Tag Archives: mémoires et logiques

A qui la faute ?

A qui la faute ?

Le renversement des logiques

Deux instantanés d’une évolution culturelle ?

Le glissement du courroux des parents nous intéresse pour le propos. Même si le sujet est traité de façon humoristique, le fait qu’il nous touche et nous fasse sourire, ponctue à dessein, la façon dont s’exerce la critique.

Quand rien ne se déroule comme prévu, le premier réflexe est de se retourner contre « l’autre » ! A qui incombe la faute ? Qui n’a pas fait son devoir ? Qui doit être blamé ? Qui est coupable ?

Les parents sont soucieux des résultats scolaires.. et on souscrit bien volontiers à leur souci d’éducation

Les parents exercent leur « jugement critique ». D’où parlent-ils ?

Chercher un coupable, c’est reconnaître une victime. Et sous l’angle des situations présentées , il est question d’affronter un problème d’échec, comme d’un événement extérieur à soi ; l’insuccès de l’élève engendre des sentiments d’incompétence, que ne peuvent supporter les adultes, investis dans l’idée de performance éducative. ….

Qu’est ce qui a changé en 50 ans ?

D’un côté, l’étudiant est blamé, et .. sommé de corriger ses résultats ! pour le meilleur et pour le pire..

De l’autre côté, en 50 ans l’accusation a glissé : c’est la Société, à travers l’enseignant qui doit rendre des comptes !

Si l’éducation échoit aux parents, leur attitude n’est pas juste : ne sont-ils pas partie prenante dans les deux cas de figure ? Comment se posent-ils la question du succès scolaire, du rôle de l’école, des questions existentielles se rapportant aux règles de vie, à l’articulation des relations sociales, et comment apprécier dès lors, la performance de l’étudiant ?

Si l’éducation échoit à l’enseignant, cela peut signifier au pire, que sa pédagogie n’a pas suffi à éveiller l’élève. Mais l’éveiller à quoi ? Le statut de la connaissance, consiste-t-il à préparer à la citoyenneté « utile » ; à préparer à un métier, à un travail, ou à une façon de vivre le monde ? ou encore des façons différentes de penser un monde ?

Mais si l’élève jouit du conflit d’égo entre les adultes, il se sent la bienheureuse victime d’énormes malentendus.

On pressent que la « faute-à-qui » est une problématique mal posée, dans ce contexte, surtout parce qu’on n’entrevoit aucune réponse simple et viable à partir de jugements de valeur.

Le changement de perspective, peut s’opérer si on replace la finalité du savoir, comme outil de la connaissance du monde, et d’inscription de sa place dans le monde. Ainsi l’utilité sociale, se pose autant en termes de dignité, de connaissance, en terme de solidarité, de justice.. Ce qui élargit le spectre des contributions respectives à fabriquer de nobles petits citoyens, curieux de leur histoire, curieux des  autres, curieux d’apprendre de la différence de l’autre, et comprendre et apprendre le monde..

A la question ; c’est la faute à qui ? Se substitue la question, qui est responsable de quoi ? et surtout, « comment l’enfant apprend-il le monde? ?

Peut-être aimerez-vous interroger vos souvenirs, concernant votre propre enfance ( bon ou mauvais élève n’est pas la question ) et rappeler à vous des conversations tenues à table, des histoires de famille où vous avez décidé quelque chose pour vous même : Qui sont les personnes qui à un moment vous ont vraiment regardé, vu, entendu et ont remarqué chez vous un trait particulier ; « toi » tu es doué pour inventer des histoires! et l’éclat de rire bienveillant qui a suivi, aura-t-il même fait naître une vocation ?

Rien de ce que nous évoquons devant nos enfants reste « neutre ». Si nous exerçons notre solidarité envers la voisine, qui vient de se casser la jambe, nous transmettons à l’enfant une valeur qui veut  dire : l’autre est important pour nous et nous en prenons soin, autant que nous le pouvons. Si vous exprimez du ressentiment envers votre percepteur le jour où l’enveloppe des impôts arrive, vous apprenez au futur citoyen un sens d’injustice – qui certes peut être fondé, mais êtes vous certain qu’il perçoit la grande image de ce que la société organisée permet comme confort social? Dénigrez vous votre belle mère ouvertement et avec véhémence ? alors vous apprenez à vos enfants le mépris : il n’est pas interdit de faire savoir à votre belle mère que vous trouvez malvenue son intrusion dans vos affaires de couple, mais vous avez ce courage et cette courtoisie qui vont imprimer chez votre fils, le sens des limites… autrement précieux pour son développement social. Quel  temps  prenez vous à partager la plaisir de votre enfant, pour l’encourager dans un sport? dans sa curiosité des insectes?..

