Les fantômes du stress sont réels

A cette époque de rentrée, le stress bien nommé, convoque nos fantômes. Les déterminants du stress sont de toute façon une réponse à des stimulations électriques du cerveau, qui va coder la nature du signal : qu’il s’agisse du contrôle de la situation présente ou à venir, qu’il s’agisse de notre capacité à répondre à des situations problèmes, dès que nous ressentons une menace, la représentation (interne) que nous en avons détermine la réponse que nous apportons.

stress

La menace peut être réelle,( votre banquier menace de vous couper les vivres, votre Directeur rejette votre planification, votre enfant est en échec scolaire.. etc.. ) mais la partie du cerveau convoquée ( amygdale) par la menace perçue, ne fait pas la différence entre l’important et l’essentiel :

Qu’ils soient tragiques ou banals, ils ont un point commun : ils donnent le sentiment de perdre la maîtrise des événements. « Malheureusement, notre système de survie ne fait pas la différence entre un tremblement de terre et un bouchon de circulation, dit Tania Schramek*. S’il reçoit le message qu’une situation est une menace, il réagit comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. »

Le risque ainsi, sans le savoir, est de rester figé et prisonnier dans la reproduction de schémas mémorisés, à partir d’expériences du passé; ces réponses ne sont pas  adaptés à la situation au présent et peuvent nous handicaper lourdement, et longtemps : nous gardons nos fantômes du passé, parce qu’ils ont gardé la mémoire des situations menaçant notre intégrité ; engager le dialogue avec ces fantômes est une première étape – mais la raison seule n’y peut rien.

L’article cité, ci après, décrit avec clarté le chainage des étapes des processus qui conditionnent nos stratégies de vie. Nous Réagissons aux situations**, nous Réitérons les mêmes réponses , nous Reproduisons les mêmes schémas, nous Renforçons ainsi les raisons d’avoir raison ( victimisation, subissant )

*** ( Les 4 R =  boucles itératives des schémas = patterns de la résistance au présent )Capture d’écran 2015-08-31 à 10.11.37La base scientifique qui contribue aux connaissances que nous avons des interactions ( processus ) psycho neuro endocrinologiques , permet d’asseoir des stratégies ( programmes) pour identifier et déconstruire le stress, C’est un apprentissage qui a besoin d’être guidé et encadré ; le but est de libérer la Conscience de l’influence des fantômes et hiérarchiser leur statut ( ils vont co- exister dans notre conscience avec les services de sécurité internalisés )

Ce faisant il est acquis que le « bien vivre », comme le « bien santé » relèvent autant de la (re) connaissance de la relation à nous mêmes et aux autres, que de la responsabilité de chacun à entamer le dialogue avec ses fantômes… ce sont eux qui interprètent les signaux envoyés par nos sens ! C’est dire leur rôle important ! ils seront suivant votre choix, des alliés bienvenus, ou des personnes toxiques, au pouvoir immense : de la perte de sommeil, à la dépression, ils parasiteront votre esprit jusqu’à vous aliéner à vie .. prison dorée au paradis ou prison sordide, où est votre liberté?  La question est :

Où sont ces fantômes? ( … pas dans le cerveau)

Pourquoi est ce que je les (re) connais pas? Quelle langue comprennent-ils?

Acceptent-ils de disparaître?…

Comment ça se passe ?

( article extrait du magazine Chatelaine)

Imaginons le scénario suivant : Vous êtes au boulot, quand vous recevez un appel de l’école. Votre enfant s’est blessé et on l’a amené aux urgences. Deux minutes plus tard, vous vous engouffrez dans votre voiture. Direction : l’hôpital. Vous êtes en sueur. Votre cœur bat à grands coups jusque dans votre gorge. Vos mains moites collent à votre volant.

Bref, vous êtes en état d’alerte sous l’effet de l’adrénaline. On appelle l’adrénaline “ l’hormone guerrière ”. Elle mobilise l’énergie disponible pour nous donner la force musculaire de combattre ou de fuir une situation menaçante », explique Tania Schramek, coordonnatrice du Centre d’étude sur le stress humain au Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine.

Les effets de l’adrénaline sont instantanés. Poumons, gorge et narines s’ouvrent pour laisser entrer plus d’air. Les sens s’aiguisent. Les pupilles se dilatent. Devant un danger imminent, le corps se prépare à réagir, à attaquer au besoin. Tout le monde a déjà vécu des montées d’adrénaline. Et les exemples de ses manifestations les plus intenses, comme celui de cette mère qui a sauvé ses sept enfants d’un incendie en les jetant par la fenêtre, abondent.

Mais l’adrénaline n’agit pas seule. Quelques minutes après que sa production a été déclenchée, une autre hormone cruciale vient à sa rescousse : le cortisol. « Cette hormone transforme les gras en sucre pour appuyer l’action de l’adrénaline. Les deux hormones travaillent de concert tout au long de la réaction au stress », dit Tania Schramek. Les effets physiologiques du cortisol sont considérables, mais pas perceptibles. « On l’appelle “ l’hormone espionne ”. »

C’est le cortisol qui prend les commandes pour que l’organisme réagisse au danger. Le mot d’ordre : mobiliser toute l’énergie contenue dans les sucres pour l’expédier à certains endroits précis. Dans les muscles des bras, par exemple, s’il faut jeter des enfants par la fenêtre. Pour une efficacité maximale, certains organes, comme ceux liés à la digestion, cessent de fonctionner. Même le système immunitaire est mis en veilleuse pour faciliter l’action du cortisol.

