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Ai-je besoin d’un « Gourou »?

Avez vous vous besoin d’un gourou?

Avec les technologies nouvelles, une véritable économie de la Connaissance s’est développée : chacun d’entre nous détient au creux de la main un outil interactif qui offre instantanément des réponses à des questions, ouvre des fenêtres au-delà de ce que nous pourrions percevoir.

Ce qui relevait autrefois de « codes invisibles », est démystifié par des explications scientifiquement établies . la part du mystère a reculé dans nos sociétés sécularisées au profit du la « Raison » et de la croyance au Progrès soutenu par l’intelligence évolutive.

Alors que vous progressez dans votre réalisation de vie, personnelle ou professionnelle, tôt ou tard, la question se pose : « Ai-je besoin d’un gourou ou, est-ce que je peux le faire seul? « 

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Types de gourous

Le mot Gourou signifie ( tradition orientale ) «déchirant les voiles de l’obscurité. » Toute personne ou tout ce qui vous aide à percer les couches de l’ignorance, faisant obstacle à la révélation de votre essence véritable (« qui je suis » ) est un type de Guru.

Dans un sens spirituel, un gourou est quelqu’un qui va vous aider sur votre chemin de la Réalisation du Soi.( ôter votre conditionnement et accompagner votre libération des attaches ( sens symbolique ) Il existe de nombreuses confréries « laïques » qui officient secrètement ou non, et situent leur philosophie au carrefour de l’humanisme et de la spiritualité orientale

Le gourou peut aussi désigner le manipulateur d’un groupe religieux sectaire. (ôter le discernement des individus en fixant leur adoration/ ou la dépendance à un dogme – par le truchement de drogues, ou virus de pensée , qui participent à la destruction du sentiment de soi, et du libre arbitre)

Les nouveaux gourous ?

 Pourtant, de nos jours, bien que le sens « spirituel » se soit affaibli, les « gourous » de toutes sortes ont fleuri dans nos sociétés . L’Autorité/pouvoir qui s’appuie sur la Connaissance ( ou expertises pointues ) s’est déclinée dans de nombreux domaines.

Pour exemple, un florilège de spécialistes, autour des sciences de l’éducation…et parmi ces doctes personnes, certaines ont ce talent de nous « inspirer » , nous « enchanter » « nous emmener » : elles élèvent notre pensée et notre imaginaire au dessus de la médiocrité ( ou ignorance) à laquelle nous sommes tous confrontés. Elles se donnent aussi pour mission de transmettre et garder vivantes nos valeurs d’humanisme.

( termes anglais faciles à transposer)

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Double mission donc des « passeurs de connaissance » :

Instruire, nourrir  et structurer notre intellect

Éduquer,  et mettre en cohérence les savoirs et l’agir : sens et éthique

Qui sont nos gourous ( personnes d’influence ) aujourd’hui ?

Vos premiers Gourous étaient vos parents. Vos enseignants et professeurs d’université ont également exercé une influence, quelque part semblable à celle des Gourous ; peut-on y ajouter l’influence des prêtres ou d’un rabbin ?Tous ceux qui vous ont fait grandir en autonomie dans votre sphère personnelle. C’est en quelque sorte la « matrice » de notre sens d’existence. Nous apprenons le monde et commençons à fabriquer notre histoire.

Vos animaux de compagnie et de la nature peuvent également être vos professeurs, et … L’université forme en continu des « maîtres » (experts) dans tous les domaines : il y a même des « gourous » de la finance et de l’internet : on ne discute pas leur savoir.

Nous avons tous une déférence naturelle envers les « savants », lorsqu’ils développent avec clarté des concepts qui nous parlent, dans notre soif d’intelligence et de compréhension de notre place dans le monde ; la profondeur de leur savoir, la maîtrise de leur discipline, participe à structurer notre pensée, ouvrir des perspectives et nous économise des recherches dispersées.

