Category Archives: dynamiques vertueuses des organisations

co créer la richesse

Pourquoi as-tu oublié d’oublier?

Un rendez-vous secret (M Darwich)

J’ai fermé la porte, mis la clef dans ma poche, fermé les volets et tiré les rideaux. J’ai dépoussiéré le miroir, le guéridon, nettoyé mes lunettes, émondé les fleurs du vase, choisi les nocturnes de Chopin, débranché le téléphone pour éviter que mon amie ne m’interroge l’air de rien sur mes projets pour la soirée.

Comment lui dire que j’ai un rendez vous avec moi-même? Puis je me suis répété que la nuit, comme le monde n’était plus un lieu sûr..et j’ai attendu sans inquiétude mon rendez -vous. j’ai versé du vin rouge dans deux verres, et pensé même à ce que je dirais à ma visiteuse, ma propre personne. J’ai anticipé sa façon de me mettre à nu, de faire tomber mes masques par une question ironique; Depuis quand ne nous sommes-nous pas rencontrés ? Je répondrai : depuis que je suis plein de toi et que tu es pleine de moi , depuis que tu t’es réfugiée dans l’image que j’ai de toi, et que je me suis réfugié dans l’image que tu as de moi. Elle me demandera : Mais alors pourquoi n’as-tu pas oublié d’oublier? Je lui dirai : Pour que les coïncidences ne me dérobent pas aux possibles sur le chemin vers ton inconnu. Elle dira : Je ne te comprends pas. Je dirai : Moi non plus. Le monde n’est plus un lieu sûr.J’ai besoin de toi comme d’une rédemption. Pourquoi as-tu tardé au rendez-vous ? dira-t-elle. Quel rendez-vous? Celui-ci. Tu as oublié? Mais je n’entendrai pas sa réponse. Je regarderai son verre et ne la trouverai pas. Elle aura bu mon verre et et se sera enivrée.

J’ai alors dit : Je suis seul dans mes habits. J’ai rebranché mon téléphone , appelant mon amie implorant: Viens à moi. Elle me répondit : Je ne peux sortir de chez moi car j’ai un rendez-vous secret avec ….moi.

 



Les rendez vous secrets avec « soi »?

Pour gérer le stress, vous trouverez sur Internet de nombreux guides gratuits et très bien faits. La méditation***  est  l’une des pratiques dont le succès s’amplifie : pour « se vider la tête » , ou pour apprendre à se distancier du trop plein d’émotions;  il n’existe pas de recette idéale, ni de recette tout court pour trouver la paix intérieure et tendre à la satisfaction de tous nos désirs.

*** La méditation  ne consiste pas à ne penser à rien, mais plutôt à réorienter son attention, soit de façon ciblée, vers un ou plusieurs éléments du présent (ses sensations, sa respiration ou tout autre phénomène psychologique tel que la douleur, ou le bien-être), soit de façon non ciblée, en ouvrant sa vigilance et ses sens à tous les éléments de l’instant présent, au fur et à mesure de leur entrée en scène (bruits, pensées, souvenirs, température ambiante, projets, sentiments, position du corps…).

L’exercice d’introspection a un autre objet :  apprendre à dialoguer « avec  « soi » , tomber les masques, … affronter le vide, ou le chaos du moment et dépasser la dualité apparente des propositions… .Complémentaire d’autres techniques de relaxation, l’introspection a pour ambition de défaire les noeuds dans lesquels notre psyche est enfermée. Pour donner sens à nos épreuves, ou simplement nos chaos émotionnels : nous avons besoin de comprendre, et ainsi asseoir un sentiment de sécurité intérieure.

Pourquoi n’as-tu pas oublié d’oublier?.. parce que j’étais plein de toi, et que tu étais pleine de moi…

Double ressort? ….a quel moment brisons nous le cercle de l’oubli?

… Se dédoubler pour entrevoir nos paradoxes ..

