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Le vertige du vide : le creux et le plein

Les prisons invisibles prison coeuer

Les prisons invisibles : on les reconnaît quand on ne sait plus sortir d’un dilemme : on se sent étranger à soi et sans réel pouvoir sur les évènements. On cherche une sortie, et on trouve le vide. Le vide de sens : tout a basculé.

Les « victimes » de harcèlement, se relèvent et témoignent  :  « j’ai pris du recul » , a dit Elise, « je me suis reconnue « a dit Anne.. « j’ai réussi à identifier l’engrenage ; et je vois comment j’y suis rentrée.. mais alors.. comment et pourquoi cela a pris une telle ampleur dans mon vécu ? Sortie de l’engrenage, je me sens vide, rien.. et la souffrance reste. Je suis sans énergie »

(Marie José M) écrit ……. sachez juste que j’ai dépassé des moments de confusion mentale qui me semblaient être des moments de pure  folie…  et que seule  la compréhension par la lecture m’a permis de maitriser un tant soit peu… de mettre des mots sur des choses des émotions des états… pour ne plus en souffrir… par peur de devenir folle…… la peur ma grande amie….  celle que je n’ose affronter…. par peur d’être face à ce que je suis…. J’ai lâché prise sur beaucoup de choses… Je  n’avais et n’ai toujours pas compris comment certains évènements ont pu prendre une telle ampleur dans ma vie mais peu importe aujourd’hui le calme revient….  A un certain moment  c’était une course folle une spirale infernale  au toujours plus toujours mieux toujours plus haut toujours plus fort… que j’aurai voulu ralentir pour respirer un peu me poser un peu souffler.. … mais  je n’y suis pas parvenue..; tout s’est effondré…. je n’ai pas trouvé la clé. ou le moyen de ralentir……  cette folie

Comprendre la fabrication de nos prisonsverrou

Nous avons tous ce besoin vital de nous sentir « quelqu’un de valeur », pour éprouver notre sentiment d’existence dans le groupe. Dans une famille qui regroupe une nombreuse fratrie, chacun des enfants cherche à capter l’attention ( exclusive ) d’un parent, et pour cela va épouser son désir ; pour se sentir aimé, l’enfant choisit de s’identifier à un membre de la famille. Plaire est une stratégie, pour recevoir le regard d’amour … ( vous le chercherez longtemps ce regard ! ) et pour « mériter » cet amour là, on est prêt pour tous les défis !

1) Se voir au travers le regard de l’Autre : boucle enfermante

On ne se donne pas de valeur par rapport à ses propres critères, mais on se voit et on se considère par le regard de l’autre. Le souci est de plaire à l’autre, ou autre version, ne pas déplaire à l’autre ; l’enjeu est de garder une bonne image de soi (une valeur aux yeux des autres) pour s’accorder une valeur à soi.

Dans une boucle enfermante, la confirmation de ma valeur, me fait revenir à moi par la médiation du regard de l’autre.

Le but est de me sentir «  quelqu’un » , sans la médiation du regard de l’autre. L’Autre n’est pas la mesure de ma valeur, mais le compagnon de mon chemin. Si je me sens à l’aise, bien avec « qui » je suis dans la relation, ma crainte de « faillir » , ou confronter la désapprobation, ne fait pas barrage à la communication ; ma « conscience » du « Je » dès lors peut s’enrichir du feed back de l’Autre – c’est même la condition pour me sentir (existant) bien avec l’autre ; la différence est d’importance : c’est le contact premier que j’initie avec la personne : « je » te regarde » et je « te » vois. Le principe de réciprocité joue dans les deux sens, idéalement.

Mais le principe de réciprocité a besoin d’être validé : si je donne toute mon attention à l’autre, je risque de m’oublier « moi » .

A quoi je sais que « l’autre » m’accepte ? ( à quels signes chez moi, à quelles émotions, qu’est-ce je crois à ce sujet ? )
A quoi je sais que j’accepte l’autre ? ( à quels signes ? quelles émotions je ressens, qu’est ce que je crois à ce sujet ? )
A quoi je sais que je suis « acceptable ? » …
A quoi je sais que je suis  « accepté(e) » ?…

Le questionnement est le gardien de notre lucidité : nous sommes tous naturellement portés à la fascination ; notre attention se fige et nous sommes sous le « charme »..fascination masque

(c’est parce que notre cerveau accepte la fascination, créant une sorte de « transe », que les  escrocs et des manipulateurs arrivent à nous tromper)

2 ) le « je » sujet dans la relation à « toi » @sujet

On est aliéné ( dépendant ) quand on perd la capacité de prendre une décision pour soi même.