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Plus prosaïquement, nous recherchons tous des « modèles », et heureusement pour nous , des hommes ont marqué leur époque, et interrogé l’ordre du monde.

Est-ce qu’une meilleure compréhension du monde, participe à rendre le futur meilleur ?

La quête de savoir et le développement de la connaissance au service de quelles valeurs ?

En somme l’idée d’un savoir utile, serait d’utiliser ce que nous savons, pour réaliser un projet de vie, et devenir qui nous sommes.

La bonne mesure de l’utilité de la connaissance, est de savoir faire beaucoup avec cette connaissance : sens de la maîtrise. Ce n’est pas tant le cumul des connaissances, qui est visé, mais l’excellence, le pouvoir de faire bien avec la connaissance. Parler bien , pour agir bien.

L’autre pendant, de l’utilité de la connaissance, est d’anticiper le futur,  vers plus de « bonheur », plus de maîtrise de notre sort, tant individuel que collectif : que fait-on fait du savoir ? Comment   asseoir les leçons de l’histoire? le cheminement est-il linéaire? Comment concilier la diversité des savoirs et des cultures, et l’universalité des valeurs éthiques?

Le savoir donne-t-il une « Autorité » naturelle ? (comment l’exercer ?)

Ou bien le savoir nourrit-il notre « pouvoir » d’agir bien ?.

Deux enfants reçoivent la même instruction ( savoir ) la même éducation ( savoir se comporter avec des règles éthiques), et pourtant l’un finira en prison, l’autre occupera une place honorable  et digne dans la société. Les sociologues multiplient les études et les recherches. Si le savoir « éclaire »( raisonnement formé, structurant ), si l’éducation éveille à la conscience de l’autre  ( réciprocité) , comment fonder le sentiment moral et éthique ? (à titre individuel et collectif) . Le « mal » et « le bien » peuvent-ils cohabiter dans le même cerveau?

Acquérir la Maîtrise ( Exigence d’Excellence )

Les enseignants qui « inspirent » : que peut-on en apprendre ? Qu’attendre alors de cette « transmission » ?

Nous pouvons choisir d’apprendre d’un « maître » grand, vivant ou mort.Nous pouvons apprendre beaucoup de grandes intuitions de ses enseignements, mais le manque de contact personnel peut limiter nos progrès lorsque des questions se posent. Il se produit dans les interactions que nous avons avec les enseignants, une dynamique féconde : la relation de confiance, parce que le bon enseignant sait autant vous écouter, que vous transmettre son savoir. Le bon enseignant est celui qui va opérer ce double mouvement ; proposer à votre curiosité un savoir, ou des hypothèses, et faire émerger une conscience nouvelle, qui ouvre à d’autres questionnements; le bon enseignant ne sait pas tout, et accepte de ne pas tout savoir; la connaissance est circulante : chacun s’enrichit de l’expérience de l’autre, l’interaction réfléchit ( miroir réfléchissant )  notre nature profonde. N’apprenons-nous pas de nos enfants? N’y a-t-il pas à apprendre de « l’étranger »? Le bon enseignant nous touchera, parce que l’ émotion de la confiance installe chez nous un sentiment de sécurité. Nous engagerons alors notre cœur (motivation / coeur au ventre) dans la liberté qu’offre une intelligence bien nourrie. Notre compréhension, est que l’interrogation (examen)  n’est pas de valider la conformité des réponses à ce qu’on croit vrai, ce que les autres croient vrai, mais d’initier le questionnement créatif : comment je mets en projet ce que je comprends? Historiser les connaissances, contextualiser les situations, et ne pas tenir une opinion ( façon de penser le monde ) pour certitude absolu. Changer les perspectives et les points de vue, aborder les situations avec différentes postures : c’est une boucle sans fin..

J’observe ( position de recul )

Je décris les faits( vus par mon observateur)

Je me laisse ressentir les choses ( sentiments , peurs etc..)