Comment donnons nous « existence » à l’enfant dans  le groupe est sans doute la question la plus exigeante, parce qu’elle  renvoie à notre propre plaisir et nos égoïsmes..

Ci-après un questionnaire utilisé par un journaliste, pour interviewer un auteur et chercheur universitaire

j‘ai pris le temps d’y répondre , en l’adaptant !! et j’ai passé un moment « éclairant » avec moi. Je suggère que vous l’essayiez pour vous même, ou avec une autre personne.

Où êtes vous nés? où avez vous grandi?

Qu’est ce qui vous a les plus marqué au cours de votre enfance ?

Quelles personnes dans votre famille ont façonné votre vision du monde ?

Quelles affaires du monde étaient discutées chez vous ?

Quel cursus, et avez vous suivi ? et quelles orientations avez vous choisies ?

Y-a-t-il eu des professeurs qui ont imprimé chez vous une orientation ? encouragé un talent ?

Qui furent vos maîtres à penser plus tard ?

En quoi ont-ils attiré votre attention? Qu’est ce qui vous a intéressé dans leur écrits, ou leurs engagements ?

 Qu’est ce qui a permis de vous démarquer, eu égard vos connaissance théoriques et philosophiques , en vous positionnant dans une image plus grande ?

Qu’avez vous pensé des réactions du monde à vos écrits, visionnaires en quelque sorte ?

Qu’avez vous appris des bouleversements du monde depuis vos écrits ?

Quel est le socle des  convictions (  » foundation blocks » ) que vous vous êtes forgé, et qui éclairent les théories que vous  nous présentez dans le livre?

Quel est le problème , en politique que vous avez tenté de traiter avec votre nouveau livre ?

Cela pose d’une part la question de la finalité de la connaissance, dans un contexte social, et d’autre part celle de la responsabilité, individuelle et collective, dans l’acquisition d’outils pour penser le monde et contribuer à le rendre meilleur ? IL n’est plus question d’affronter un problème comme une contrainte extérieure à soi mais il convient de le gérer à l’intérieur de son propre espace physique, intellectuel et émotionnel …. .

comment tissons nous la toile?

comment tissons nous la toile?

 

lefebvremichele2@gmail.com

vie privée vie publique

Comment des leaders, ou des hommes de pouvoir  peuvent perdre le nord?

Article inspiré d’une parution récente de la newsletter de Harvard busniness school

Why Leaders Lose Their Way

Bill George is a Professor of Management Practice, Henry B. Arthur Fellow of Ethics

Résumé : DSK est juste le dernier  d’une série de dirigeants à haut-profil, (aux EU) à tenir le  rôle du suspect dans « une parade judiciaire ». Qu’est-il arrivé, et que peut-on en apprendre ? Le professeur Bill George explique comment des leaders appelés à des hautes fonctions, peuvent  perdre pied dans leur réalité .

Des leaders qui occupent des postes-clé, détiennent une plus grande liberté à contrôler les destinées du groupe, et la leur aussi ; mais parce qu’ils détiennent aussi  le pouvoir de décider et d’influencer le cours des évènements, en même temps ils expérimentent une pression croissante et toutes sortes de courtisaneries, de séductions… et de propositons.

La réussite  professionnelle, et la réalisation personnelle qui l’accompagne parfois, est parfaitement inscrite dans notre besoin de connexion aux autres. La connexion ultime est celle qui mêle l’épanouissement du corps, la sécurité au quotidien, l’appartenance à un groupe, l’exercice de sa créativité. et la réalisation de projets.  Difficile équilibre qui souffre de l’improvisation. Le dilemne n’est pas nouveau, entre liberté et enfermement, c’est parfois la dimension de la cage, et la grosseur des barreaux qui varie !!

Les leaders peuvent éviter certains pièges, s’ils se disciplinent et à cultiver l’introspection, nécessaire pour se distancier et intégrer les informations, engrangées dans le cerveau, réévaluer leur vision et leurs actions, et tester leurs tiraillements internes.  Porté par l’ivresse du pouvoir , le héros, s’il se sent invincible, n’en est pas moins vulnérable ; l’antidote de l’ivresse est le bruissement du feed back, le réajustement avec la réalité des autres. La position du leader est plus juste lorsqu’il se considère comme étant au service des gens qu’il guide.Des exemples aux US

  • Hewlett-Packard CEO Mark Hurd resigned for submitting false expense reports concerning his relationship with a contractor.
  • US Senator John Ensign (R-NV) resigned after covering up an extramarital affair with monetary payoffs.
  • Lee B. Farkas, former chairman of giant mortgage lender Taylor, Bean & Whitaker, in April was found guilty for his role in one of the largest bank fraud schemes in American history

…… Ces exemples cités sont pris aux EU, ils perdent la force polémique possible ; pour autant ils ne se veulent pas accusateurs ou moralisants, mais étayent dans le propos de  Bill Georges, des développements qui peuvent nous alerter ou nous toucher, en toute humilité.

