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Décision indécise


Ne pas savoir prendre une décision, à un moment critique, peut s’avérer fatal . Pourtant, le cerveau a appris au cours de l’évolution,  des stratégies de survie très acérées : quand les indicateurs sont au rouge, c’est « flight or fight ». Pourquoi le lièvre ne s’enfuit-il pas devant son prédateur ? Sa seule chance de survie est de fuir. Pourtant il reste sur place, intrigué, intéressé … Spectacle inédit : Dame Belette exécute une danse qui intéresse, puis captive son attention, jusqu’à la fascination.

En quoi cette séquence peut-elle nous éclairer sur nos stratégies de « survie » ?  La sur-vie, c’est au delà de la vie, au delà de ce que nous connaissons de la vie habituelle. Pour l’économie de la vie « normale », nous sommes préparés à traiter de très nombreuses tâches, « connues » de nous ; notre mémoire a engrangé ce que nous avons appris de l’expérience, les circuits existent dans notre cerveau. Stimulation, réaction, réitération, reproduction, renforcement, c’est le cycle des phases d’apprentissage;  nous avons ainsi appris à nous mouvoir dans notre environnement: marcher, parler, rouler en vélo, puis  en automobile..etc;  notre cerveau archaïque, par delà notre conscience commande aussi des actions de façon automatique, qui permettent notre respiration, le battement de notre coeur,  la fabrication d’un bébé, etc … .. Tout est bien, sauf situation imprévue : que fait le cerveau du lièvre ( comme le nôtre) ? il scanne sa base de données, et quelque chose se passe, qui le cloue littéralement sur place ; le plaisir des yeux qui gradue  la curiosité, jusqu’àu charme irrésistible, et la fascination va court-circuiter les connections neurologiques habituelles, et dès lors il subit d’autant plus volontiers le spectacle ravissant de Dame Belette. Ce n’est pas le bon réflexe,……et la mauvaise décision, par défaut. Est-ce rare ? Est-ce que notre « intelligence » des situations peut nous faire défaut? ….?

Si nous vivons des situations connues, les circuits de réponse sont prêts à être ré-activés. Par une stimulation, qui peut être une pensée, une image, une odeur, une sensation , toutes les perceptions sensorielles associées ( cablage/circuits) vont faire resurgir les expériences, heureuses ou malheureuses,  liées à un évènement; nous faisons ainsi renaître des situations passées, et les ramenons au présent : et les réponses que notre cerveau va proposer sont d’abord celles qui nous servent a gérer au mieux les situations rencontrées :

Super, c’est agréable et j’ai envie de re – vivre ça ( rencontre amoureuse)… Oula! je n’ai pas envie de re- vivre ça : je résiste ( je n’aime pas du tout les conflits ) …Je doute et je ne sais pas quoi faire, alors je contourne, ou j’évite la confrontation.( je n’ai pas de solution )

IL semble que notre « intelligence des situations », à l’instar de ce qui se passe pour ce lièvre , est tout autant perturbée, lorsque la nouveauté a ce pouvoir d’attraction (fascination et perte de vigilance ); simple ! Remémorez une rencontre amoureuse ! La chaleur du moment, une douceur familière, se manifeste immédiatement Dans votre corps, et toutes les sensations réapparaissent. Si la conquête de l’être aimé est récente, même, vous pouvez rester dans un état second, à volonté : la pensée de la prochaine rencontre tient les sens en éveil, vous submerge. Vous chaussez des lunettes roses, et vous survolez le temps sur un nuage, presque oublieux du temps présent. Les humoristes taclent  les « plans drague » dans leurs dessins, et nous en rions parce que nous les comprenons: ils nous sont familiers, d’une certaine manière.