Je me projette en tant qu’acteur  : je dessine le paysage de mes objectifs, ou un rêve.. :

Est-ce à quoi je voulais  arriver? ( cf carnets de Léonard de Vinci )          vinci58

J’évalue les résultats, et je compare ( consulter les autres, initier le dialogue ..etc..)

Notre finitude et l’effroi de la mort ( finitude )

bottero-la-mortLa résurgence des besoins spirituels dans nos sociétés, vont de pair avec le désenchantement du monde : l’homme a semble-t-il besoin de croire au Beau, au Bon, au Juste… et la recherche d’un but traduit sa quête d’un rôle dans le monde, pour lui même ; il recherchera un idéal, une histoire, un récit, qui justifie son investissement (temps et énergie) et son « passage » dans le temps

Le sens de la mort et la place du sacré

Régis Debré dans son dernier livre, développe cette idée du sacré , qui traverse l’histoire de l’humanité.. ; le « sacré » selon lui se dégage depuis 200 000 ans, depuis le moment où l’homme se fait enterrer avec des objets ou des victuailles, parce qu’il a opéré ce décollement de lui même, qu’il croit à la survivance d’une âme, au delà de la disparition de son corps. Le sacré se manifeste quand l’homme ressent une forme de transcendance ( lors d’événements historiques, on ressent au delà de l’émotion , une « exaltation » ( foi?..) de la foule, sorte de « ressaisissement » à contrecourant.. etc..

Un « Chaman » enseignant la rigueur et la discipline qui seules permettent d’avancer sur le chemin de la « connaissance » ( pouvoir sur soi et le monde ) incitait son disciple à embrasser sa totale responsabilité pour ses choix, et les actes qui en découlent  : « quand tu prends un engagement, tu dois être prêt à mourir pour ça ! »

Nous sommes très éloignés de cette façon de penser : entre le « dire » ( ce que nous pensons vrai) et le « faire » , ( notre pouvoir sur les choses ) nous faisons appel à une armada d’avocats qui démêleront dans le labyrinthe des lois , ce que nous pourrons décider.

Il existe bien différents niveaux de savoir, et différents plans de réalité : et notre esprit a besoin de se nourrir à différentes sources, pour déceler dans notre histoire, personnelle, et collective, une cohérence qui apaise nos doutes existentiels.

La subjectivité est notre lot – et le débat n’est pas nouveau. (Socrate, Platon etc..)

Sommes nous dès lors éloignés de la définition par Einstein de l’être humain ?

Un être humain est une partie limitée dans le temps et l’espace. Il fait l’expérience de ses pensées, et de ses sentiments comme quelque chose séparé du reste, une sorte d’illusion optique de la Conscience. Cette illusion est pour lui une prison qui le limite à ses désirs personnels et à l’affection pour les quelques personnes de son entourage. Sa tâche est de se libérer par lui même de cette prison en élargissant son cercle de compassion jusqu’à y inclure toutes les créatures vivantes et la nature entière, dans toute sa beauté.

Que dit la Science ? Comment est-ce que notre cerveau traite les informations ?

 Pour l’expérience, évoquons un magnifique coucher de soleil sur la mer.

Des ondes électro-magnétiques ont agité des molécules , fabriquant une stimulation qui arrive dans le cerveau. Nous ne sommes pas à la mer, mais dans une pièce close : l’image de ce coucher de soleil éveille en nous des souvenirs émus. Avons nous expérimenté « des ondes électriques »  ?

Où se trouve l’image alors ?

Notre cerveau reçoit des informations par nos sens : par exemple regardons ce nu

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Nous voyons une forme et des couleurs : comment notre cerveau va-t-il percevoir ce corps représenté? L’IRM (Imagerie Résonance magnétique) explorant le cerveau à ce moment là ne captera pas l’image dans le cerveau,  mais photographiera les zones excitées par la vue…(stimulation de circuits neurologiques)

Où est la couleur bleue du coussin ? ce sont des photons qui arrivent à votre rétine ( éclairage rasant), l’électricité atteint une zone du cerveau sans couleur expresse ! (qu’est ce qui se passe dans votre cerveau ?.. à nouveau la couleur n’est pas visible dans le cerveau.