( pour sourire) Un point de vue, une opinion  n’est jamais qu’une façon de voir les choses : Les chinois ont un pouvoir extraordinaire à ce qu’ils disent…Le secret viendrait qu’ils ne voient pas les choses comme nous.Par exemple l’image ci-dessous est incompréhensible si on la regarde comme un occidental.

double vision

Par contre, comme un chinois…

Si vous ne me croyez pas, regardez la d’abord normalement…

Ensuite tirez l’extrémité de vos yeux avec vos index, pour vous faire des yeux bridés, et regardez à nouveau !

Ils ne voient pas les mêmes choses que nous !

Comment des leaders, ou des hommes de pouvoir  peuvent perdre le nord?

Ces leaders talentueux sont parvenus à un point de leur carrière, où leur compétence et leur influence étaient reconnus. Ce qui nous rend encore plus perplexes dans le constat de conduites déviantes. Et on peut s’interroger sur ce qui a provoqué ces dérapages.Pourquoi des leaders connus pour leur intégrité et leur talent, se compromettent dans des activités non éthiques ?Pourquoi s’autorisent-ils à risquer de grandes carrières  et des réputations solides pour des bénéfices éphémères?Est-ce qu’ils pensent qu’ils ne seront pas pris, et imaginent que leur statut les élève au dessus des lois?Est-ce la première fois qu’ils s’autorisent une sortie de route, ou étaient-ils déjà engagés dans des méandres tortueux depuis des années?Dans ce type de révélations, les médias, les politiques, et le grand  public stigmatisent ces leaders comme des gens mauvais, adonnés secrètement à la malversation. ou victimes de démons cachés, et chaque tribu recourt à son sorcier ( celui qui « sait » ) pour expliquer ce qui nous paraît irrationnel.  La dramatisation aidant, on s’attendrait à quelque sacrifice animal pour éloigner ce mal : on le nomme « trahison » .  Ces concepts simplistes du bien et du mal induisent plus de confusion, que de clarté et n’expliquent pas en quoi cela peut arriver à n’importe lequel d’entre nous. C’est oublier que nous expérimentons TOUS, la trahison, au cours de nos existences, mais qu’on n’est JAMAIS trahi par un ENNEMI !!!!

Argent, pouvoir, prestige

Les gens de pouvoir qui dérapent ne sont pas programmés pour être mauvais. Ils semble plutôt  qu’à un moment , ils perdent leur nord, et leurs repères. Ils sont confrontés à des mirages (séductions) des leurres ( ce qui a l’apparence du vrai ) et leur discernement est faussé à des moments cruciaux. C’est une erreur de croire que des leaders candidatent à des postes d’influence, avec l’intention de trahir, ou de faire mal. Ne sommes nous pas tous confrontés à regretter des choix, et des actes qui se sont avérés regrettables pour leurs conséquences?

Argent, pouvoir, prestige, sont signes extérieurs de réussite.

Avant d’accepter des responsabilités au plus haut niveau, les leaders pourraient  interroger leur motivation à briguer des hautes fonctions . Qu’est ce que je veux obtenir ? Quel est le but de mon leadership ( qu’est ce que j’en attends? qu’est ce qui est attendu de moi? ) Ces questions peuvent paraître simples, mais il faut parfois des décades avant de trouver les réponses.

Si les réponses honnêtes qui arrivent sont : le prestige, le pouvoir, et l’argent.  alors le risque pour ces leaders est clairement que le sentiment de leur réalisation professionnelle repose sur des gratifications externes,  et qu’ils auront à prouver qu’ils peuvent satisfaire à des critères de réussite sociale. Il n’y a rien de mal à rechercher ces symboles de puissance, si les critères de réussite ne viennent pas en conflit avec un système de valeurs personnel basé  sur l’éthique – en prolongement en quelque sorte de ce qui génère une cohérence dans leurs choix, et satisfait tous ceux qui lui ont « fait crédit », et accordé leur confiance.Le concept de transcendance ( quelque chose de plus grand que nous, an tant qu’individu ) est indissociable du sens éthique. Le concept de transcendance implique le dépassement de l’intérêt, qui motive chacun d’entre nous à faire sa place dans monde. Notre sort en cela ne diffère pas de celui des autres êtres vivants : survivre, se battre pour vivre.

