Category Archives: decisions

Mère Noël et Père Noël

Courses effrénées dans les boutiques, et les parents s’efforcent de répondre aux désirs de leurs enfants : le rêve est présent, l’envie de donner de la joie et du plaisir ; la convivialité promise, et les traditions à honorer, portent les pensées et les affects.

            Les Pères Noël et les Mères Noël sont tous de bons parents : ils veulent ce qu’il y a de plus beau pour leurs petits, ils veulent que leur petits reçoivent au moins autant, sinon plus que ce qu’ils ont eux mêmes reçu de leur parents.

Capture d_écran 2017-12-13 à 13.20.50

            Il y a des Pères noël qui ne vivent plus sous le même toit que les Mères Noël… alors les cadeaux sont démultipliés ; parfois c’est pour l‘amour de soi, montrer qu’on est « pas déméritant ». Les « petits » en profitent aussi : ils apprennent à exploiter les faiblesses de Mère Noel et Père Noel…

Si vous les croyez innocents et purs, souvenez vous de votre enfance : vers qui alliez vous pour être sûr de satisfaire une demande, un désir ?….  N’est ce pas le moment de parler de cet « enfant intérieur » qui est enfoui au dedans de vous même ?

Capture d_écran 2017-12-13 à 13.19.34

            J’ai vécu récemment un épisode très émouvant avec une petite fille hospitalisée, Nora  ; un dialogue s’est noué au fil de la visite, dans l’intimité de la chambre

  • -« J’ai mal à la tête, se plaignait-elle ; j’ai mal à tout mon corps, je sais pas t’expliquer ….
  • – Tu as mal à la tête ? ..
  • –  là…
  • – Et aussi dans ton corps ?
  • oui..
  • As-tu l’impression que tu voudrais des choses et que tu es empêchée ?
  • Je ne voudrais plus être malade… j’en ai marre d’être malade; j’ai peur de rater la fête des écoles.. comme l’an dernier, tu sais quand j’étais tombée et que mon genou était blessé.. je veux aller au théâtre avec ma classe.
  • Je comprends bien ; tu veux guérir alors ?
  • Oui…
  • Et là tout de suite, de quoi aurais-tu besoin ? …
  • Maman, je veux maman à côté de moi… ( pleurs)
  • D’accord je vais la prévenir au téléphone ; elle rappellera dès qu’elle sera libre dans son travail.. ( câlin)
  • Et si tu demandais à la petite fille qui est au dedans de toi ?
  • Demander quoi ?
  • Je ne sais pas : demande lui ce dont elle a besoin, elle ?
  • … Comment je fais ?
  • Tu fermes les yeux, et tu poses ta question ; tu écoutes la réponse
  • Rien – j’ai pas de réponse … et puis elle n’existe pas ! c’est même pas vrai que j’ai une petite fille dans moi !
  • Ben, …écoute , moi j’en ai une !
  • …. et tu lui parles ?
  • Oui…
  • Quand tu es amoureuse qu’est ce qu’elle te dit ?
  • Que c’est chouette de rire et de parler ensemble… et alors, l’autre Michele qui est là avec toi, lui répond.
  • Qu’est ce qu’elle dit ?..
  • Elle dit, qu’elle est d’accord ; et elle rappelle à la petite fille, que ça s’est déjà passé une autre fois ; et elle lui dit aussi : qu’est ce que tu aimes tant chez cette personne ? comment tu sais qu’il sera toujours gentil ?
  • La petite fille alors ? elle y croit ?….
  • Oui elle est très têtue ; alors je lui rappelle comment elle ne veut voir que ce qu’elle a envie de voir ! et je la gronde pour qu’elle accepte de poser des questions sur sa vie … etc..
  • …….Oui ….. c’est drôle… j’ai entendu qu’elles avaient pas la même voix !
  • ……
  • ………
  • Michele, j’ai mal à mon cœur, c’est lourd là, ça fait mal …
  • … dis moi, c’est quoi ce poids qui fait mal ?
  • sanglots, papa, maman, papa maman,.. sanglots ….papa maman sanglots 
  • Tu as mal, parce que tu voudrais qu’ils revivent tous les deux ensemble?
  •  Oui… sanglots
  • Est ce que tu leur  as demandé ?…
  • Oui …..et ils ont dit « non »… sanglots….

…….Demander à des adultes de communiquer avec leur enfant intérieur, ressort de nos jours de la psychologie de comptoir ; il semble pourtant que notre enfant intérieur soit là, présent quand on le convoque ; peu importe votre âge, il y a un petit enfant qui a besoin d’amour et d’acceptation. Si vous êtes une femme, peu importe votre autonomie, vous avez une petite fille fleur bleue qui a besoin d’aide. Si vous êtes un homme, peu importe à quel point vous êtes macho, vous avez toujours un petit garçon à l’intérieur qui aspire à la chaleur et à l’attention à ses besoins, le besoin d’approbation.