Cependant nous ressentons le « plaisir des yeux », et y ajoutons des « sentiments » ( j’aime , je n’aime pas ) ou un jugement de valeur ( je ne peux regarder: c’est impudique , ou bien , j’aime la volupté qui se dégage de cette image..etc..).

Le cerveau va ainsi activer des composants chimiques… et selon l’interprétation, les hormones déclencheront des états heureux ou malheureux.

La transduction neurobiologique d’un stimulus en information reste encore inexpliquée. L’œil n’est que le senseur ( le nerf optique reçoit les ondes qui vont de l’objet à notre œil) ; notre cerveau va traiter les signaux lumineux. L’image optique résulte d’un travail mental dont la rétine assure la logistique et les neurones la stratégie. Ce sont eux qui sélectionnent l’information, de sorte que nous projetons le visible autant que nous le recevons. Et de même qu’il n’y a pas de dualisme entre le physique externe ( les rayons lumineux et les formes perçues ) et le cognitif interne (la structuration qualitative des formes) , il n’y a pas d’un côté une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblé » ( Maurice Denis ) et de l’autre, une femme nue. Les deux adviennent en même temps, sans avant ni après en un même « tableau ». *** (  vie et mort de l’ image : R Debré)

Ainsi pouvons – nous interroger notre vision, notre interprétation du monde :

Qu’est ce que « la réalité » ?

                        Nous ne savons pas

D’où vient la « conscience » que c’est une réalité ? (est-ce vrai ?..)

                        Nous ne le savons pas

En quoi votre discernement est-il sollicité de façon impérieuse ?

Nous sommes des êtres « sensibles » éminemment influençables, et les illusionnistes apprennent à détourner notre attention, pour tromper notre perception de la réalité. … C’est le principe de la « transe hypnotique » qui nous est tous connue, et naturelle : le rétrécissement du focus de l’attention, va nous leurrer, en masquant des informations ( paroles pas entendues, images gommées, sensations aliénées etc..).

Ce qui veut dire que l’interprétation de mêmes faits, peut être diversement racontée, avec la même conviction de véracité, par différents témoins : chacun a « vu » les choses se produire, et les explique différemment.

Un Avocat m’expliquait un jour, que si les « escrocs » portaient une inscription « escroc » sur leur front, personne n’accepterait de se laisser escroquer .. Dans une escroquerie, il y au minimum deux parties : celle qui fait croire, et l’autre est celle qui veut croire…

Sceptique ? Testez vos déceptions amoureuses ; la personne que vous quittez n’est-elle pas la « même » que la personne qui vous a « envoûté » ?

Vous avez « vu », ce qui maintenant vous déplait , mais vous n‘avez pas douté à ce moment là : une petite voix vous a convaincu que ce n’était pas grave !!! Et puis vous vous êtes réveillé un jour : « je le savais » !! Le « charme » a cessé… Qui a créé la tromperie? Qui a voulu croire ? ( justifications etc..) et pourtant ,à ce moment là, c’était un choix qui s’imposait à vos sens ! Je suis bien avec cette personne; je me sens familier avec cette personne, tout coule de source et nous nous « entendons bien » ..( exemple: je n’ai pas remarqué son habitude marquée  à consommer de l’alcool  systématiquement lors de nos sorties et rencontres : aujourd’hui je comprends qu’elle a un problème avec l’alcool, qui prime et empêche de développer notre relation … Comment ai-je fait pour occulter ces habitudes « visibles »…)

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Notre rationalité est faussement considérée comme l’aiguille de la boussole, qui nous préserve des errements des affects : le trop de connaissances ( arrogance de celui qui « sait » tout ) comme l’ignorance (celui qui croit tout savoir) conduisent à deux postures « radicales » et dangereuses par définition. Le noir ou le blanc ? Avoir raison ? ou avoir tort ? avancer ? ou reculer ? Nous irons naturellement vers ce qui nous fait le moins peur. La raison ne peut rien contre les peurs. Le problème est que nous réagissons d’abord à ces peurs, puis nous justifions nos choix.