Le blanc et le noir existent; ils ne s’excluent pas l’un l’autre. Comment saurions nous le laid si le beau n’existait pas?  Chacun d’entre nous défend des valeurs , c’est même pour ça qu’on se bat ! Mais les valeurs sont ce que nous les apprenons, au contact des autres; est-ce que ce qui est important pour moi, l’est pour mon ami ?  Même les dictateurs crient « vive la liberté » à la fin de  leurs  discours.  Les communautés humaines se définissent par des valeurs communes. On pressent bien qu’il se s’agit pas seulement de discourir sur les valeurs, commes si elles existaient seulement comme des entités abstraites au dehors de nous.Les leaders dont l’objectif est d’exercer un pouvoir sur les autres,  d’acquérir une fortune illimitée ou la gloire qui accompagne le succès, tendent à instrumenter les autres à leur service, pour se hisser plus haut, et centrent l’attention sur eux, de façon égotiste. Ils créent leur propre service de presse et commencent à se comporter comme des gourous. A la tête des institutions, ils développent éventuellement la croyance que la bonne marche de leur institution repose uniquement sur leur personne.

au top

les pièges de la re-connaissance sociale

La question de l’argent a beau être un tabou, la plupart des gens accordent de l’importance à recevoir une juste compensation pour leur contribution, dans la bonne marche des entreprises et des organisations . Rares sont les leaders qui affichent d’emblée un appétit pour l’argent, le pouvoir ou le prestige du poste.  Il semble qu’ils prennent la mesure de leur pouvoir au cours du temps, par le jeu des gratifications reçues, l’afflux des récompenses, des chèques de bonus, de petits bénéfices,  d’actions , qui flattent le besoin naturel de re-connaissance de leur valeur? Alors  apparait le désir et l’appétit pour plus.

Cela constitue une motivation pour continuer;  et  imperceptiblement ces marques de gratification, agissent comme  des compensations ( se sentir puissant ?) et comblent des manques à exister,  issus de blessures narcissiques héritées de leur histoire . Le trouble, est que le « manque » n’est jamais comblé , par définition  ; le « manque »est l’expression d’un besoin ; et un  besoin  (survie) demande à être répondu. Il semble que nous recherchons toute notre vie, cette confirmation de notre « valeur », de notre « importance » dans le groupe. La Fontaine ne pourrait être plus moderne, et actuel, en susurrant que « tout flatteur vit aux dépends de celui qu’il écoute »?

A la faveur des évènements, lorsque le pattern ( les 4 « R » =Ré-actviver – Réitérer – Résister – – Renforcer ) est ainsi déclenché, tel un automatisme, le discernement n’opère plus : dans de nombreux cas,  le désir se fait si fort que des leaders contreviennent aux normes (standards) éthiques, sur lesquelles ils se sont  construits – ce qui apparait d’autant plus déroutant que les dérives poussent à passer les limites de la légalité.

Il est peu vraisemblable que des gens choisissent de briguer un leadership, pour assouvir un penchant pervers, et ainsi utiliser un système pour  exécuter des mauvais plans; la trahison  est une combinaison très trouble  qui découle de conflits de motivations, et d’occultation , consciente ou non de certaines réalités.

Comme l’a exprimé le Président de  Novartis, Daniel Vasella (HBS PMD 57) dans Fortune magazine, “ pour nombreux d’entre nous, l’idée de devenir un talentueux manager – pour emmener son organisation sur le chemin du succès,  surfer sur des résultats probants et se maintenir à des niveaux élevés,  produire  et veiller au rythme des livraisons, soutenir la pression  trimestre après trimestre— tout cela finit par saturer les capacités du cerveau, et agit comme une drogue. L’effet secondaire est progressif et tend à vous isoler sensoriellement des autres. Et un pattern (un automatisme) s’installe, associant les célébrations, à une forme de pensée magique . Quand vous cumulez les bons résultats, et que régulièrement vous êtes félicités, vous commencez à croire que les bulles de champagne célèbrent votre personne au centre du système. et vous sont naturellement  dédiées . »

Les circonstances extérieures de nos vies ne comptent que pour 10% dans notre capacité à être heureux. Cela signifie qu’il existe une paroi presque étanche entre ce qui survient autour de nous objectivement et la perception que nous en avons. En fait on parle et on dit des réalités qui sont dissociées  par rapport aux mots qu’on emploie .

