attiré votre attention? Qu’est ce qui vous a intéressé dans leur écrits, ou leurs engagements ?

 Qu’est ce qui a permis de vous démarquer, eu égard vos connaissance théoriques et philosophiques , en vous positionnant dans une image plus grande ?

Qu’avez vous pensé des réactions du monde à vos écrits, visionnaires en quelque sorte ?

Qu’avez vous appris des bouleversements du monde depuis vos écrits ?

Quel est le socle des  convictions (  » foundation blocks » ) que vous vous êtes forgé, et qui éclairent les théories que vous  nous présentez dans le livre?

Quel est le problème , en politique que vous avez tenté de traiter avec votre nouveau livre ?

Cela pose d’une part la question de la finalité de la connaissance, dans un contexte social, et d’autre part celle de la responsabilité, individuelle et collective, dans l’acquisition d’outils pour penser le monde et contribuer à le rendre meilleur ? IL n’est plus question d’affronter un problème comme une contrainte extérieure à soi mais il convient de le gérer à l’intérieur de son propre espace physique, intellectuel et émotionnel …. .

comment tissons nous la toile?

comment tissons nous la toile?

 

lefebvremichele2@gmail.com

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