Il semblerait que nous soyons soumis en permanence à nos propres « transes hypnotiques », qu’on pourrait appeler « automatismes non conscients », ou « zones d’aveuglement » et cela nous suggère d’interroger la source même de ce que nous croyons savoir, et la façon dont nous apprenons, pour acquérir des connaissances.

La science qui fait avancer notre connaissance de l’infiniment petit, et de l’infiniment grand, se trouve face à de nouvelles frontières.

Notre cerveau est un magnifique robot – et nous ne voulons pas nous mesurer aux robots. Notre mesure est la dignité de l’homme et la libre conscience.

 

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L’art de dépasser les limites de notre enveloppe a toujours fasciné l’homme ( Icare ne s’est-il pas brûlé les ailes ? )

Les artistes nous emmènent dans la poésie, l’imaginaire fou…. et la folie ne réside pas dans l’imaginaire débridé, mais de ce qu’on fait des images et de la captation des illusions de réalité.

Illusion ou expérience d’exaltation, c’est à vous de comparer et vous informer ; ceux- là , qui méprisent la connaissance, ou le contraire , ceux qui  prétendent détenir la Vérité, vous abusent par leur charisme , et même si vous passez beaucoup de temps avec eux, ils ne vous aideront pas à progresser beaucoup.

« Gourou » ou pas « gourou » ?

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Nous trouvons tous sur notre chemin des opportunités d’apprendre , des expériences et des autres. Le savoir est une richesse circulante : échanger un billet de un euro avec un ami, est sans intérêt ( au sens propre) – échanger des savoirs avec une autre personne, enrichit les deux parties …

Il y a la perméabilité que nous offrons à l’autre, mais aussi la responsabilité de ce que nous transmettons.

Notre liberté et notre dignité personnelles ne souffrent pas d’aliénation, et nourrir régulièrement ce petit questionnaire avec honnêteté, vous aidera à sortir des pièges de vos peurs. Restez accroché à votre étoile, et laissez vous guider sur le chemin par ceux qui ont éprouvé les obstacles.

Qui suis-je ? ….

Qu’est ce que je veux?

Quel est ma recherche? ( finalité objectif intention )

Comment je contribue à avancer les choses

Qu’est ce qu’une « bonne relation» signifie pour moi ??

Comment je définis une belle amitié?

Quelles sont mes capacités ( facilités ) et ce qui me rend unique ?

Comment je les utilise?

Qui sont mes mentors ( guides ) ?

( dans l’histoire ? la science ? la religion ? au sens d’ éthique de vie, l’éthique de l’agir   )

Quelle activité partagée me met en joie ? ( musique ? art ? danse ? amour d’un enfant ..autre…-

L’apprentissage et le développement de notre discernement, s’inscrivent  dans le temps.

  • savoir où on est, d’où on vient ?
  • savoir où on veut aller
  • savoir ce qu’on attend du savoir

lefebvremichele2@gmail.com

Vos questions, vos commentaires sont les bienvenus !

le charme opère-t-il?

 

 

 

 

 

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Une classification décoiffante des managers

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Une classification décoiffante des managers

Le Professor Mitch Maidique,, a partir des travaux de  Jean Piaget, Lawrence Kohlberg, and son collègue, Robert Kegan produit une étude statistique réalisée à partir d’une question simple : question adressée à des responsables d’organisations :

Pour « qui travaillez –vous » ?

Au service de « QUI » et de « Quelles valeurs » mettez-vous vos talents ?

Mitch Maidique ***  is Professor of Management and executive director of the Center for Leadership in the College of Business Administration at Florida International University.