La façon de perdre pied dans sa vie, est de rechercher les gratifications à l’extérieur de soi, et ne pas se fier plutôt à ses signaux internes de satisfaction. La raison est que les critiques qui s’élèvent alors, autour de vous, ne sont pas entendables;  quelle que soit la part d’ honnêteté et de vérité qu’elles contiennent.  Facteur aggravant le phénomène de cour:  des flagorneurs ,  en cautionnant le pouvoir, de façon servile, s’approprient  un rôle de protecteur, et de juge,  en distillant  les remontées du terrain;  les dissonances sont ignorées. Sur la durée s’instaurent les résistances et l’impossibilité de dialoguer avec sincérité ; la réalité devient ce qu’on a envie qu’elle soit, jusqu’au point de rupture.

Existe-t-il un côté sombre du héros ? ( homme de pouvoir )

le côté sombre

De nombreux leaders arrivent au pouvoir, pour réaliser un projet professionnel, faire carrière, pour accomplir une mission,  et légitiment ainsi des prises de position, très affirmées. Servis en cela par de nombreux « suiveurs », ils  imposent progressivement leur volonté aux autres, quitte à détruire ceux qui tentent de leur faire obstacle . Arrivant  au sommet de la pyramide, ils développent une forme de paranoïa, craignant pour eux,  des stratégies guerrières visant à les destituer.

Le piège est pour eux le besoin de prouver leur valeur personnelle;  se sentant vulnérables, et pour compenser une absence  de sécurité intérieure, (repères  internes) ils  vont déployer beaucoup de zèle à démontrer qu’ils sont la bonne personne, à la bonne place, se coupant ainsi d’une partie des réalités.

L’intention positive (ce qui les anime) relève de talents réels et d’aspirations très fortes : ce sont des perfectionnistes, et ils n’ont de cesse  de prouver leur compétence : ils adoptent l’attitude du « sachant » ( celui qui a le savoir, l’expertise, l’expérience, et qui détient la raison , la solution ) déconnectés du feed back, ils ne percevront pas éventuellement leur erreurs stratégiques .  Pire, si  ces erreurs sont avérées, alors ils se retourneront contre  leurs collaborateurs, ou le système, en accusateurs.  En aucun cas ils ne mettent en cause leur responsabilité ou la part qui leur incombe.    Autre alternative ils désigneront un bouc émissaire, pour éviter la recherche des causes.  Parce qu’ils sont en situation de pouvoir, et qu’ils sont de bons communicants ils useront de leur charisme pour  forcer les gens à accepter ces distorsions majeures, entraînant l’organisation dans un cercle vicieux, en perdant le contact avec des réalités.

A ce stade les leaders sont vulnérables et peuvent faire des erreurs de taille, allant jusqu’à violer les lois, ou exposer leurs organisations à des risques vitaux.  Leur « logique » les entraîne à minorer ces distorsions de la réalité, et s’auto convaincre qu’ils ne font rien de mal, et ils rationalisent à partir de ces interprétations, justifiant de desseins plus larges.

Une croyance est très répandue, qui prétend que la « raison » fondée sur la pensée logique ( support de la pensée scientifique ). est ce qui permet d’accéder à la vérité et au réel,  (L’homme libre est celui qui ne craint pas d’aller jusqu’au bout de sa raison.. J Renard) . Sans la passion et les émotions qui altèrent notre  perception et notre jugement, nous serions à même de débattre du vrai et du faux, et faire ainsi faire progresser notre véritable humanité au service du beau du bon et du juste. La « raison » serait dotée d’attributs  universellement traduisibles…et ainsi se développent des certitudes, qui par suite se généralisent comme « vérités » immuables . C’est un raccourci trompeur : la « raison » n’est jamais qu’une « psycho- logique », c’est à dire une lecture de faits, qui contient des aspects objectifs et une part subjective (qui reprend à son compte d’autres certitudes ) . Sauf à questionner « tout », comme le disait  Einstein, notre intelligence risque de se stériliser.   Nous avons ce besoin de croire que nous sommes « vrais » ( visibles) dans le monde « vrai » (celui qu’on nous montre).  Chacun à sa manière et sa sensibilité développée.  Nous avons ce besoin de tout comprendre et tout expliquer tout justifier.  Pour autant la subjectivité  est  « observable », et on peut avancer que les instituts de marketing et de communication nous trouvent très prévisibles dans nos comportements !