Nier le besoin d’amour de cet enfant intérieur, c’est se priver de l‘apaisement , voire de la guérison des blessures douloureuses du passé. ( réveillées par une rupture traumatique) . Comment dès lors comprendre son propre enfant, lorsqu’il vit le désordre de ses pensées ( mal à la tête.. ) Faire intervenir la « raison » n’aide pas : la petite Nora va dénouer seule les nœuds de sa souffrance actuelle, si elle apprend à ordonner son chaos intérieur ; ses parents l’aideront, parce qu’ils aiment leur enfant ; ont-ils alors eux aussi   besoin de guérir leur propre enfant intérieur ? Quel que soit le contexte culturel, la réponse est « OUI ». Oui, Mère Noël et Père Noël, c’est le cadeau à inscrire sur votre liste ! c’est un peu de temps avec vous mêmes, à l’intérieur de vous mêmes. Stopper la rationalisation ( on a toujours des raisons d’avoir raison ! ) , s’interroger, se comprendre,  se pardonner, se libérer …

Communiquer avec notre enfant intérieur et faire savoir que nous acceptons la partie qui a fait toutes les choses stupides, la partie qui était drôle, la partie qui avait peur, la partie qui était très stupide et stupide – chaque partie de nous-mêmes. Guérir c’est aussi se libérer de la tyrannie des fausses croyances à notre sujet : les injonctions intérieures, qui sont les réflexes et les automatismes dont nous nous sommes peu conscients ( ou « mal conscients » ) Quand nous étions enfants, quand quelque chose n’allait pas, nous avions tendance à croire qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez nous. Les enfants développent l’idée que s’ils ne pouvaient que le faire correctement, alors les parents et les soignants les aimeraient, et ils ne les puniraient pas. Avec le temps, l’enfant croit: Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi : je ne suis pas assez (bon) (beau) (aimable) (gentil) (intelligent) ( à la hauteur de ce qu’on attend de moi) etc… En vieillissant, nous portons ces fausses croyances avec nous : nous apprenons à nous rejeter…. et nous nous vivons rejetés.

Dans l’intimité de nos propres esprits, nous pouvons faire de nouveaux choix et penser de nouvelles pensées.

Aussi, rappelez-vous chaque jour que la culpabilité est simplement le sentiment associé à une pensée que vous avez fait quelque chose de mal. La honte est seulement un sentiment associé à une pensée que quelque chose n’allait pas avec vous.

Capture d_écran 2017-12-13 à 13.09.13

  • Epilogue de la conversation avec Nora ( huit ans)

    « – Papa, je veux te lire un poème qu’on a lu tout à l’heure avec Michele : l’oiseau vert »…

    IL était une fois                                                 du matin au soir

    un oiseau                                                            il criait

    que l’on avait                                                 que je suis malheureux !

    enfermé                                                            ah que je suis donc

    dans une cage                                                malheureux !

    comme il chante bien , disait la petite fille !

    Nora : «  tu vois, c’est comme les adultes ! ils entendent pas que les enfants sont malheureux et ils ne comprennent pas le chant ( elle siffle comme l’oiseau ..) : et ils disent comme ils chantent bien ces enfants ! « 

Capture d_écran 2017-12-13 à 13.10.42

Exercice : si vous êtes droitier, prenez un stylo dans la main gauche et écrivez tout ce que votre enfant intérieur a envie d’exprimer … relisez plus tard et méditez…

Si au contraire vous êtes gaucher, prenez un stylo de la main droite, et écrivez tout ce que votre enfant intérieur a envie d’exprimer…voici un échantillon de l’écriture!

lefebvremichele2@gmail.com

A suivre:

Y a -t-il une relation entre notre « enfant intérieur », et les « crash » amoureux ? 

gentil clown

vos commentaires vivement appréciés

 

Publicités

Décision indécise


Ne pas savoir prendre une décision, à un moment critique, peut s’avérer fatal . Pourtant, le cerveau a appris au cours de l’évolution,  des stratégies de survie très acérées : quand les indicateurs sont au rouge, c’est « flight or fight ». Pourquoi le lièvre ne s’enfuit-il pas devant son prédateur ? Sa seule chance de survie est de fuir. Pourtant il reste sur place, intrigué, intéressé … Spectacle inédit : Dame Belette exécute une danse qui intéresse, puis captive son attention, jusqu’à la fascination.