Perdre le pouvoir de dire « je » et décider par soi même. « L’aliéné » est un être dépendant, mais ce n’est pas forcément conscient : nous surfons sur le fil d’une réalité qui nous englobe et nous subjugue : les conventions sociales, les codes de la tradition, les liens affectifs .. Avant d’être une aliénation, c’est un conditionnement, la façon dont on a appris à se comporter dans son environnement

Perdre son statut de sujet, est très subtil. L’aliénation est subtile. A un degré extrême, on peut avoir l’impression d’être libre alors qu’on est aliéné ( double aliénation )

On croit penser pour soi même, alors qu’on pense pour nous  : nous sommes « conformes à ce qu’on attend de nous – et dès lors on pense comme tout le monde C’est le « nous » instinct grégaire. ( les moutons de panurge suivent )

Apprendre à penser et agir en être autonome, est essentiellement dépendant de l’éducation : dans la famille, à l’école, ou dans la Société. C’est la recherche d’un juste équilibre entre les Conventions du groupe auquel on appartient, et le désir de se différencier pour exercer sa liberté ou sa créativité : les créatifs et novateurs ont toujours transgressé la pensée ou les convections dominantes (Galilée .. au risque de leur vie parfois )

Le vertige du « vide » : le creux et le plein

Dans quelque domaine de votre vie que vous envisagiez, les autres rempliront ce que vous laissez apparaître comme « vide », ou « creux », ou « incomplet », ou « provisoire »….

Si vous n’êtes pas positionné financièrement, et doutez du rapport de vos investissements, vous vous exposez aux fluctuations du marché, et vous serez malmené..

Si vous doutez de votre vocation professionnelle, vous subirez les caprices de votre employeur. ( Vous n’êtes pas « votre statut !! )

La question posée à Philippe Bilger : à quoi reconnaît-on un grand « magistrat ? »
 1) Savoir qu’il n’est pas un « grand magistrat » par principe
2) Laisser le doute se présenter, accepter l’incertitude, faire montre d’intelligence et de culture générale ..
3) Etre profondément pénétré d’humanité : on peut juger on peut condamner dans tous les registres du droit, en respectant l’humain
On a souvent l’esprit dans l’idéal et les pieds dans la glaise.. constate-t-il …

 Si dans vos relations sociales, vos frontières sont perméables, que vous n’affirmez pas vos valeurs de vie, ne doutez pas un instant que d’autres, à votre insu se chargeront d’installer des règles qui leur profitent, exploitant votre sollicitude dans les interactions


La qualité de votre vie est directement liée à la qualité des questions que vous vous autorisez à poser… si vous jouez l’autruche, le risque est de payer de votre personne, en temps de vie, en énergie de vie, en monnaie sonnante ou perte de vous-même…

Le questionnement créatif :

 Demandez-vous:

Où voulez-vous jouer dans le jeu de la vie?

La qualité de votre vie est basée sur la qualité des questions que vous vous posez. Lorsque vous posez des questions de qualité vous commencez à éprouver des résultats étonnants.

 Demandez-vous :

Quand et comment ai-je laissé les autres définir pour moi ce que je ne savais pas pour moi-même ?

Avec quelles conséquences ?

Qu’en apprenez vous ? qui soit sous votre « contrôle » ? ( sous votre responsabilité)

Demandez – vous

 Pourquoi attendre un autre jour pour prendre en charge ma propre vie ?

 Qu’allez vous apprendre ?

Comment transformer vos perceptions, et vous positionner w équilibre

Utiliser les obstacles, comme les pierres de gué pour traverser la rivière

lefebvremichele2@gmail.com

A suivre  : les meurtrissures du jugement de valeur, la pression sociale 

 

 

 

Existe-t-il un « profil type du harceleur » ?

harcelement

A) Existe-t-il un « profil type du harceleur » ?