L’exercice commande  trois illustrations pour chaque item revendiqué ..

La hiérarchie établie, apporte plus de renseignements sur la motivation et le type de leadership du candidat, que beaucoup d’autres tests de personnalité, ou profils de personnes testées pour leur parcours professionnel.

Le management est désormais invité à répondre de la motivation de ses équipes, et éventuellement à décliner des mesures appropriées à maintenir cette motivation haute; pour le bénéfice direct des employés, pour le bénéfice des clients. La question souvent posée au management est : comment motiver les autres? La réponse évidemment est : vous ne pouvez pas motiver qui que ce soit ! Vous pouvez simplement créer les conditions pour emmener l’adhésion des gens. Quelles sont ces conditions ? Si la réponse est simple, le process l’est moins. La motivation suppose que les gens vous, font crédit, ou croient au Projet, ou s’investissent pour le futur. Les gens ne s’investissent que s’ils se savent partie prenante du projet. Il sont besoin de comprendre les développements, et y participer, il sont besoin de mesurer leur contribution,de prendre part aux décisions, et se sentir valorisés dans les succès obtenus.

Mesurer en conséquence les degrés d’implication des managers, et l’engagement conséquent, leur capacité  à emmener les équipes,  prend tout son sens, si on élucide les ressorts de leur propre motivation. Plus l’empathie est présente et plus la personne risque d’offrir loyauté et engagement sur des objectifs convenus.

Les premiers échelons correspondent (indépendamment du niveau d’intelligence ou de connaissances acquises, ou du statut socio professionnel ) à des stades de maturité repérables : les sujets peu différenciés de leur univers perceptuel, et de leur conditionnement d’origine, se comportent de façon ego centrée, contrôlés par des pulsions et focalisés sur la recherche de satisfaction de leurs besoins ;  leur socialisation est ainsi limitée à l’horizon de leur propre survie.

Ainsi :

  • Les sociopathes : (niveau 1)identifiés comme foncièrement a-sociaux ils montrent très peu d’empathie et enclenchent des processus destructeurs, envers eux-mêmes, envers les autres, ont peu ou pas de respect  pour les règles. Ils ne représenteraient qu’un faible pourcentage de la population (moins de 1%) majoritairement des hommes.
  •  Les opportunistes ( niveau 2) se demandent d’abord : qu’y a-t-il à gagner pour moi là dedans ? « Soi et sa carrière » : ceux qui ne se satisfont jamais de ce qu’ils ont. Les opportunistes aiment les possessions, et accumulent des richesses. Ils se comportent en hommes de pouvoir, et pour défendre leur territoire, ils n’ont pas d’hésitation, ce sont des guerriers :  soi/ pas soi ; ils représenteraient 30% des effectifs.
  • Les suiveurs caméléons (niveau 3) qui  fuient et le combat et se déguisent au gré des circonstances, compteraient environ pour 15% dans les rangs. Influençables,  ils sont en général instrumentés par d’autres :   références personnelles absentes et instinct de survie développé .
  •  Ensuite (niveau 4) viennent les « performants » (40%) très prisés dans les organisations puisque ceux là ne questionnent pas le système et appliquent rigoureusement les règles édictées par la hiérarchie ; il se révèlent des auxiliaires précieux, dévoués à l’idée qu’ils sont  partie prenante du système et identifient  leur rôle à la notoriété ou au prestige de l’organisation.

Un bémol d’importance : l’ambition personnelle, a pour effet de substituer les besoins du plus grand nombre, le besoin du sujet à se hisser au top : ceux-là travaillent en fait pour l’idée de leur grandeur et risquent des erreurs de stratégie par absence de discernement ( confusion de l’ego qui se présente au cours de l’histoire, lorsque les succès euphorisent le sujet  sensible à la « reconnaissance sociale » )

Ils  prennent littéralement racine dans le terreau de l’entreprise, et remportent des challenges remarqués. Ces succès ont parfois des effets dévastateurs, lorsque des choix stratégiques engagent l’avenir de l’entreprise, dans l’ivresse des performances acquises. La performance à coups de bluff ,pour des résultats immédiats,  sans vision stratégique, est le pire ennemi du développement à moyen et long terme.