En quoi cette séquence peut-elle nous éclairer sur nos stratégies de « survie » ?  La sur-vie, c’est au delà de la vie, au delà de ce que nous connaissons de la vie habituelle. Pour l’économie de la vie « normale », nous sommes préparés à traiter de très nombreuses tâches, « connues » de nous ; notre mémoire a engrangé ce que nous avons appris de l’expérience, les circuits existent dans notre cerveau. Stimulation, réaction, réitération, reproduction, renforcement, c’est le cycle des phases d’apprentissage;  nous avons ainsi appris à nous mouvoir dans notre environnement: marcher, parler, rouler en vélo, puis  en automobile..etc;  notre cerveau archaïque, par delà notre conscience commande aussi des actions de façon automatique, qui permettent notre respiration, le battement de notre coeur,  la fabrication d’un bébé, etc … .. Tout est bien, sauf situation imprévue : que fait le cerveau du lièvre ( comme le nôtre) ? il scanne sa base de données, et quelque chose se passe, qui le cloue littéralement sur place ; le plaisir des yeux qui gradue  la curiosité, jusqu’àu charme irrésistible, et la fascination va court-circuiter les connections neurologiques habituelles, et dès lors il subit d’autant plus volontiers le spectacle ravissant de Dame Belette. Ce n’est pas le bon réflexe,……et la mauvaise décision, par défaut. Est-ce rare ? Est-ce que notre « intelligence » des situations peut nous faire défaut? ….?

Si nous vivons des situations connues, les circuits de réponse sont prêts à être ré-activés. Par une stimulation, qui peut être une pensée, une image, une odeur, une sensation , toutes les perceptions sensorielles associées ( cablage/circuits) vont faire resurgir les expériences, heureuses ou malheureuses,  liées à un évènement; nous faisons ainsi renaître des situations passées, et les ramenons au présent : et les réponses que notre cerveau va proposer sont d’abord celles qui nous servent a gérer au mieux les situations rencontrées :

Super, c’est agréable et j’ai envie de re – vivre ça ( rencontre amoureuse)… Oula! je n’ai pas envie de re- vivre ça : je résiste ( je n’aime pas du tout les conflits ) …Je doute et je ne sais pas quoi faire, alors je contourne, ou j’évite la confrontation.( je n’ai pas de solution )

IL semble que notre « intelligence des situations », à l’instar de ce qui se passe pour ce lièvre , est tout autant perturbée, lorsque la nouveauté a ce pouvoir d’attraction (fascination et perte de vigilance ); simple ! Remémorez une rencontre amoureuse ! La chaleur du moment, une douceur familière, se manifeste immédiatement Dans votre corps, et toutes les sensations réapparaissent. Si la conquête de l’être aimé est récente, même, vous pouvez rester dans un état second, à volonté : la pensée de la prochaine rencontre tient les sens en éveil, vous submerge. Vous chaussez des lunettes roses, et vous survolez le temps sur un nuage, presque oublieux du temps présent. Les humoristes taclent  les « plans drague » dans leurs dessins, et nous en rions parce que nous les comprenons: ils nous sont familiers, d’une certaine manière.

Ainsi nos pulsions reconstituent une dynamique irrépressible; qu’elle soit orientée vers la satisfaction de besoins primitifs ( sexe nourriture et agression) ou dédiée aux satisfactions du plaisir social :  être quelqu’un ( statut pouvoir possession or/monnaie) . Réprimer les pulsions est vain et dangereux ; paralysie ou explosion, les deux semblent incontrôlables, et notre vie mentale peut ainsi osciller entre une extrême et une autre inlassablement. Nous sommes un peu des esclaves qui s’ignorent; les neurones, lorsqu’ils sont répétitivement activés, créent des connexions, intrication d’émotions et de pensées. Pour de nombreuses personnes, ces comportements génériques sont subis, et rarement questionnés. Or, sans le savoir, les mêmes processsus sont en cause, quand  le balancier oscille avec autant d’intensité, dans l’état de plaisir, que dans l’autre sens, pour des émotions liées au déplaisir – voire la peur, la terreur. Quand nos pulsions semblent avoir le dessus ( je ne pouvais pas y résister , quelque chose m’y a poussé, ce n’était pas « moi » et pourtant je savais …. ) petites et grandes décisions sont souvent la résultante d’un conflit entre la peur de manquer, et le désir qui commande l’action.