 Pour ne pas tomber dans les clichés, et nuancer des propos qui relèvent de la subjectivité, nous noterons en préalable,  que nous avons tous une propension à l’égo-centrisme ; ne nous promettons nous pas d’être les plus forts ? les plus beaux ? les plus grands ? les plus performants ? les plus remarquables ? les plus importants ?..  Nous sommes tous animés de l’envie de devenir quelqu’un, et toute notre énergie va tendre vers ce but.

Devenir « quelqu’un », oui !! Comment nous y prenons nous ?

Pour parler du « profil du harceleur » il y a lieu de préciser le cadre de l’analyse : la violence constatée dans une organisation, ne résulte pas d’un phénomène d’intrusion extérieure : des « méchants » viendraient troubler un ordre bien stable, et le problème consisterait donc à dresser des remparts pour protéger le lieu. La confusion entre les phénomènes de violence à l’école, et leur qualification comme facteurs de « délinquance » ont pu déplacer la réalité de la violence entre « pairs » (enfants et adultes confondus ) .

La violence est inhérente à la nature humaine, comme l’amour ou la confiance. C’est la mise en tension de ces deux composantes de la nature humaine qui déterminera la nature des actes choisis par un individu, ou un groupe d’individus.

 Le « harceleur » peut-il donner lieu à une observation de comportements caractérisés ?

La réponse est « oui »

Le « harceleur » est-il « reconnaissable » et peut-on qualifier ses comportements comme « déviants » ( d’une attitude bienveillante) ?

La réponse est « oui »

La qualification de la « déviance » est-elle recevable par les tribunaux ?

La réponse est : « difficile à plaider » – parce qu’elle et ne peut en l’état donner lieu à une catégorie juridique existante.

B) Comment reconnaître qu’on est dans un engrenage de « harcèlement »?

1) Quand l’arrogance fait de son savoir ou de son statut un pouvoir.

Le premier indice peut émerger d’un questionnement honnête :

  1. Au service de « qui » travaillez vous ?
  2. Au service de « quelles valeurs» est-ce que vous prêtez votre intelligence et votre énergie ?

(cf l’article dans les archives du blog )

http://appartenances.wordpress.com/2011/08/10/une-classification-decoiffante-des-managers/)

Le maniement des concepts demande une certaine habitude, ou un apprentissage, mais intuitivement vous trouverez facilement que le « harceleur » même s’il habille son discours d’une rationalité discutable, est au service de l’image qu’il a de lui même : ego surdimensionné.

Il est crucial de reconnaître les processus de harcèlement, dans une organisation professionnelle, comme destructifs pour les personnes prises dans un système relationnel de pouvoir ; les processus de harcèlement génèrent une ambiance toxique, malveillante, défiante et contribuent à créer un climat de haine et de violence.

 2) La distinction de l’esprit critique et de la critique négative

Il y a lieu de distinguer

  • l’esprit critique

= liberté d’examen : on peut confronter ou on peut comparer des opinions, des convictions personnelles, des pratiques etc..

= rejet d’une vue basée sur l’autorité de la connaissance

  • de la critique ciblée sur la personne

= atteinte à sa crédibilité, sa notoriété, sa position , sa dignité personnelle

L’esprit critique ( ou l’esprit de libre examen ) est la capacité d’envisager une situation, ou des faits, des évènements sous différents angles ; les conclusions sont plus riches de regards, ouvrent de nouvelles perspectives , et parfois contredisent des pré-supposés. Le doute est alors une attitude positive, qui nous préserve de positions dogmatiques. C’est l’attitude des scientifiques, qui cherchent à dépasser les limites d’une théorie, en introduisant la complexité de nouvelles observations contradictoires.

 La critique est tout à fait déplacée, dans un débat, lorsqu’elle vise à discréditer une personne, détruire sa notoriété, ou rejeter ses opinions comme « hérétiques » et la mettre en marge de l’organisation existante : ce sont alors des jugements négatifs, qui traduisent des dispositions arrogantes, et dogmatiques , qui débouchent sur l’intolérance et des positions discriminatoires

3) Description des comportements et les « techniques du harceleur » : attitude qui se manifeste par des manières hautaines, blessantes ; morgue.grenouille à lunettes