Essayez l’exercice ( et partagez! ) vous constaterez que les parties en présence n’ont pas le même objectif, ni les mêmes émotions  …)

Voici un homme qui voudrait oser et qui, je le crois, est fasciné par le fait que j’ose oser  ( l’un justifie son désir,…. l’autre prolonge le désir )

Schoppenhauer disait déjà ( bien avant le développement de la psychanalyse) que nous disposons d’une connaissance extraordinairement riche de notre corps ( objets matériels qui existent dans le temps et l’espace); il ne s’agit pas d’une connaissance issue de notre appareil perceptif et intellectuel, mais d’une connaissance directe, provenant de l’intérieur, issue des sensations. De notre corps, nous tirons une connaissance que nous ne pouvons ni conceptualiser, ni communiquer parce que la plus grande partie de notre vie intérieure nous demeure inconnue. Nous la réprimons, nous l’empêchons d’affleurer à la conscience, car connaître notre nature profonde ( notre cruauté, notre peur, notre envie, notre désir sexuel, notre agressivité, notre ego-centrisme ) nous dérangerait au delà du supportable….

Comment comprenons nous ces forces inconscientes, comment les communiquons nous  aux autres?..Aux yeux de Schopenhauer, ces schémas sont transmis directement, sans passer par les mots, grâce à l’art, notamment la musique…

Quelle conclusion Schopenhauer tira-t-il de sa connaissance intérieure du corps? Qu’il existe, en nous et dans toute la nature, une implacable et insatiable force primaire à laquelle il donna le nom de « volonté« . « Cet effort qui constitue le centre, écrit-il, l’essence de chaque chose, c’est au fond le même, nous l’avons depuis longtemps reconnu… prend le nom de volonté. est-elle arrêtée par quelque obstacle dressé entre elle et son but du moment : voilà la souffrance... »

Nous voulons, nous voulons, nous voulons, nous voulons. Pour chaque besoin qui affleure à la conscience, dix autres attendent, tapis dans l’ombre de l’inconscient. Nous  sommes implacablement entraînés par la volonté, car une fois un besoin satisfait, il est vite remplacé par un autre besoin, puis encore un autre, et ainsi de suite pendant toute notre vie…

Au seuil de la rentrée… voulons nous reproduire le cycle du mouvement incessant…pour échapper à la terreur de l’ennui?

…ou trouver un chemin de liberté..?

Lefebvremichele2@gmail.com

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Nouvelle conscience des pouvoirs?

Intelligence collective, nouveaux modes collaboratifs?

Jacques Attali évoquait lors d’une séance inaugurale des salons de l’autonomie et de la santé (SSA) la nécessaire évolution de nos organisations pyramidales liées à notre historique de fermiers, agriculteurs, vers de nouveaux modes collaboratifs de type pécheurs, en organisations maillées ? ( facilitées en cela par l’arrivée des générations Y et Z bardées de leurs supports technologiques communicants et transversaux)

Toucher à la culture de nos organisations est plus qu’un horizon : la réalité du tout monde, impose de façon impérieuse d’innover – sinon de s ‘adapter, au risque de mourir. Le monde hospitalier, impacté par des restructurations du paysage médical, à l’échelle des territoires de santé, ouvre un chemin à l’esprit « d’innovation ». Le Management administratif, ou médical, à des carrefours de réseaux transversaux, est confronté avec des réalités et des prises d’intérêt conflictuels par nature ; il se vit piégé, entre différentes loyautés – suivant qu’ii consulte la base, les partenaires sociaux, ou embrasse les problèmes des patients, ou qu’il rende des comptes à différents échelons de la pyramide décisionnelle.

L’échelle de décision change : Territoires et identités :

De façon pratique, changer l’échelle décisionnelle correspond à changer la façon de penser l’avenir et de poser les questions, et communiquer. Lorsque la mer bouge, et que le vent se lève, il est sécurisant de sentir son bateau bien ancré au port. Lorsque les valeurs de société bougent, ou semblent menacées, la logique des acteurs sociaux épouse la réaction émotionnelle sécuritaire , et chacun tend à se replier sur son territoire ; face à l’incertitude, les réflexes existentiels s’expriment par une radicalisation des pouvoirs attachés aux territoires ; qu’il s’agisse de territoires /pouvoir du politique, du territoire/pouvoir de l’autorité ( son statut social ou professionnel ) , du territoire /pouvoir de sa légitimité ( son savoir ) ou du territoire/ pouvoir économique ( intérêts – corporatifs, ou personnels, ) La Raison de nos jours ne suffit pas à porter les ordres de réalité. La relation cause/effet linéaire, qui a pu trouver des applications dans le monde industrialisé, a ancré l’idée d’un monde stable et prévisible, qui trouvait sa cohérence dans une organisation mécaniste, et pyramidale de la société. Les institutions fonctionnent encore sur le mode taylorien : verticalement en pôles ( entités féodales ?) et horizontalement par la superposition des strates hiérarchiques. Les cases ainsi formatées continuent d’exister avec leurs règles, offrant résistance à leurs frontières. L’échelle d’action ainsi définie est réduite, et la porosité des cloisons presque inexistante.