Le désir provoque un appétit de satisfaction irrépressible, immédiat,  et par ce choix, dès lors, on parvient à atténuer les angoisses qui enserrent le mental ( et le corps ). On croit faire ce qui convient, ce qui semble évident et bon dans l’instant;  et la raison viendra justifier ce choix ( je ne peux pas le quitter.. il n’est pas toujours comme ça, dit la femme subissant la violence conjugale). On croit faire ce qui convient, ce qui est rationnel : la méconnaissance des ressorts motivationnels , véritable matrice de l’affect, fait prendre le risque d’avancer en « aveugle », en priant Dame la Chance ! On consulte les astres, les voyantes.. pourvu qu’on reçoive une réponse rassurante. L’action soulage et permet du surmonter l’appel du vide, ou le chaos. Le désir , et la  peur ne sont pas étrangers l’un à l’autre : ils sont intimement liés; la peur nourrit le désir d’action , qui calme et soulage l’angoisse du « rien »; réciproquement le désir crée la peur de ne pas savoir, de ne pas être  à la hauteur de vos appétits, vos ambitions.

La fuite en avant 

Dans les situations de crise, nous avons tous développé des stratégies de fuite : TOUT sauf l’inconfort du chaos qui nous trouble ! Si la situation est frustrante, nous allons (mal) accepter la frustration;   si la situation est effrayante, nous allons (mal) vivre  la terreur; si la situation est en contradiction avec notre vécu, nous allons vont (mal) gérer les conflits d’intérêt … comme pour l’état amoureux,  les émotions sont sur « pilote automatique » : elles répondent à des stimuli , qui activent les circuits neuronaux, tels des programmes installés à la force de la vie, des habitudes, et des limites qui leur sont imposées ( environnement ). Il arrive qu’après des évènements traumatisants dans leur vie , tout le corps se paralyse, et le cerveau bloque les rouages de la rationalité. Comment alors se remettre en mouvement ?… allô docteur?

Peut-on en conclure que nous sommes pilotés par notre cerveau?

Si la  « fascination » trouble le jugement du lièvre, c’est que le cerveau ne sait pas interpréter la situation nouvelle.. Ou encore cerveau refuse simplement de confronter une réalité. J’ai relevé cette interview de Anne Sinclair, qui contient tous les ingrédients d’un roman de vie.. en laquelle beaucoup de mes consoeurs (et confrères?) se reconnaîtront sans doute.. Notre naïveté a-t-elle ce pouvoir de « vouloir croire?..

Un certain nombre de processus internes règlementent et assurent nos processus de pensée  : ceux-ci incluent des besoins profonds, des souvenirs, des croyances, de modèles mentaux, des valeurs et des orientations personnelles. Hors notre conscience, sans que nous le sachions, notre vie peut être silencieusement sabotée, notre santé sapée : la fatalité? …. ou l’envie de suivre notre fantaisie? ( raison de vivre) notre conviction? (raisons de croire ). Une personne qui mène une vie très saine, se retrouve atteinte d’un cancer.. ou autre déficience immunitaire …fatalité? .. pas vraiment : cette personne vivait totalement déconnectée des messages de son corps, coupée de son corps . Croyant contrôler son corps, elle souscrivait à une discipline très sérieuse… refusant l’écoute de conflits silencieux ( sous l’emprise d’une injonction terrorisante, ou d’un souvenir enfoui etc..)

Un dernier constat : La partie du cerveau, nommée le cerveau reptilien (instinctif) assure basiquement le rôle d’exécutant : dirigé par l’instinct, ce cerveau contient le savoir ancestral de l’espèce et une partie du système involontaire. Ce cerveau est obsédé, uniquement, par sa propre survivance et non par celle de l’individu, par le contenu et non le contenant , et ce qui loge dans nos têtes est 100% emprunté à notre environnement:  notre mémoire n’est que le reflet de cette inconscience. il n’existe pas à ce niveau de jugement, ni d’arbitrage,  pour savoir le bien ou le mal;  sa seule fonction est d’activer des processus instinctifs, lorsqu’on active un déclencheur… Il s’agit de considérer les instincts comme faisant partie de votre vie,  être patient avec la peur , ou le désir – sans la volonté de les supprimer : ne tentez pas de vous convaincre, ou de justifier vos actes, lorsqu’ils sont l’expression de vos pulsions, ou réactions non contrôlées ;  ne pas réprimer vos pensées ou sentiments pour alimenter votre culpabilité ( tu es nul, tu es mauvais, tu le mérites, c’est ta faute..);  prenez la mesure, au moyen de l’ introspection, d’une conscience plus aigüe de vos besoins : c’est un arbitrage entre la peur et le désir . N’agissez pas « selon votre nature » !! la spontanéité de l’enfance est charmante, chez l’adulte, elle devient naïveté… Si votre nature commande  l’expression d’une réactivité jamais questionnée vous êtes l’esclave de votre conditionnement ; Les parties » supérieures du cerveau, ont besoin d’être consultées aussi .

« L’homme ne peut découvrir de nouveaux océans , tant qu’il n’a pas le courage de s’éloigner  des côtes »