  • Il est celui qui « sait »
  • Le donneur de leçons : détient un savoir et vous l’assène : Il parle avec l’autorité, de la Vérité supérieure incarnée
  • Il a des « raisons » de croire qu’il « a raison » et que vous n’êtes pas à la hauteur de la situation
  • Autoritaire, Il exige de vous une soumission (inféodation) au règlement, comme absolu incontournable
  • Typologie de sa pensée : obsessionnelle, dogmatique .( c’est noir ou c’est blanc, et IL se considère comme BLANC )
  • Il ne souffre aucune objection ou critique : vécue comme une atteinte à sa dignité personnelle (amour de lui même hypertrophié)
  • Il se vit comme le centre du monde, et semble coupé de toute forme d’empathie ( la qualifie « d’affect » parasite )
  • Quand il vous croise, (il vous toise, ou vous ignore)
  • Prétend réagir rationnellement ; pourtant son visage est dur, le regard froid ; et la colère transparait dans ses traits ; parfois c’est l’ironie
  •  Il affirme et ne pose jamais de questions : dans l’interaction vous êtes supposé être soumis et sous son emprise /pouvoir non négociable

 

3) Comment caractériser les techniques de « harcèlement »? Mode accusation : allégations venimeuses

  • le but est de créer le doute sans nuance, chez l’interlocuteur et affirmer sa suprématie « de droit » ; ce faisant, créer la confusion dans l’esprit de son interlocuteur

tais toi je parle

  • Quand il vous demande un entretien, il affirme des faits, et n’accepte aucune autre interprétation que la sienne.
  • Quand il existe un problème relationnel,( avec vous ) il ne se sent pas partie prenante : le problème c’est VOUS .
  • Il affirme des faits (témoignages) et il refuse de produire la preuve matérielle ; son pré jugé est toujours négatif à votre encontre
  • Il vous met en mode justification : tous les prétextes à sa portée sont bons ; n’écrit pas ; tout se fait verbalement
  • Il vous prête des sentiments de jalousie ou une propension à attirer l’attention sur vous : il interprète votre influence positive sur l’environnement comme un excès de confiance en vous, ou un dérèglement de votre affect
  • Quand il dit quelque chose de dévalorisant, et que vous lui demandez si vous avez bien compris, il reste silencieux, pour mesurer l’impact du doute

    C) Quel serait l’antidote à un climat de harcèlement et débordement des égos ?

1) La création d’un climat de confiance

Peut-on le décrire ? Est-ce que cela existe ?

Voici la « Philosophie » d’une Université européenne

grenouille étudie

L’Université XXXXXX fonde son enseignement et la recherche sur le principe du libre examen et a toujours donné à ses étudiants la possibilité de jouer un rôle actif et participatif à la vie universitaire et à l’évaluation de l’enseignement qu’ils reçoivent. En effet, le principe du libre examen,( pensée critique) qui est fondée sur un jugement indépendant et un rejet d’une vue basée sur l’autorité de la connaissance, est inscrite dans les statuts de l’Université.

En conséquence, l XXXX est l’une des rares universités belges, ou même européennes où les étudiants sont représentés dans tous les organes de prise de décision. Dans le même esprit, une procédure d’évaluation systématique des enseignants a été en opération depuis plus de vingt ans, et est basé sur la propre évaluation de leurs capacités pédagogiques des enseignants et des étudiants2)

2) Les valeurs identitaires en cause :

La fragilisation des piliers fondateurs d’une construction provoque son effondrement. On peut par analogie dire que les manœuvres malveillantes, répétées à l’encontre d’une personne, vont fragiliser les piliers fondateurs de sa construction personnelle et professionnelle

pilliers fondateurs

Quels sont les piliers fondateurs d’une relation confiante, et les principes sous jacents ? ( éthique, morale, qui soutiennent le respect et la dignité des personnes )grenouille au grand coeur

Les valeurs d’ouverture, d’accueil de l’autre dans sa différence , de confiance, de respect et de dignité personnelle.

Ces valeurs déterminent des attitudes d’empathie, d’écoute, de compréhension, d’accompagnement, dans l’aide à la résolution des problèmes.

Inversement,

grenouille sous le parapluie

Quand un groupe subit des traitements malveillants, les personnes se vivent insécurisées, perdent leurs repères, et leur présence au travail se vide de toute cohérence.

Les risques sont la détérioration de la qualité du travail , la démotivation des personnels, voire la déresponsabilisation ; la perte de sens, l’accident par absence de vigilance.

lefebvremichele2@gmail.com

à suivre :

Comment sortir ( indemne) de l’engrenage du harcèlement ?

 

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