Ainsi nos pulsions reconstituent une dynamique irrépressible; qu’elle soit orientée vers la satisfaction de besoins primitifs ( sexe nourriture et agression) ou dédiée aux satisfactions du plaisir social :  être quelqu’un ( statut pouvoir possession or/monnaie) . Réprimer les pulsions est vain et dangereux ; paralysie ou explosion, les deux semblent incontrôlables, et notre vie mentale peut ainsi osciller entre une extrême et une autre inlassablement. Nous sommes un peu des esclaves qui s’ignorent; les neurones, lorsqu’ils sont répétitivement activés, créent des connexions, intrication d’émotions et de pensées. Pour de nombreuses personnes, ces comportements génériques sont subis, et rarement questionnés. Or, sans le savoir, les mêmes processsus sont en cause, quand  le balancier oscille avec autant d’intensité, dans l’état de plaisir, que dans l’autre sens, pour des émotions liées au déplaisir – voire la peur, la terreur. Quand nos pulsions semblent avoir le dessus ( je ne pouvais pas y résister , quelque chose m’y a poussé, ce n’était pas « moi » et pourtant je savais …. ) petites et grandes décisions sont souvent la résultante d’un conflit entre la peur de manquer, et le désir qui commande l’action.

Le désir provoque un appétit de satisfaction irrépressible, immédiat,  et par ce choix, dès lors, on parvient à atténuer les angoisses qui enserrent le mental ( et le corps ). On croit faire ce qui convient, ce qui semble évident et bon dans l’instant;  et la raison viendra justifier ce choix ( je ne peux pas le quitter.. il n’est pas toujours comme ça, dit la femme subissant la violence conjugale). On croit faire ce qui convient, ce qui est rationnel : la méconnaissance des ressorts motivationnels , véritable matrice de l’affect, fait prendre le risque d’avancer en « aveugle », en priant Dame la Chance ! On consulte les astres, les voyantes.. pourvu qu’on reçoive une réponse rassurante. L’action soulage et permet du surmonter l’appel du vide, ou le chaos. Le désir , et la  peur ne sont pas étrangers l’un à l’autre : ils sont intimement liés; la peur nourrit le désir d’action , qui calme et soulage l’angoisse du « rien »; réciproquement le désir crée la peur de ne pas savoir, de ne pas être  à la hauteur de vos appétits, vos ambitions.

La fuite en avant 

Dans les situations de crise, nous avons tous développé des stratégies de fuite : TOUT sauf l’inconfort du chaos qui nous trouble ! Si la situation est frustrante, nous allons (mal) accepter la frustration;   si la situation est effrayante, nous allons (mal) vivre  la terreur; si la situation est en contradiction avec notre vécu, nous allons vont (mal) gérer les conflits d’intérêt … comme pour l’état amoureux,  les émotions sont sur « pilote automatique » : elles répondent à des stimuli , qui activent les circuits neuronaux, tels des programmes installés à la force de la vie, des habitudes, et des limites qui leur sont imposées ( environnement ). Il arrive qu’après des évènements traumatisants dans leur vie , tout le corps se paralyse, et le cerveau bloque les rouages de la rationalité. Comment alors se remettre en mouvement ?… allô docteur?

Peut-on en conclure que nous sommes pilotés par notre cerveau?

Si la  « fascination » trouble le jugement du lièvre, c’est que le cerveau ne sait pas interpréter la situation nouvelle.. Ou encore cerveau refuse simplement de confronter une réalité. J’ai relevé cette interview de Anne Sinclair, qui contient tous les ingrédients d’un roman de vie.. en laquelle beaucoup de mes consoeurs (et confrères?) se reconnaîtront sans doute.. Notre naïveté a-t-elle ce pouvoir de « vouloir croire?..

Un certain nombre de processus internes règlementent et assurent nos processus de pensée  : ceux-ci incluent des besoins profonds, des souvenirs, des croyances, de modèles mentaux, des valeurs et des orientations personnelles. Hors notre conscience, sans que nous le sachions, notre vie peut être silencieusement sabotée, notre santé sapée : la fatalité? …. ou l’envie de suivre notre fantaisie? ( raison de vivre) notre conviction? (raisons de croire ). Une personne qui mène une vie très saine, se retrouve atteinte d’un cancer.. ou autre déficience immunitaire …fatalité? .. pas vraiment : cette personne vivait totalement déconnectée des messages de son corps, coupée de son corps . Croyant contrôler son corps, elle souscrivait à une discipline très sérieuse… refusant l’écoute de conflits silencieux ( sous l’emprise d’une injonction terrorisante, ou d’un souvenir enfoui etc..)