Dans la vie de tous les jours, en dehors des périodes de stress, le cortisol a aussi un rôle important. Il maintient l’équilibre énergétique du corps. Le cycle de sécrétion du cortisol atteint un pic le matin pour diminuer lentement au cours de la journée. Le fameux coup de barre de l’après-midi, c’est lui.

Revenons à notre sénario. Une fois à l’hôpital, vous constatez que votre enfant va plutôt bien. Tout danger est écarté. Vous respirez mieux. La mobilisation massive des hormones qui vous maintenaient sur le qui-vive n’est plus nécessaire. L’annonce de la fin de l’état d’alerte est lancée. Que fait le cortisol ? Entre autres actions, il envoie un puissant message de faim au cerveau, question de compenser la perte d’énergie que le corps vient de subir. Les fringales ou l’envie d’aliments réconfort après une journée particulièrement éprouvante, ça ne se passe donc pas uniquement « entre les deux oreilles ».

L’action des hormones du stress est une arme à double tranchant. Elles sont des alliées tant qu’elles permettent d’agir et de se défendre contre un danger imminent. Une foule de situations peuvent déclencher leur production : craindre d’arriver en retard à la garderie, vivre une restructuration au travail, avoir un accident de la route. Bref, des incidents imprévisibles, ou nouveaux, ou menaçants. Qu’ils soient tragiques ou banals, ils ont un point commun : ils donnent le sentiment de perdre la maîtrise des événements. « Malheureusement, notre système de survie ne fait pas la différence entre un tremblement de terre et un bouchon de circulation, dit Tania Schramek. S’il reçoit le message qu’une situation est une menace, il réagit comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. »

Vivre des tensions de façon répétitive a des conséquences, on s’en doute. Adrénaline et cortisol sont alors constamment sécrétés en grande quantité dans l’organisme. Le rythme cardiaque reste élevé, de même que la pression artérielle et le taux de sucre sanguin. « Pendant une réponse au stress, les cellules du corps sont insensibles à l’effet de l’insuline, qui a pour rôle de diminuer le taux de sucre sanguin. Le corps garde toute son énergie – donc le sucre – afin de se défendre. Cela explique le lien entre l’exposition chronique au stress et le développement du diabète de type 2, qui est caractérisé par une résistance à l’insuline. »

Quand l’organisme est contraint de produire adrénaline et cortisol jour après jour, le corps doit renouveler constamment ses réserves d’énergie. Il en emmagasine donc, sous forme de tissus adipeux, autour de la taille. C’est une solution pratique, car le cortisol sécrété par les glandes surrénales, situées au-dessus des reins, y a ainsi facilement accès. Au besoin, il puisera dans ces graisses pour les transformer en sucre. Bien des grands stressés se retrouvent donc avec… une bedaine de stress.

Surutilisé, notre mécanisme de défense risque en outre de se dérégler. Le docteur Claude Fournier, omnipraticien du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Beauce, le confirme : de plus en plus d’études scientifiques montrent qu’un déséquilibre dans la sécrétion des hormones du stress précède des maladies dites de civilisation, comme le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires et même la dépression. « Ce sont notre bagage génétique et les facteurs de notre environnement qui font en sorte que ces maladies se développent ou non », précise-t-il.

Selon Tania Schramek, une concentration excessive de cortisol affecte aussi le cerveau. À long terme, elle peut être toxique pour les neurones. Des chercheurs de l’hôpital Douglas, à Montréal, ont découvert que trop, ou pas assez, de cortisol provoque des troubles de mémoire chez les personnes âgées et des difficultés d’apprentissage chez les jeunes adultes.

S’il est constamment sollicité, le mécanisme de protection risque de s’épuiser et le cortisol peut venir à manquer. Résultat : un trop faible taux de cortisol dans l’organisme, ce qui peut mener à l’anxiété et à l’épuisement.

Comment se prémunir des ravages du cortisol alors qu’on ne sent même pas sa présence ? On se fie aux effets tangibles de l’adrénaline – les battements du coeur s’accélèrent, on sent ses joues devenir chaudes, on a des papillons dans l’estomac –, qui fait toujours la paire avec le cortisol dans les périodes de stress. C’est une sonnette d’alarme, le signal que le mécanisme de défense de l’organisme est déclenché. Il faut alors relativiser la situation. Y a-t-il un danger réel ? Si oui, à l’action ! Mais s’il n’est pas question de vie ou de mort, mieux vaut utiliser ce flot d’énergie pour stopper le processus. Les méthodes pour « respirer par le nez » ne manquent pas, dit le docteur Fournier, qui travaille auprès de groupes pour contrer les méfaits du stress. On n’a qu’à penser à l’exercice, à la méditation ou au yoga. « Il faut débrancher le pilote automatique quand on se lève le matin et être plus conscient de sa façon d’agir et de réagir face aux événements de la vie de tous les jours. » Si les périodes de stress en viennent à faire partie du quotidien, il est sans doute temps de changer sérieusement sa façon de vivre.

Envie de plus de liberté et de « mieux vivre »?

Programmes & ateliers :

Yessss

Apprendre à converser avec ses fantômes

( interventions individuelles ou collectives )

Contact :  Lefebvremichele2 @ gmail.com

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