Victime de harcèlement : que vaut ma parole ?

harceléeETUDE DE CAS : victime de « harcèlement »

Comment je me reconstruis, après avoir vécu une situation de harcèlement qui m’a conduite à une dépression profonde, au seuil de TS

Rien ne me laissait présager une telle situation : je me définissais comme « battante, volontaire, responsable, entreprenante »…. Et rien dans ma vie personnelle de nature à me déstabiliser.

Mon occupation professionnelle

Cadre – établissement public Education nationale

 Etats de service professionnels ++

Expérience professionnelle ++

Situation complexe mais ambiance de travail co-opérative, soutenante

Crédit d’estime et de respect par les collègues et les tiers intervenants, les autres interlocuteurs extérieurs ( police etc..)

 Evènement déclencheur :

 Arrivée d’un nouveau Chef d’Établissement

Situation problème

 La communication devient chaotique

Difficultés relationnelles grandissantes, avec le nouveau duo de l’équipe de direction (Chef d’Etablissement, et Assistante)

Par effet de ricochet, des professeurs sympathisants et émus par l’acharnement constaté, sont pris à parti et subissent à leur tour des injonctions indéfendables au plan des valeurs et de l’éthique professionnelle . ( prise à parti, isolement, dé jugés etc..)

En famille, mes enfants ressentent ma souffrance, mon désarroi, et mon fils développe des syndromes d’angoisse.

Mes amis ne comprennent pas.

Issue/ survie :

Signalement de la situation, après rapport inspection, cautionnant le Chef d’Etablissement – soutien du syndicat

Mutation accordée en urgence

Reconstruction :

Immersion dans un nouvel environnement accueillant

Prise de fonctions dans un climat de confiance

Soins médicaux

Vacances

Recherche de cohérence, suite au trauma infligé à la famille (enfants perturbés) .

L’état de guerre est fini pour moi ; pas pour mes collègues qui subissent des comportements incohérents, et malveillants , et éprouvent le besoin de le partager avec moi .

Questionnement avec mon médecin :

Comment me suis-je retrouvée dans un engrenage, qui a fait que j’aie été terrorisée ?

je me suis paralysée, et figée dans l’idée que « je ne valais rien » (je suis nulle !)

Je me suis sentie déjugée, déstabilisée ( incompréhension, condamnée sans jugement contradictoire)

J’ai ressenti le désespoir ( je me suis sentie perdue, sans protection

Ouvertures :

 Besoin de comprendre, avec le recul : comment suis je arrivée à douter aussi douloureusement de moi, au point de ne plus rien savoir, ni comprendre ? me persuader que je perdais la raison ?

Que m’a appris la démarche d’introspection ?

1) Définir les fondamentaux de ma profession, à travers des exemples concrets et vécus

2) Je prends conscience que je sais gérer des conflits et je suis estimée pour ça, reconnue pour ça, et que c’est la base de mon métier aussi.

3) J’apprends au cours de conversations avec mon médecin, que j’ai les réponses, et les ressources en moi – si je me pose les bonnes questions

Qu’ai je fait , que je n’aurais pas dû faire ?

Que n ‘ai-je su faire, que j’aurais pu faire ?

Comment suis-je entrée dans cet engrenage ?

La confiance naturelle que j’offre aux autres, me fait croire que j’obtiens ainsi des bons résultats ; je suis renforcée dans ce sens par ma coach, qui m’invite à décrire le processus qui permet que la relation se passe bien : je valide que « naturellement » j’ai appris l’empathie, l’écoute, ; j’ai l’habitude d’envisager la compréhension sous des angles différents d’un même fait ; que dès lors le recadrage des problème me permet de trouver avec les parents par exemple, ou avec les professeurs , ou encore les élèves, la juste mesure

Que j’ai plaisir à communiquer mon optimisme, mon soutien et mon enthousiasme

Par contraste, ma coach ( Michele) me fait revivre les deux premiers épisodes « déclencheurs ». de l’épisode « harcèlement, dévalorisant »Je peux voir dans le remake du film, que j’ai été prise au dépourvu, parce que j’affrontais un « supérieur hiérarchique » avec toute la confiance que je projetais sur son professionnalisme.