Un exemple rapporté par Pr Maidique  est celui de du constructeur informatique HP – qui  fut dans les années 80, un des leader sur son domaine ; le succès faisait dire à son président : je suppose que nous avons trouvé le moyen de faire de meilleurs produits que nos concurrents.  Sous la houlette de l’un des CEO, Mark Hurd, les actions de HP ont doublé, et consacré l’appétit de richesse et de succès de nombre d’actionnaires ; ce résultat fut notamment obtenu par la compression des budgets de la recherche, qui sont passée de 6% à 2,5 % du chiffre d’affaires. Les marges de profit ont immédiatement confirmé la confiance dans l’avenir de cette entreprise.  L’absence de discernement de Mark Hurd, sur l’impact de l’appauvrissement de  la ressource intellectuelle et créative de l’entreprise, explique cependant la position actuelle de l’entreprise. Où en est HP aujourd’hui ? son dernier produit innovant : le « touch pad », a fait une entrée tardive sur le marché quand le Ipad dominait déjà les ventes.

Un des exécutifs de HP s’exprimant dans Wall Street Journal, dit « nous sommes le numéro 5 dans une course partagée par 4 concurrents »..

  •  Les « bâtisseurs » (niveau 5)  sont des sujets d’exception, (10%) qu’on cherche à modéliser : ces leaders s’inscrivent sur le long terme et ne se laissent pas séduire par les mirages des profits à court terme, ni impressionner par les spéculations  des places boursières. Ils ont développé une connaissance avec la  conscience des systèmes les plus étendus et embrassent des projets ambitieux pour leur organisation, et la société. Ils influencent leurs pairs par leur énergie, le sens de leur intégrité, et leur enthousiasme.  Ils sont à l’origine de grandes réussites, qui ont impacté notre vie.
  •  Les leaders « transcendants » : si les « bâtisseurs » sont des exceptions, plus rares encore, (5%)sont les leaders « transcendants » (Le niveau 6) qui ont su catalyser des tournants majeurs  dans la marche du monde ; le Pr Maidique explique qu’ils ont acquis le sens d’une « transcendance » et ont su dépasser leur parti politique d’origine, par exemple, ou groupe ethnique, ou racial, ou culture d’origine. Ils ont comme Nelson Mandela  appliqué des valeurs universelles, dépassant la souffrance de  l’opprimé, celle qui accompagne  la violence libératrice, et la haine raciale retournée contre l’oppresseur.

Ce sont des  citoyens du monde, qui invitent à reconsidérer l’échelle du Beau, du Bon et du Juste, comme valeurs refuge, avec le concept d’universalité du caractère humain.

 

niv

 

%

 

type

 

QUI servent-ils ?

 

Mode de pensée et d’action

 

6 5% transcendants Société (civilisation ? ) Pensent au delà de l ‘institution qu’ils gouvernent en s’assurant que l’institution progresse bénéficiant à la  communauté la plus large
5 10% Bâtisseurs institution Contribuent à faire avancer l’institution et les autres,  par leurs talents
4 39% Les performants Obéissent à des normes édictées au dessus d’eux (non questionnées) Ils participent à exécuter les tâches plient aux injonctions venant de plus haut ( hiérarchie, conseil d’administration, etc. ) sans autre questionnement
3 15% Les caméléons Suivent les courants et les vents Ils s’adaptent à l’environnement et peu importe le groupe, ils se trouvent souvent instrumentés par les autres
2 30% Opportunistes Eux-mêmes Les opportunistes n’affichent aucune considération pour leurs « amis », famille ou société ou institution ; ils ne servent qu’eux-mêmes, et ne pensent qu’à leur propres bénéfices (carrière ou autres)
1 1% sociopathes personne Individualité destructive. Personnes  ne sachant se situer