Un dernier constat : La partie du cerveau, nommée le cerveau reptilien (instinctif) assure basiquement le rôle d’exécutant : dirigé par l’instinct, ce cerveau contient le savoir ancestral de l’espèce et une partie du système involontaire. Ce cerveau est obsédé, uniquement, par sa propre survivance et non par celle de l’individu, par le contenu et non le contenant , et ce qui loge dans nos têtes est 100% emprunté à notre environnement:  notre mémoire n’est que le reflet de cette inconscience. il n’existe pas à ce niveau de jugement, ni d’arbitrage,  pour savoir le bien ou le mal;  sa seule fonction est d’activer des processus instinctifs, lorsqu’on active un déclencheur… Il s’agit de considérer les instincts comme faisant partie de votre vie,  être patient avec la peur , ou le désir – sans la volonté de les supprimer : ne tentez pas de vous convaincre, ou de justifier vos actes, lorsqu’ils sont l’expression de vos pulsions, ou réactions non contrôlées ;  ne pas réprimer vos pensées ou sentiments pour alimenter votre culpabilité ( tu es nul, tu es mauvais, tu le mérites, c’est ta faute..);  prenez la mesure, au moyen de l’ introspection, d’une conscience plus aigüe de vos besoins : c’est un arbitrage entre la peur et le désir . N’agissez pas « selon votre nature » !! la spontanéité de l’enfance est charmante, chez l’adulte, elle devient naïveté… Si votre nature commande  l’expression d’une réactivité jamais questionnée vous êtes l’esclave de votre conditionnement ; Les parties » supérieures du cerveau, ont besoin d’être consultées aussi .

« L’homme ne peut découvrir de nouveaux océans , tant qu’il n’a pas le courage de s’éloigner  des côtes » 

 

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Ai-je besoin d’un « Gourou »?

Avez vous vous besoin d’un gourou?

Avec les technologies nouvelles, une véritable économie de la Connaissance s’est développée : chacun d’entre nous détient au creux de la main un outil interactif qui offre instantanément des réponses à des questions, ouvre des fenêtres au-delà de ce que nous pourrions percevoir.

Ce qui relevait autrefois de « codes invisibles », est démystifié par des explications scientifiquement établies . la part du mystère a reculé dans nos sociétés sécularisées au profit du la « Raison » et de la croyance au Progrès soutenu par l’intelligence évolutive.

Alors que vous progressez dans votre réalisation de vie, personnelle ou professionnelle, tôt ou tard, la question se pose : « Ai-je besoin d’un gourou ou, est-ce que je peux le faire seul? « 

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Types de gourous

Le mot Gourou signifie ( tradition orientale ) «déchirant les voiles de l’obscurité. » Toute personne ou tout ce qui vous aide à percer les couches de l’ignorance, faisant obstacle à la révélation de votre essence véritable (« qui je suis » ) est un type de Guru.

Dans un sens spirituel, un gourou est quelqu’un qui va vous aider sur votre chemin de la Réalisation du Soi.( ôter votre conditionnement et accompagner votre libération des attaches ( sens symbolique ) Il existe de nombreuses confréries « laïques » qui officient secrètement ou non, et situent leur philosophie au carrefour de l’humanisme et de la spiritualité orientale

Le gourou peut aussi désigner le manipulateur d’un groupe religieux sectaire. (ôter le discernement des individus en fixant leur adoration/ ou la dépendance à un dogme – par le truchement de drogues, ou virus de pensée , qui participent à la destruction du sentiment de soi, et du libre arbitre)

Les nouveaux gourous ?

 Pourtant, de nos jours, bien que le sens « spirituel » se soit affaibli, les « gourous » de toutes sortes ont fleuri dans nos sociétés . L’Autorité/pouvoir qui s’appuie sur la Connaissance ( ou expertises pointues ) s’est déclinée dans de nombreux domaines.

Pour exemple, un florilège de spécialistes, autour des sciences de l’éducation…et parmi ces doctes personnes, certaines ont ce talent de nous « inspirer » , nous « enchanter » « nous emmener » : elles élèvent notre pensée et notre imaginaire au dessus de la médiocrité ( ou ignorance) à laquelle nous sommes tous confrontés. Elles se donnent aussi pour mission de transmettre et garder vivantes nos valeurs d’humanisme.