A titre d’exemple, pendant la crise financière, Lehman CEO Richard Fuld refusa de reconnaître la sous capitalisation de Lehman . Ce déni entraîna  de mauvaises évaluations de bilan, et pour conséquence la catastrophe du système financier.  En rejetant avec entêtement  les avis insistants pour rechercher de nouvelles sources de capitalisation,  il a persisté à s’illusionner sur l’apport de fonds du gouvernement,  pour renflouer les caisses.  Quand la crise arriva et le toucha, il n’y avait plus d’autre option que la banqueroute.

L’apprentissage de la solitude

seul

La solitude du leader est réelle parce qu’il sait que de façon ultime, il porte la responsabilité de la vie et de la fortune des gens. S’il se trompe dans ses choix,  les conséquences sont graves et à la mesure du gigantisme de nos structures étatiques, financières, économiques ..actuelles. C’est pourquoi l’homme de pouvoir cherche à échapper, quand il le peut, à une énorme charge mentale, et trouve des subterfuges pour échapper à la pression trop forte : distraire son attention, s’offrir des excitations fortes… ce faisant il ne laisse pas de champ à autre chose, et pas de disponibilité pour écouter ses voix intérieures.  Il possède  pourtant  au dedans de lui même, des intuitions aigües de la réalité  : mais faute de se rendre disponible à lui-même  ,  il fait le choix d’entretenir des illusions ( qu’on appelle alors « la pensée magique »,  sortes  de transe hypnotique héritée de nos stratégies de survie  personnelles). Ces tensions sont à la limite du supportable et, tous, nous pouvons l’imaginer : n’avons nous pas cette propension à taire nos peurs et nos appréhensions, à repousser les confrontations  difficiles ?  tout est question d’échelle. Nous n’avons pas  toujours appris à affronter l’inconnu, l’imprévisible, ou la complexité.  Cependant , très  souvent l’intuition  se manifeste dans les rêves;  comme un ressac de vagues bruissantes, la  part inconsciente veille et essaie de résoudre les batailles internes

De façon concomitante,  à cause du rythme des réunions, des déplacements, des décisions à prendre, des interruptions,  des urgences crées par les outils de communication  instantanée, des sollicitations, des contretemps, des aléas de toute sorte, la vie professionnelle et personnelle des leaders à haute responsabilité,  est déséquilibrée : ils perdent le contact avec leurs épouses, leurs enfants, et leurs meilleurs amis – sauf à les associer à leur vision des choses. Leur temps de vie au travail, ( comme la durée de leur vie / mort  )  équivaut au nôtre : c’est donc le contenu de ce temps qui  colore et affecte leur intelligence des situations, et la portée de leurs actions. Confrontés à une situation exceptionnelle,  ils peuvent même perdre leur capacité à retrouver un juste discernement (une part des données est manquante) pour des décisions importantes engageant l’avenir de leurs organisations, et de tous les systèmes qui en dépendent.

Si l’antidote est connue, comment se prémunir ?

Leader des organisations, présider aux décisions à plus haut niveau, est un travail qui expose à des pressions énormes.  Il n’existe pas de moyen d’éviter  le challenge constant,  inhérent aux interdépendances  des réseaux humains  ,  des organisations, et des incertitudes de l’environnement.  Les leaders ressentent une grande liberté à décider de leurs vies, en contre partie de nombreuses pressions et séductions se présentent sur leur chemin.

La façon d’éviter les engrenages décrits, est certainement de cultiver à titre personnel une discipline qui permet de reprendre le recul nécessaire et revenir à l’essentiel. Mais un autre recadrage paraît indispensable de nos jours : ne plus penser et décider seul, du haut de la pyramide, mais prendre en compte la perspective des autres. Le changement n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Il peut prendre des mois et des années. Si vous acceptez de mettre en jeu vos certitudes, alors vous avez besoin de redéfinir des repères, eux mêmes fluctant dans le temps. Cette position  est très inconfortable pour qui n’a pas accepté de visiter ses schémas de vie, et la construction de ses représentations, de ses certitudes, pour comprendre ses manques; le développement de différents niveaux de conscience ( connaissance mise l’épreuve )  est au prix de ruptures parfois, et de crises personnelles . L’accident arrive au moment d’un « décrochage » sous le coup de tensions trop fortes.  A ce moment là, nous sommes rarement présents à ce qui se passe.