 Parce que  notre époque se prête désormais à l’obligation de résultats chiffrés,  il est intéressant de trouver des variables de comportements, engageant les ressources de l’entreprise ou de l’organisation ;  Il existe des marges de productivité avérées, si l’on retient que le temps passé à ce qui est important pour la personne, ne l’est pas pour  l’ensemble des autres parties prenantes dans l’organisation .…

Efficacité, performance ou efficience, que défendons nous ? Quelles inférences entre la société, le fait politique et le vecteur économique qui règle désormais les échanges mondiaux ?

Plus spécifiquement se trouve questionnée la place de l’homme, qui a choisi la modernité et la liberté de choisir son destin, sans tutelle autre que celle de la Raison au service de valeurs universelles. Composantes civilisationnelles ?

Ainsi le charisme de certains managers peut contrarier le destin d’une grande entreprise : ils ont ce talent de capter l’adhésion de leurs collaborateurs ; mais sans le discernement (valeurs ? pertinence de la vision ? intégration de la complexité ) des effets à moyen terme de décisions stratégiques  sensibles,  ils peuvent endormir l’esprit de créativité et provoquer la perte  l’avantage concurrentiel.

La confusion des valeurs est  à l’origine de nombreuses  décisions

Le CV, c’est un peu la rencontre amoureuse : on montre ce qu’on a de meilleur, le but étant de séduire .

Les valeurs ( ce qui est important pour la personne) sont ce qui dans la durée vont révéler la fiabilité, l’intégrité, la loyauté, la capacité à créer la confiance, la crédibilité, l’ouverture aux autres, la capacité à soutenir et valoriser l’équipe, transmettre des savoirs, mettre en confiance, stimuler les initiatives, encourager les talents, accepter l’erreur, faire crédit aux autres des  initiatives heureuses, leur renvoyer une image positive des succès obtenus, ….

 Les qualités essentielles du leadership, personnel ou professionnel, peuvent contenir en deux capacités majeures :

 A) Savoir jouer le rôle de  plusieurs avatars et penser comme eux, sentir comme eux et comprendre les ressorts de leurs comportements – sans se départir du « tout » dont il émane (sa propre perception de la réalité) : savoir accepter la critique (évaluations) et la transformer en dynamique de progression (à titre personnel, ou au titre de la conjoncture)

B)  gérer son temps de vie : remplir son agenda des rencontres qui nourrissent les projets et rendent compte de l’adéquation entre ce qui est dit et ce qui est fait ; déjouer les pièges de la distraction. Se trouver en cohérence avec un système de valeurs éprouvées.

Les capacités accolées aux expertises professionnelles recouvrent de nombreux chapîtres (communication, tenue de réunion, médiations, résolution de conflits, structuration des projets, planification , ordonnancement, coaching, etc. .. tout cela s’acquiert et s’expérimente.

 Certains leaders sont passionnés, mais ils ne sont pas efficaces pour soutenir leurs équipes. Le soin apporté aux ressources humaines veut que soit mesurée l’attention portée aux équipes, pas seulement en terme d’exigence, mais de soutien réel dans les difficultés au quotidien.

On ne s’improvise pas « bâtisseur ». On en connait des légendaires.

Leur but n’est pas ‘accomplir une prouesse, mais  d’inspirer les autres, leur proposer du sens quand ils doutent, d’assurer le long terme, et la performance au présent. C’est cette souplesse qui donne de la force, et leur évite les pièges de la tentation de l’immédiat (les mirages du marché, les alléchants gains spéculatifs). Ils s’inscrivent dans une vision ambitieuse du futur de leurs organisations ( R&D) et contaminent l’ensemble des acteurs avec leur enthousiasme, et le sens de leur intégrité.  Ce sont ceux qui inspirent des livres, qu’on cherche à modéliser, à comprendre et qu’on porte aux nues

commnentaire vivement apprécié