( termes anglais faciles à transposer)

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Double mission donc des « passeurs de connaissance » :

Instruire, nourrir  et structurer notre intellect

Éduquer,  et mettre en cohérence les savoirs et l’agir : sens et éthique

Qui sont nos gourous ( personnes d’influence ) aujourd’hui ?

Vos premiers Gourous étaient vos parents. Vos enseignants et professeurs d’université ont également exercé une influence, quelque part semblable à celle des Gourous ; peut-on y ajouter l’influence des prêtres ou d’un rabbin ?Tous ceux qui vous ont fait grandir en autonomie dans votre sphère personnelle. C’est en quelque sorte la « matrice » de notre sens d’existence. Nous apprenons le monde et commençons à fabriquer notre histoire.

Vos animaux de compagnie et de la nature peuvent également être vos professeurs, et … L’université forme en continu des « maîtres » (experts) dans tous les domaines : il y a même des « gourous » de la finance et de l’internet : on ne discute pas leur savoir.

Nous avons tous une déférence naturelle envers les « savants », lorsqu’ils développent avec clarté des concepts qui nous parlent, dans notre soif d’intelligence et de compréhension de notre place dans le monde ; la profondeur de leur savoir, la maîtrise de leur discipline, participe à structurer notre pensée, ouvrir des perspectives et nous économise des recherches dispersées.

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Plus prosaïquement, nous recherchons tous des « modèles », et heureusement pour nous , des hommes ont marqué leur époque, et interrogé l’ordre du monde.

Est-ce qu’une meilleure compréhension du monde, participe à rendre le futur meilleur ?

La quête de savoir et le développement de la connaissance au service de quelles valeurs ?

En somme l’idée d’un savoir utile, serait d’utiliser ce que nous savons, pour réaliser un projet de vie, et devenir qui nous sommes.

La bonne mesure de l’utilité de la connaissance, est de savoir faire beaucoup avec cette connaissance : sens de la maîtrise. Ce n’est pas tant le cumul des connaissances, qui est visé, mais l’excellence, le pouvoir de faire bien avec la connaissance. Parler bien , pour agir bien.

L’autre pendant, de l’utilité de la connaissance, est d’anticiper le futur,  vers plus de « bonheur », plus de maîtrise de notre sort, tant individuel que collectif : que fait-on fait du savoir ? Comment   asseoir les leçons de l’histoire? le cheminement est-il linéaire? Comment concilier la diversité des savoirs et des cultures, et l’universalité des valeurs éthiques?

Le savoir donne-t-il une « Autorité » naturelle ? (comment l’exercer ?)

Ou bien le savoir nourrit-il notre « pouvoir » d’agir bien ?.

Deux enfants reçoivent la même instruction ( savoir ) la même éducation ( savoir se comporter avec des règles éthiques), et pourtant l’un finira en prison, l’autre occupera une place honorable  et digne dans la société. Les sociologues multiplient les études et les recherches. Si le savoir « éclaire »( raisonnement formé, structurant ), si l’éducation éveille à la conscience de l’autre  ( réciprocité) , comment fonder le sentiment moral et éthique ? (à titre individuel et collectif) . Le « mal » et « le bien » peuvent-ils cohabiter dans le même cerveau?

Acquérir la Maîtrise ( Exigence d’Excellence )

Les enseignants qui « inspirent » : que peut-on en apprendre ? Qu’attendre alors de cette « transmission » ?