La rencontre d’une forte ambition, désir très fort de faire sa différence,  et d’un environnement,  peuvent faire émerger des talents exceptionnels. Toute la question est de savoir, au service de qui et de quoi s’exercent ces talents. Cela pourrait s’appeler une » conscience politique » : le savoir, le savoir-faire dédiés à plus grand que soi, plus loin, plus équitable, plus équilibré…

Mettre ses talents au service du plus grand nombre est une position qui demande beaucoup d’humilité : si on dispose d’un projecteur, pour illustrer le propos, quand nous pratiquons la générosité, le (plaisir) projecteur est-il sur le plaisir de l’autre, ? ou ( projecteur sur nous ?) le plaisir que nous éprouvons du plaisir de l’autre ?

C’est une prise de conscience très intéressante à observer,  lorsqu’elle est expérimentée au cours des formations ; le philosophe Jankélévitch (« je-ne-sais-quoi et le presque rien » )   évoque pareillement l’enchantement : vous êtes « charmé » par une personne…  est-ce elle qui détient cet attribut, ou est-ce vous qui la trouvez charmante ? où est ce charme ? qui le ressent ? quel effet cela fait ?

…le charme est un  « je ne sais quoi » qui opère et qui étant l’opération elle-même ne tient tout  entier ni dans l’opéré ni dans l’opérateur : bien plus tout ouvrage rend ici l’opération méconnaissable. Par une pétition de principe révélatrice l’enchanté désigne une certaine propriété de l’enchanteur comme la cause de son enchantement, sans soupçonner qu’il désigne ainsi son enchantement lui même et qu’il prend la vraie cause pour l’effet, le véritable effet pour la cause….(Jankélévitch)

Dans cette perspective, le leader contribue à créer l’enchantement, par lequel les choses sont rendues possibles – et chacun a envie de se reconnaître dans le résultat….

Pour maintenir cet équilibre, et développer cette force à discerner dans le champ des influences, des inférences,   la bonne direction, le leader  a besoin d’apprendre une discipline et instaurer des règles de vie. D’aucuns pratiquent le yoga, la méditation, d’autres vont créer des rituels ou trouver des moyens de réguler le flux des pensées et des émotions.  Peu importent les choix, mais le stress, les tensions demandent à être traitées, pour que qu’une forme de sérénité soit présente au moment des  décisions, et une clarté maximale sur les enjeux et conséquences à venir.

Pourquoi tu cours ?

Ce pourrait être le titre d’un film dédié à tous les hommes de pouvoir. La maladie de la valeur, si contagieuse, est due à une sorte de virus qui attaque l’être en son noyau. Pour en contrecarrer les effets, ou même simplement en parler, la plus grande prudence s’impose. D’autant que cette peste s’accompagne d’une sorte de déni collectif si puissant, qu’il faut prendre bien garde de ne pas être considéré soi-même comme fou, face à cette folie dont on se croit épargné

Les gens saturés ont le sentiment de ne plus s’appartenir ;  il y a ce chapître,  dans le Voyage à Ixlan, où Castaneda, l’universitaire et docte anthropologue va à la rencontre du « Sorcier Maya Don Juan », l’illettré.  La rencontre d’une Culture de Tradition, et  celle d’un Savoir au service du Progrès et de la Modernité,  l’irrationnel, face au rationnel.

La première « leçon »  de Don Juan, s’adressant à Castaneda est : « pour apprendre le pouvoir,  tu dois stopper le monde »… Si tu veux comprendre le « pouvoir » du Sorcier, tu dois « stopper le  monde ». Et suivant le fil de sa pensée il demande à Castaneda de se familiariser avec  la mort , qui se trouve accrochée à son épaule gauche.

Le recours à la symbolique,  offre à nos esprits encombrés d’histoires, et de l’histoire, une cartographie très  riche et  très féconde pour explorer notre monde. ; avec la possibilité de zoomer la photo, comme le permet Google maps de nos jours.

Le temps est ce qui empêche que tout soit donné d’un seul coup. Il retarde, ou plutôt il est retardement.

Ce qui s’écoule dans le temps n’est pas la même chose que le temps lui-même : le risque est toujours d’identifier le temps aux phénomènes qu’il contient. Ce sont les phénomènes qui dans leur déroulement,  habillent le temps de leurs propres attributs :

le changement, le devenir, le mouvement,

la répétition, la succession, la mort.

 Si la discipline de l’introspection avait une vertu, et une seule, c’est qu’elle  interroge notre conscience du temps . Si nous  devenons prisonniers du temps, c’est que la prison nous plait !  Etrange paradoxe qui annonce la richesse d’une exploration de l’intériorité, c’est à dire  la construction de notre réalité, individuelle et collective,  où l’intuition joue le rôle de l’aiguille aimantée qui pointe le nord.

les chaînes

Etre libre de son temps ( pro-activité ) est-il un leurre?

