savoir ma valeur, mes valeurs

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Il est difficile pour chacun d’entre nous d’accepter les critiques ; le regard des autres nous importe, puisque notre sentiment d’existence nait de nos interactions avec les autres et le monde.

Tout accepter, pour se faire accepter, conduit à une forme d’aliénation de soi : le souci de plaire à l’autre, ou autre version, ne pas déplaire à l’autre, pour garder une bonne image de soi.

Se voir au travers le regard de l’autre, signifie qu’on ne se donne pas de valeur par rapport à ses propres critères.

Dans une boucle enfermante, la confirmation de ma valeur me fait revenir à moi par la médiation du regard de l’autre

Est-ce à dire que je dois refuser les critiques, ou les opinions qui me feraient douter de ma réalité, de ma valeur  ?

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Il semble que chacun a « des raisons » d’avoir « raison » et que souvent nous ne validions pas le contenu des « valeurs » sous tendues dans les conversations . Chacun parle à partir de ce qu’il croit vrai ! à partir de ses expériences. Notre cerveau fonctionne suivant des schémas pré- établis , et au risque de créer une désorganisation et un chaos émotionnel, il maintiendra coûte que coûte la seule solution qu’il connaît. Douter ainsi peut s’avérer une expérience très inconfortable, voire éprouvante.

Le but est de me sentir «  quelqu’un » , sans la médiation du regard de l’autre. L’Autre n’est pas la mesure de ma valeur, mais le compagnon de mon chemin. Si je me sens à l’aise, bien avec « qui » je suis dans la relation, ma crainte de « faillir » , ou confronter la désapprobation, ne fait pas barrage à la communication ; ma « conscience » du « Je » dès lors peut s’enrichir du feed back de l’Autre – c’est même la condition pour me sentir (existant) bien avec l’autre ; la différence est d’importance : c’est le contact premier que j’initie avec la personne : « je » te regarde » et je « te » vois. Le principe de réciprocité joue dans les deux sens, idéalement.

Le principe de réciprocité a besoin d’être validé : si je donne toute mon attention à l’autre, je risque de m’oublier « moi ».

A quoi je sais que « l’autre » m’accepte ? …..je me vis acceptable »quand…

A quoi je sais que j’accepte l’autre ? …..il se vit « acceptable »quand…

Lorsque nous ne recevons pas l’attention que nous croyons mériter, nous réagissons par une fermeture, avec un énorme sentiment de frustration;  nous versons dans la réactivité primaire , parce que notre sentiment d’intégrité est touché : je me sens « menacé » et « nié dans ma singularité » ; le « je » fusionne avec la pensée, l’opinion,ou l’image que j’ai intériorisées de ce que j’appelle le  « moi ».  La frustration répétée se mue en souffrance : celle  ne pas se sentir « vu » « entendu » « aimé » « accepté »….re-connu pour « qui » nous nous sommes) ; pour justifier du ressentiment qui s’installe, nous attribuons à l’autre la « cause » de notre souffrance, de notre humiliation, de notre sentiment de rejet.. autres .

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Ce besoin de reconnaissance, est à la source du besoin « d’existence« ; on peut « vivre », et ne pas se sentir exister. Jankéléwtich le philosophe affirmait que le « mal être » ( = le mal exister) n’avait pas de sens : le coeur bat et ça respire, alors ça vit, ou ça meurt . Seul , le « vivre bien « , mériterait notre attention : il traduit la mise en mouvement et la confrontation avec l’inconnu . Quelle direction? quel choix? quel but? pour qui? pour « quoi faire »? ..la conscience de l’existence  ( je me vois vivre ) ouvre tous les questionnements.

L’autre attitude, est de questionner notre  compréhension de la situation : d’où parle-t-l’autre ? Ai-je bien compris ce qu’il exprimait ? De quoi a-t-il besoin ? Plus nous sommes conscients des valeurs que nous voulons sauvegarder, de ce qui « nous » importe, mieux nous déployons l’éventail de ce qui nous motive en profondeur, et mieux nous savons interviewer  l’autre , et lui attribuer  la responsabilité de son opinion . Nous sommes là dans une relation ( inter-action ) vivante et respectueuse de l’autre.

Le questionnement est le gardien de notre lucidité : le doute ne doit pas toucher notre sentiment d’intégrité, parce qu’il ne cible pas « nous » en tant que « personnes », dans notre singularité, mais l’image du« soi » . L’image de soi est l’idée imaginaire de « qui » nous sommes dans le monde . Cette image de nous-mêmes agit comme un médiat , s’interposant entre la réalité du monde et l’interprétation de ce qui se passe . Nous ne voyons , entendons, ressentons, que ce que nous sommes préparés à voir, entendre, ou ressentir.

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L’image de « soi » est composée d’idées que d’autres ont émis, et que nous avons reprises à votre compte, comme évidentes. La normalité ( la « norme ») vient de ce que nous n’apprenons pas à questionner l’origine de ces idées, et la plupart du temps, nous considérons que cela va de soi , et nous limitons sans le savoir, notre créativité et notre imaginaire, sans le vouloir : nous prenons juste ce qui vient comme « normal ». L’homme moderne privé de son histoire, va se glisser dans le « prêt à penser », appauvrissant par la même toute inventivité et projection dans un futur meilleur, ou simplement viable ; il est occupé à fidèlement reproduire les modèles qu’on lui propose. Le problème se présente, quand le costume qu’on lui a taillé, se révèle trop étroit et l’empêche de se mouvoir avec liberté.

Cet exercice du questionnement, ne nous y trompons pas, est difficile. Et il arrive souvent que nos proches, ceux que nous croyions connaître, soient enfermés dans leur propre logique : ils ne vous laisseront pas entrer sur leur pré carré…leur territoire de confort et de sécurité;  sentiment d’existence, ( cerveau archaïque ) et besoin de vivre bien ( complexité des choix ) sont étroitement intriqués.

Notre sentiment d’existence est ainsi rarement questionné.

…« Qui » suis-je ? » ..Qu’est ce que je veux? Qu’est ce que je fais pour ça? ..

Apprendre à penser et agir en être autonome, est essentiellement dépendant de l’éducation : dans la famille, à l’école, ou dans la Société. C’est la recherche d’un juste équilibre entre les Conventions du groupe auquel on appartient, et le désir de se différencier pour exercer sa liberté ou sa créativité : les créatifs et novateurs ont toujours transgressé la pensée ou les convictions dominantes ( Galilée .. au risque le de leur vie parfois )

lefebvremichele2@gmail.com

gentil clown

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