Nous pouvons choisir d’apprendre d’un « maître » grand, vivant ou mort.Nous pouvons apprendre beaucoup de grandes intuitions de ses enseignements, mais le manque de contact personnel peut limiter nos progrès lorsque des questions se posent. Il se produit dans les interactions que nous avons avec les enseignants, une dynamique féconde : la relation de confiance, parce que le bon enseignant sait autant vous écouter, que vous transmettre son savoir. Le bon enseignant est celui qui va opérer ce double mouvement ; proposer à votre curiosité un savoir, ou des hypothèses, et faire émerger une conscience nouvelle, qui ouvre à d’autres questionnements; le bon enseignant ne sait pas tout, et accepte de ne pas tout savoir; la connaissance est circulante : chacun s’enrichit de l’expérience de l’autre, l’interaction réfléchit ( miroir réfléchissant )  notre nature profonde. N’apprenons-nous pas de nos enfants? N’y a-t-il pas à apprendre de « l’étranger »? Le bon enseignant nous touchera, parce que l’ émotion de la confiance installe chez nous un sentiment de sécurité. Nous engagerons alors notre cœur (motivation / coeur au ventre) dans la liberté qu’offre une intelligence bien nourrie. Notre compréhension, est que l’interrogation (examen)  n’est pas de valider la conformité des réponses à ce qu’on croit vrai, ce que les autres croient vrai, mais d’initier le questionnement créatif : comment je mets en projet ce que je comprends? Historiser les connaissances, contextualiser les situations, et ne pas tenir une opinion ( façon de penser le monde ) pour certitude absolu. Changer les perspectives et les points de vue, aborder les situations avec différentes postures : c’est une boucle sans fin..

J’observe ( position de recul )

Je décris les faits( vus par mon observateur)

Je me laisse ressentir les choses ( sentiments , peurs etc..)

Je me projette en tant qu’acteur  : je dessine le paysage de mes objectifs, ou un rêve.. :

Est-ce à quoi je voulais  arriver? ( cf carnets de Léonard de Vinci )          vinci58

J’évalue les résultats, et je compare ( consulter les autres, initier le dialogue ..etc..)

Notre finitude et l’effroi de la mort ( finitude )

bottero-la-mortLa résurgence des besoins spirituels dans nos sociétés, vont de pair avec le désenchantement du monde : l’homme a semble-t-il besoin de croire au Beau, au Bon, au Juste… et la recherche d’un but traduit sa quête d’un rôle dans le monde, pour lui même ; il recherchera un idéal, une histoire, un récit, qui justifie son investissement (temps et énergie) et son « passage » dans le temps

Le sens de la mort et la place du sacré

Régis Debré dans son dernier livre, développe cette idée du sacré , qui traverse l’histoire de l’humanité.. ; le « sacré » selon lui se dégage depuis 200 000 ans, depuis le moment où l’homme se fait enterrer avec des objets ou des victuailles, parce qu’il a opéré ce décollement de lui même, qu’il croit à la survivance d’une âme, au delà de la disparition de son corps. Le sacré se manifeste quand l’homme ressent une forme de transcendance ( lors d’événements historiques, on ressent au delà de l’émotion , une « exaltation » ( foi?..) de la foule, sorte de « ressaisissement » à contrecourant.. etc..

Un « Chaman » enseignant la rigueur et la discipline qui seules permettent d’avancer sur le chemin de la « connaissance » ( pouvoir sur soi et le monde ) incitait son disciple à embrasser sa totale responsabilité pour ses choix, et les actes qui en découlent  : « quand tu prends un engagement, tu dois être prêt à mourir pour ça ! »

Nous sommes très éloignés de cette façon de penser : entre le « dire » ( ce que nous pensons vrai) et le « faire » , ( notre pouvoir sur les choses ) nous faisons appel à une armada d’avocats qui démêleront dans le labyrinthe des lois , ce que nous pourrons décider.

Il existe bien différents niveaux de savoir, et différents plans de réalité : et notre esprit a besoin de se nourrir à différentes sources, pour déceler dans notre histoire, personnelle, et collective, une cohérence qui apaise nos doutes existentiels.

La subjectivité est notre lot – et le débat n’est pas nouveau. (Socrate, Platon etc..)

Sommes nous dès lors éloignés de la définition par Einstein de l’être humain ?

Un être humain est une partie limitée dans le temps et l’espace. Il fait l’expérience de ses pensées, et de ses sentiments comme quelque chose séparé du reste, une sorte d’illusion optique de la Conscience. Cette illusion est pour lui une prison qui le limite à ses désirs personnels et à l’affection pour les quelques personnes de son entourage. Sa tâche est de se libérer par lui même de cette prison en élargissant son cercle de compassion jusqu’à y inclure toutes les créatures vivantes et la nature entière, dans toute sa beauté.