Quatre étapes d’auto questionnement, pour savoir si vous vous appartenez

( à partir de l’analyse de votre agenda )

Etape n° 1 Reconnaître les moments où vous n’êtes pas là, où vous aimeriez être.

La facilité est de remplir son agenda et de maintenir l’occupation du temps à son maximum. Le vrai courage est de se donner rendez vous le temps d’un week end et affronter la vacuité ( apparente) de son temps. Il vaut mieux disposer d’outils d’introspection, pour rechercher au dedans de soi le désir profond qui a besoin de s’exprimer. Votre désir ne ment pas. Posez la bonne question et vous aurez la bonne réponse. Lors de séminaires de formation, un silence significatif s’installe quelque  temps lorsque je demande à chacun de marquer sur la ligne du temps, les moments heureux, où  chacun avait ce sentiment d’être bien avec les autres et le monde, où chacun avait ce sentiment de s’appartenir…. Les regards changent. Nous sommes doués pour reproduire les mêmes choses qui ne marchent pas.

Etape n° 2 Ecoutez votre intuition et vos sentiments.

Pour ce faire, un exercice préalable est salutaire ; remplissez autant de petits papiers, que vous avez de contraintes dans votre vie, qui sont incontournables : ça commence par « il faut que », ou encore  « je dois »… soyez honnête, et réfléchissez-y le temps que plus rien ne vienne à votre pensée.  Pliez les petits mots et un à un, mettez les dans un chapeau (ou autre récipient où vous saurez les retrouver) L’idée est de les oublier momentanément, pour vous laisser aller à rêver une autre vie. Cela n’a rien de farfelu. Normalement vous ressentirez quelques chose, de l’ordre du malaise, de la confusion, ou de peurs , d’inconfort.

La peur est ressentie par nous les humains comme un immense désagrément :  la peur nous fait fuir.  Une autre façon de voir cette peur, est qu’elle signale une envie de briser une frontière,  et d’éprouver notre capacité à étendre notre territoire (expansion) Si ce n’était le cas, nous serions en paix avec nous mêmes !

Etape numéro 3 : Regardez votre ego dans le fond de l’œil

Quand vous écoutez  vos sentiments, c’est  l’ego ( préservation de nous) qui parle le premier : son langage est la peur. Et ce que l’ego va partager avec vous, c’est l’illusion (les stratégies du passé), les excuses, la justification, et toutes les histoires qui fabriquent les raisons de l’empêchement.  Mais la vraie question à nouveau est : « est ce que ça marche ? » «  est-ce que c’est ce dont j’ai envie ? » Si vos actions sont dictées par la peur, de manquer,  de perdre, et si la réponse est : « ça vaut mieux que rien » vous pouvez être sûr  que la peur est aux commandes de votre vie, et délimite votre territoire ( quel qu’il soit ) Encore une fois, ce n’est pas grandeur de la cage, qui fait la différence, mais la capacité d’en sortir et d’y rentrer quand c’est nécessaire ( pour s’abriter !).

Etape numéro 4 : Le risque de lâcher ses peurs

Les tentations d’échapper aux questions essentielles, tiennent aux mêmes schémas :

      des schémas ( patterns) issus du passé agissent à votre insu au présent, créant l’illusion de réalité ( la boucle des 4 « R » ) Vous êtes plus souvent en ré-action, qu’en pro-action

      distraire la peur de la mort ( briser l’illusion du continuum du temps )

      poursuivre des rêves éveillés à la recherche du paradis perdu ( fantasmes)

Aborder la gestion du tempsréserve  une mise à distance perturbante… Ceux qui l’expérimentent témoignent de la libération qui s’opère très rapidement, et des bienfaits ressentis par leur environnement personnel , ou professionnel.  En fait, sous une apparente simplicité, c’est un outil extrêmement puissant et une invitation à solliciter votre créativité

upside down

Michele  Lefebvre anime des séminaires, des ateliers

michele.lefebvre6@wanadoo.fr

Parce que les managers courent,

ils cherchent des réponses et une efficacité immédiates

Avant d’apprendre à « stopper le temps »

sont proposés : à titre individuel ou collectif ( groupes)

 Programmes de formation courts, ou cursus spécifiques

audits/ flash, interventions de crise

un numéro SOS  coach, pour la discrétion, l’urgence, trouver la bonne question

cf rubrique « produits phares »