 Fauchée par une attaque en règle, accusée de comportements trop impliqués dans la vie de l’établissement, , je reste médusée et j’ai le réflexe de penser que je ne méritais plus la confiance dans la relation. Je suis piégée dans un engrenage, parce que j’ai été touchée dans mon sentiment de fierté et la conscience ( bien faire ) que j’apporte à mon travail ; je n’ai pas su quoi dire, ni quoi répondre . Mon cerveau a été sidéré et je me suis paralysée. Je ne me suis pas demandée d’où « il » parlait ; j’ai régressé à l’âge d’une petite fille qui se pensait « protégée », et je n’ai plus d’autre alternative que me replier dans un chaos émotionnel sans nom .

Le travail de reconstruction

 J’apprends à décoder le processus qui a présidé à la relation de défiance et de harcèlement ; à identifier ce qui se passait pour moi, et pour « l’autre », dans l’interaction.

C’est un début de travail très perturbateur : Je prends la mesure du pouvoir, que j ‘avais sans le savoir (consciemment) accordé au Jugement de « l’autre »

Quand je regarde maintenant le film des évènements, la dimension « dramatique » est nettement amoindrie, et la « taille » du supérieur hiérarchique, plus petite ( normale) ; je regarde comment fonctionnait le couple « assistante/Chef d’établissement » . Je ne comprends pas encore l’historique de la situation, mais je me dissocie émotionnellement du « traumatisme » ; dans mes rêves , je retrouve la parole, et je me réveille plus calme.

 En même temps je me retrouve et me rassure : puisque je comprends que dans l’interaction, j’ai pu être absente à moi même en quelque sorte. Mais ce n’est pas « moi » . C’est mon sentiment d’existence et ma confiance dans « l’autre » qui ont été bousculés ( sorte de déferlante, et perte d’équilibre au point de ne plus comprendre et croire à ma folie )

 Ce qui me reste ( douleur inscrite sur mon visage,) relève de ce qui m’apparaît injuste dans ma situation : si j’ai pu m’extraire du milieu toxique , mais qu’advient-il de mes ex collègues qui m’appellent pour exposer leur problème.

 Les étapes du processus

 1

 2

 3

 4

 5

6

Ne plus subir Quand c’est bien, c’est comment ? ComprendreMes stratégies

gagnantes

 

Prendre en compte ma réactivité émotionnelle Rendre à César ce qui appartient à César  je susi aimabkeJe suis quelqu’un qui…..
 je pleure  je suis performante je veux comprendre  j'exprime mes émotions  je rends à César
Qu’est ce qui se passe ? Comme à la météo, ciel bleu, puis gris , orages, éclaircies.. Savoir où je suisJe ne suis pas « folle » Mes valeursMa fiertéMa dignité Le harceleur a ses raisons et des jugements qui lui appartiennent Comment je peux construire mon sentiment de confiance et ma sécurité ?

Ce que je comprends du programme proposé par la coach :

  • J’entrevois que j’ai le devoir de me protéger désormais, de vulnérabilités qui relèvent de traumas dans mon histoire.
  • Mon rôle socio professionnel m’amène à distinguer ce qui relève de la co responsabilité dans une interaction
  • J’ai à réconcilier l’image de la femme « combative » que je présente aux autres, équipée pour satisfaire à ses responsabilités professionnelles, et la« Vulnérable » qui a besoin de se vivre « aimée » et protégée.
  • Je suis invitée à établir une liste de mes besoins et j’ai la prescription de prendre un temps, pour moi, pour réfléchir à mieux définir ce qui me motive au travail, ( tout ce que j’aime ) mais aussi dans ma vie personnelle et mon engagement social

La méthode : un exercice d’introspection guidée

Michele, la coach me guide dans la compréhension de mes « stratégies d’apprentissage » ; concept que je découvre à la faveur de modèles explicatifs. C’est savoir décrire les faits et différencier les perceptions de chacun, dans une situation donnée. Je me sens acceptée dans l’expression de mon vécu, et il n’existe pas de jugements de valeur .

Tout se déroule au travers des conversations (guidées) où je suis invitée à inventorier des situations, et me voir comme dans un film.

J’ai participé à lister les comportements du « harceleur »

J’ai participé à comprendre, de la place où il était , ce qui était exprimé ( son besoin de contrôler ? ) – pour lui ( et aussi son assistante )

Ce qui me libère vraiment est de comprendre d’où je pars, et de reconnaître que le chemin à parcourir est partiellement sous mon contrôle

 

( fin première partie ; à suivre « l’arrogance du harceleur » )

lefebvremichele2@gmail.com

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