Que dit la Science ? Comment est-ce que notre cerveau traite les informations ?

 Pour l’expérience, évoquons un magnifique coucher de soleil sur la mer.

Des ondes électro-magnétiques ont agité des molécules , fabriquant une stimulation qui arrive dans le cerveau. Nous ne sommes pas à la mer, mais dans une pièce close : l’image de ce coucher de soleil éveille en nous des souvenirs émus. Avons nous expérimenté « des ondes électriques »  ?

Où se trouve l’image alors ?

Notre cerveau reçoit des informations par nos sens : par exemple regardons ce nu

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Nous voyons une forme et des couleurs : comment notre cerveau va-t-il percevoir ce corps représenté? L’IRM (Imagerie Résonance magnétique) explorant le cerveau à ce moment là ne captera pas l’image dans le cerveau,  mais photographiera les zones excitées par la vue…(stimulation de circuits neurologiques)

Où est la couleur bleue du coussin ? ce sont des photons qui arrivent à votre rétine ( éclairage rasant), l’électricité atteint une zone du cerveau sans couleur expresse ! (qu’est ce qui se passe dans votre cerveau ?.. à nouveau la couleur n’est pas visible dans le cerveau.

Cependant nous ressentons le « plaisir des yeux », et y ajoutons des « sentiments » ( j’aime , je n’aime pas ) ou un jugement de valeur ( je ne peux regarder: c’est impudique , ou bien , j’aime la volupté qui se dégage de cette image..etc..).

Le cerveau va ainsi activer des composants chimiques… et selon l’interprétation, les hormones déclencheront des états heureux ou malheureux.

La transduction neurobiologique d’un stimulus en information reste encore inexpliquée. L’œil n’est que le senseur ( le nerf optique reçoit les ondes qui vont de l’objet à notre œil) ; notre cerveau va traiter les signaux lumineux. L’image optique résulte d’un travail mental dont la rétine assure la logistique et les neurones la stratégie. Ce sont eux qui sélectionnent l’information, de sorte que nous projetons le visible autant que nous le recevons. Et de même qu’il n’y a pas de dualisme entre le physique externe ( les rayons lumineux et les formes perçues ) et le cognitif interne (la structuration qualitative des formes) , il n’y a pas d’un côté une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblé » ( Maurice Denis ) et de l’autre, une femme nue. Les deux adviennent en même temps, sans avant ni après en un même « tableau ». *** (  vie et mort de l’ image : R Debré)

Ainsi pouvons – nous interroger notre vision, notre interprétation du monde :

Qu’est ce que « la réalité » ?

                        Nous ne savons pas

D’où vient la « conscience » que c’est une réalité ? (est-ce vrai ?..)

                        Nous ne le savons pas

En quoi votre discernement est-il sollicité de façon impérieuse ?

Nous sommes des êtres « sensibles » éminemment influençables, et les illusionnistes apprennent à détourner notre attention, pour tromper notre perception de la réalité. … C’est le principe de la « transe hypnotique » qui nous est tous connue, et naturelle : le rétrécissement du focus de l’attention, va nous leurrer, en masquant des informations ( paroles pas entendues, images gommées, sensations aliénées etc..).

Ce qui veut dire que l’interprétation de mêmes faits, peut être diversement racontée, avec la même conviction de véracité, par différents témoins : chacun a « vu » les choses se produire, et les explique différemment.

Un Avocat m’expliquait un jour, que si les « escrocs » portaient une inscription « escroc » sur leur front, personne n’accepterait de se laisser escroquer .. Dans une escroquerie, il y au minimum deux parties : celle qui fait croire, et l’autre est celle qui veut croire…

Sceptique ? Testez vos déceptions amoureuses ; la personne que vous quittez n’est-elle pas la « même » que la personne qui vous a « envoûté » ?