Nous ne pouvons plus raisonner avec le déterminisme linéaire. L’explication mécaniste du monde et le caractère sacré de la hiérarchie des pouvoirs, se sont heurtées aux théories de l’évolution ; les sciences nous renseignent sur les processus ( souvent inconnaissables) qui régissent nos relations à l’univers et aux processus de vie en général. C’est ce qui révolutionne nos représentations du monde, notre « faire », notre « agir » sur et dans le monde. Sans la matrice idéologique, nos modes de pensée s’ajustent, bousculés par l’instantanéité des communications et l’accélération des changements .

Gouvernance et management : le concept d’intelligence collective, tente de conjuguer l’intelligence des systèmes, et l’intelligence individuelle

L’intelligence collective, concept encore mal défini par les chercheurs, embrasse deux domaines, celui de l’intelligence individuelle ( capacités des acteurs à se projeter au delà de leur périmètre de travail et apprendre des interactions ) et celui de l’intelligence organisationnelle : essentiellement étudiée en ressources humaines et en stratégies (ressource based-view** (Wernerfelt, 1984, Barney, 1991).

Au niveau du groupe ( dynamique ) c’est un concept qui apparaît au croisement des champs du management, des sciences de l’information, de la communication et de la psycho-sociologie.

L’éventail ainsi ouvert peut expliquer les nombreuses théories, ou utopies naissantes, qui attribuent à l’intelligence collective des qualités vertueuses et un potentiel créatif de solutions nouvelles, à l’appui du management. Le piège est « le recyclage », comme reproduction déguisée, des mêmes stratégies qui ne marchent plus.

Ne nous y trompons pas : économiquement, l’entreprise, ou l’hôpital comme acteur socio économique, recherche des réponses utiles , qui puissent constituer un facteur important de l‘efficacité dans le travail. Le management est plus que jamais convoqué par l’impératif de Performance, qui le maintient dans la compétitivité, mais également par l’impératif besoin d’innover et anticiper les évolutions dans son champ de compétences.

 

Vers l’émergence du sens ( temps long) / conscience du collectif ?

Un exemple très parlant dans un article émanant de Evelyne Biausser, chercheuse et Consultante, peut illustrer le propos : il s’agit d’une question d’aménagement territorial : faut-il construire un tram ou augmenter des lignes de train ?

La question du tram ou des trains  :cette question n’obtiendra une réponse pertinente que dans un certain contexte bien précis, bien situé, où la problématique a été bien complexifiée par toutes les logiques des acteurs en présence : la question n’est pas le moyen de transport, (c’est une question illégitime !) ; par contre, la problématique est une question indécidable : c’est le déplacement de la population, pour quelles activités, vers quels territoires, pour quelle insertion, pour quelle paix sociale, pour quel futur, avec quels moyens, pour quel projet sur le territoire, du territoire, engendrant quelle porosité avec quel territoire, quelles populations, quelles activités…etc.

Pour l’auteur de l’article, il s’agit d’un processus qui permet à un groupe d’appréhender l’ensemble des dimensions d’un problème complexe dans le temps et dans l’espace pour déboucher sur une décision. C’est de cette pelote complexe que naîtra le sens de la solution, pas l’inverse. Ce n’est pas l’outil qui fabrique le sens.

La représentation collective est en quelque sorte la Conscience qui ordonnera les scenarios , par là donnera sens aux projets .

Essentialisation des questions

  • Que faisons nous bien, qui change la vie des gens pour qui (et avec qui) nous travaillons ?
  • Comment mesurer notre efficacité ?
  • « Qui » allons nous devenir ?
  • Quelle offre de service a la population? pour quels besoins ?Quelle est notre légitimité, (Autorité ?Ethique)
  • Comment intégrons nous les besoins dans le paysage actuel (interdépendances)

Nous ne cherchons plus les bonnes solutions, nous cherchons les bonnes questions, qui impacteront positivement notre environnement ; nous embrassons ainsi l’horizon des organisations « durables » et écologiques, au sens des interdépendances systémiques.

lefebvremichele2@gmail.com