Vous avez « vu », ce qui maintenant vous déplait , mais vous n‘avez pas douté à ce moment là : une petite voix vous a convaincu que ce n’était pas grave !!! Et puis vous vous êtes réveillé un jour : « je le savais » !! Le « charme » a cessé… Qui a créé la tromperie? Qui a voulu croire ? ( justifications etc..) et pourtant ,à ce moment là, c’était un choix qui s’imposait à vos sens ! Je suis bien avec cette personne; je me sens familier avec cette personne, tout coule de source et nous nous « entendons bien » ..( exemple: je n’ai pas remarqué son habitude marquée  à consommer de l’alcool  systématiquement lors de nos sorties et rencontres : aujourd’hui je comprends qu’elle a un problème avec l’alcool, qui prime et empêche de développer notre relation … Comment ai-je fait pour occulter ces habitudes « visibles »…)

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Notre rationalité est faussement considérée comme l’aiguille de la boussole, qui nous préserve des errements des affects : le trop de connaissances ( arrogance de celui qui « sait » tout ) comme l’ignorance (celui qui croit tout savoir) conduisent à deux postures « radicales » et dangereuses par définition. Le noir ou le blanc ? Avoir raison ? ou avoir tort ? avancer ? ou reculer ? Nous irons naturellement vers ce qui nous fait le moins peur. La raison ne peut rien contre les peurs. Le problème est que nous réagissons d’abord à ces peurs, puis nous justifions nos choix.

Il semblerait que nous soyons soumis en permanence à nos propres « transes hypnotiques », qu’on pourrait appeler « automatismes non conscients », ou « zones d’aveuglement » et cela nous suggère d’interroger la source même de ce que nous croyons savoir, et la façon dont nous apprenons, pour acquérir des connaissances.

La science qui fait avancer notre connaissance de l’infiniment petit, et de l’infiniment grand, se trouve face à de nouvelles frontières.

Notre cerveau est un magnifique robot – et nous ne voulons pas nous mesurer aux robots. Notre mesure est la dignité de l’homme et la libre conscience.

 

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L’art de dépasser les limites de notre enveloppe a toujours fasciné l’homme ( Icare ne s’est-il pas brûlé les ailes ? )

Les artistes nous emmènent dans la poésie, l’imaginaire fou…. et la folie ne réside pas dans l’imaginaire débridé, mais de ce qu’on fait des images et de la captation des illusions de réalité.

Illusion ou expérience d’exaltation, c’est à vous de comparer et vous informer ; ceux- là , qui méprisent la connaissance, ou le contraire , ceux qui  prétendent détenir la Vérité, vous abusent par leur charisme , et même si vous passez beaucoup de temps avec eux, ils ne vous aideront pas à progresser beaucoup.

« Gourou » ou pas « gourou » ?

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Nous trouvons tous sur notre chemin des opportunités d’apprendre , des expériences et des autres. Le savoir est une richesse circulante : échanger un billet de un euro avec un ami, est sans intérêt ( au sens propre) – échanger des savoirs avec une autre personne, enrichit les deux parties …

Il y a la perméabilité que nous offrons à l’autre, mais aussi la responsabilité de ce que nous transmettons.

Notre liberté et notre dignité personnelles ne souffrent pas d’aliénation, et nourrir régulièrement ce petit questionnaire avec honnêteté, vous aidera à sortir des pièges de vos peurs. Restez accroché à votre étoile, et laissez vous guider sur le chemin par ceux qui ont éprouvé les obstacles.

Qui suis-je ? ….

Qu’est ce que je veux?

Quel est ma recherche? ( finalité objectif intention )

Comment je contribue à avancer les choses

Qu’est ce qu’une « bonne relation» signifie pour moi ??

Comment je définis une belle amitié?

Quelles sont mes capacités ( facilités ) et ce qui me rend unique ?

Comment je les utilise?

Qui sont mes mentors ( guides ) ?

( dans l’histoire ? la science ? la religion ? au sens d’ éthique de vie, l’éthique de l’agir   )

Quelle activité partagée me met en joie ? ( musique ? art ? danse ? amour d’un enfant ..autre…-

L’apprentissage et le développement de notre discernement, s’inscrivent  dans le temps.

  • savoir où on est, d’où on vient ?
  • savoir où on veut aller
  • savoir ce qu’on attend du savoir

lefebvremichele2@gmail.com

Vos questions, vos commentaires sont les bienvenus !

le charme opère-t-il?